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Nominations politiques

Neuf mois plus tard, des chaises toujours vides

22 août 2025, 06:30

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Neuf mois plus tard, des chaises toujours vides

Photo d’illustration

Plus de neuf mois après les élections générales, certaines institutions tournent toujours au ralenti. Faute de conseil d’administration, de «chairperson» ou encore de directeur, leur gestion est paralysée, avec des répercussions sur le quotidien. Entre attentes, dysfonctionnements et incertitudes, tour d’horizon d’un vide institutionnel qui persiste.

L’Independent Broadcasting Authority (IBA), l’autorité régulatrice de l’audiovisuel à Maurice est au point mort : pas de board fonctionnel, de chairperson ou de directeur. Ainsi, si le Premier ministre répondait en confiance en mai à une question du député indépendant, Franco Quirin, sur les amendements prévus au cadre légal pour libéraliser davantage le secteur audiovisuel à Maurice – «La loi actuelle prévoit déjà l’octroi de licences pour les radios commerciales FM et AM, ainsi que pour des chaînes de télévision privées» –, force est de constater que l’autorité elle-même demeure inactive.

Si le silence radio perdure à l’IBA, d’autres institutions, comme Airport Holdings Ltd (AHL), continuent de fonctionner… mais en mode pilotage automatique. AHL, classée troisième plus grande entreprise parmi les Top 100 de Maurice, avec plus de 4 000 employés, voit ses activités – qui s’étendent sur une vingtaine de filiales dans des secteurs variés tels que l’aviation, l’exploitation aéroportuaire, l’hôtellerie et le développement immobilier – se poursuivre sans réelle direction, suite au refus de Frédéric Curé d’accepter la nomination au poste de chairperson. Un refus annonçant un autre… C’est cette fois-ci au tour de Meela Devi Ramlochun-Bunwaree de décliner le poste de chairperson de l’Agricultural Marketing Board (AMB), afin d’éviter tout conflit d’intérêts, cette dernière étant la cousine de l’épouse du ministre de tutelle. L’AMB, organisme parapublic sous l’égide du ministère de l’Agro-industrie, met en œuvre des stratégies de sécurité alimentaire, soutenant la production locale, tout en ayant des pouvoirs étendus sur la production, le stockage, l’importation, l’exportation et la vente de plusieurs produits.

Au niveau de la culture africaine et créole, le Nelson Mandela Centre for African Culture (NMCAC) n’a plus de chairperson depuis la démission d’Oliver Thomas, alors nommé par le Mouvement socialiste militant. Dans un contexte où l’image positive de la culture africaine et créole est revendiquée par plusieurs mouvements, le NMCAC semble incapable de remplir pleinement son rôle, faute de chairperson et de conseil d’administration fonctionnel.

Éducation, art et culture…

Dans un contexte de réforme éducative, l’absence de directeur à la direction de l’institution en charge du développement curriculaire et de la conception des manuels contraste avec la vision gouvernementale. En effet, le Mauritius Institute of Education n’a toujours pas de directeur depuis le départ d’Hemant Bessoondyal. La Deputy Director semble néanmoins accomplir les fonctions avec efficacité et professionnalisme.

En ce qui concerne le President’s Fund for Creative Writing, la reconstitution du board est toujours en attente, ce qui pénalise depuis plusieurs mois déjà les artistes et écrivains ayant des projets de publication et souhaitant bénéficier d’un soutien dans le cadre de ce programme. Si le ministre des Arts et de la culture, Mahen Gondeea, affirmait lors des débats budgétaires vouloir redonner ses lettres de noblesse à l’art et à nos artistes, au niveau de l’écriture, cela semble encore compromis, faute d’un board actif au President’s Fund for Creative Writing.

Plusieurs autres boards restent toujours en attente de recomposition, laissant leurs institutions respectives sans direction pleinement fonctionnelle. Le Mauritius Institute of Health, qui a pour mission de contribuer à la promotion de la santé et de la qualité de vie de la société à travers la formation et la recherche en systèmes de santé, le Mauritius Oceanography Institute, qui vise à développer et renforcer la recherche océanographique afin de mieux comprendre les processus marins et côtiers, le Mauritius Standards Bureau, qui est chargé de développer des standards et de fournir des services d’évaluation de conformité tels que tests, calibrations et certifications, la National Library, qui a pour mission de constituer la collection du patrimoine littéraire national et de la rendre accessible au public, et enfin le Civil Service Family Protection Scheme Board, qui gère un régime de pension destiné à offrir sécurité et tranquillité d’esprit aux bénéficiaires et à leur famille.

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