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Droits humains
Neuf Mauriciens sur dix estiment que les personnes intersexes méritent des droits égaux
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Droits humains
Neuf Mauriciens sur dix estiment que les personnes intersexes méritent des droits égaux
L’enquête Fear & Fairness menée par The Other Foundation – qui dresse un état des lieux détaillé des perceptions, des valeurs et des contradictions au sein de la société mauricienne – révèle que les attitudes envers les minorités sexuelles et les personnes de genre non conforme évoluent lentement mais de manière tangible.
En effet, l’un des enseignements majeurs de l’étude réside dans l’adhésion massive au principe d’égalité des droits. Près de 4 Mauriciens sur 5 estiment que les femmes lesbiennes (82 %), les hommes gays (78 %) et les personnes bisexuelles (76 %) doivent bénéficier de droits égaux. 90 % des répondants considèrent que les personnes intersexes doivent bénéficier de la même reconnaissance juridique et sociale.
63 % des Mauriciens jugent important que les droits des personnes intersexes soient explicitement intégrés dans la Constitution. Par ailleurs, les valeurs fondamentales recueillent un large consensus : plus de 9 Mauriciens sur 10 estiment que toute personne devrait être traitée de manière égale (94 %), vivre en sécurité (97 %) et disposer de l’autonomie nécessaire pour décider de sa propre vie (94 %).
Toutefois, cette adhésion aux droits humains ne se traduit pas toujours par une acceptation sociale uniforme. Ainsi, seuls 37 % des répondants se disent favorables à l’égalité du mariage pour les minorités sexuelles. En revanche, 77 % estiment que les personnes intersexes devraient pouvoir prendre pleinement part à la culture et aux traditions mauriciennes.
L’enquête révèle également que les Mauriciens sont, de manière générale, plus enclins à accepter les personnes intersexes de même que les personnes transgenres ou de genre non conforme que les personnes homosexuelles ou bisexuelles.
Huit personnes sur dix affirment qu’elles accepteraient un membre intersexe au sein de leur famille. Ce taux chute cependant à 48 % pour une personne transgenre ou de genre non conforme, 43 % pour une lesbienne, 41 % pour un homme gay et 37 % pour une personne bisexuelle, mettant en lumière une acceptation différenciée selon les identités.
Les valeurs communau-taires occupent également une place centrale. Près de 9 personnes sur 10 estiment que vivre en sécurité (86 %) et la loyauté envers la famille et les amis (88 %) constituent des piliers essentiels de la vie collective, tandis qu’environ 80 % considèrent que le respect de la culture et des traditions est tout aussi important.
La question de la sexualité demeure néanmoins sensible. 51 % des Mauriciens déclarent ne pas être d’accord avec les relations sexuelles entre personnes du même sexe, tandis que 15 % les jugent «immorales» ou «contre nature». À l’inverse, environ 34 % se disent indécis ou sans opinion tranchée, traduisant une réflexion encore en construction au sein de l’opinion publique. La religion joue un rôle important dans la formation des attitudes. 86 % des Mauriciens déclarent suivre une religion et plus de la moitié se disent très religieux. Fait notable toutefois, 43 % des répondants estiment que Dieu peut aimer une personne engagée dans une relation homosexuelle.
En termes de visibilité, environ 4 % de la population s’identifie comme homosexuelle ou bisexuelle, soit près de 49 410 personnes, tandis que 1,6 % des Mauriciens de plus de 16 ans sont intersexes, représentant environ 19 764 personnes.
Enfin, l’enquête souligne un rejet quasi unanime de la violence. 97 % des Mauriciens affirment qu’ils n’ont jamais exercé et n’exerceraient jamais de violence envers les personnes transgenres ou de genre non conforme. Près de 90 % estiment également que les communautés doivent être encouragées à protéger les personnes intersexes, transgenres et LGBTIQ+ contre toute forme d’agression.
Les données objectives pour nourrir le débat public
Hana, panéliste lors d’une discussion sur la représentation des personnes trans dans les médias, organisée le 5 décembre par la Young Queer Alliance au Media Trust, à Port-Louis a salué l’apport de données objectives pour nourrir le débat public. Elle a insisté sur l’importance de s’appuyer sur des faits pour défendre les droits des personnes trans et LGBTQIA+ : «Aujourd’hui, c’est essentiel d’utiliser des données scientifiques et objectives pour défendre nos droits. Quand je vois que la grande majorité des Mauriciens sont ouverts à ce que nous ayons les mêmes droits que tout le monde, cela me donne de l’espoir. Mais surtout, cela permet d’orienter notre travail d’activistes et nous aide à garder le cap malgré les vagues de hate speech qu’on voit parfois en ligne.» Pour Hana, ces chiffres permettent aussi de déconstruire certains discours dominants : «Il faut comprendre que la vraie minorité, ce sont ceux qui essaient de faire croire que les Mauriciens n’acceptent pas la communauté LGBTQIA+. La vérité, c’est que la majorité est pour l’égalité et les droits humains.» Enfin, elle a souligné un enjeu central pour l’avenir de la communauté LGBTQIA+ : «Pour notre communauté, et surtout pour les personnes trans, il est important de recentrer ce sentiment de sécurité dans toutes nos conversations.»
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