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Israël
Netanyahu en tête, mais privé de majorité, les partis arabes en position d’arbitres
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Netanyahu en tête, mais privé de majorité, les partis arabes en position d’arbitres
■ Une affiche électorale de Benjamin Netanyahu dans une rue de Jérusalem, jeudi.
À l'issue des élections législatives de mardi, Benjamin Netanyahu conserve une longueur d’avance sur ses adversaires, mais son camp échoue à obtenir la majorité absolue à la Knesset. Avec 19 sièges, les formations arabes pourraient jouer un rôle déterminant dans la formation du prochain gouvernement. Une situation qui fait déjà monter les tensions politiques.
Le suspense reste entier en Israël. Si la coalition de droite et d’extrême droite conduite par le Premier ministre sortant, Benjamin Netanyahu, arrive en tête des élections législatives, elle ne dispose pas des sièges nécessaires pour gouverner seule. Après le dépouillement de plus de 99 % des bulletins, son camp obtient 53 sièges sur les 120 que compte la Knesset, contre 48 pour le bloc d’opposition mené par le centriste Gadi Eisenkot. Mais le véritable fait marquant de ce scrutin réside dans la progression historique des deux principales formations arabes, Raam et la Liste unifiée. Avec un total de 19 élus, elles se retrouvent en position d’arbitres et pourraient permettre à l’opposition de constituer une majorité parlementaire.
Cette perspective provoque une offensive politique du Likoud, le parti de Benjamin Netanyahu. Celui-ci accuse les formations arabes d’avoir bénéficié de financements étrangers, notamment en provenance du Qatar. Des accusations que les partis concernés ont fermement rejetées, tout comme Doha, qui dénonce des allégations «aussi ridicules que dangereuses». Le président de la Commission électorale, Noam Sohlberg, a demandé au Shin Bet, le service de renseignement intérieur israélien, d’enquêter sur ces soupçons. Le président, Isaac Herzog, a également appelé à faire la lumière sur cette affaire, tout en mettant en garde contre toute tentative de discréditer l’ensemble de la communauté arabe ayant participé au scrutin.
Le chef du Raam, Mansour Abbas, a rejeté les accusations. «Vous ne trouverez rien, car il n’y a rien», a-t-il déclaré. De son côté, le ministre de la Sécurité nationale, Itamar Ben Gvir, figure de l’extrême droite, réclame l’arrestation des responsables des partis arabes soupçonnés d’avoir reçu de l’argent du Qatar. Pour Gadi Eisenkot, ces accusations constituent une tentative de délégitimer les résultats électoraux. Il dénonce une campagne organisée par le camp Netanyahu afin de contester l’issue du scrutin. La situation place désormais l’opposition devant un dilemme : solliciter l’appui des formations arabes pour accéder au pouvoir, au risque de fragiliser ses propres alliances, ou renoncer à cette possibilité. Cette impasse intervient dans un contexte régional particulièrement tendu, alors que Netanyahu menace de relancer une offensive contre l’Iran.
La formation d’un nouveau gouvernement pourrait ainsi donner lieu à de longues négociations. À défaut d’accord entre les différentes forces politiques, Israël pourrait être contraint de retourner aux urnes, prolongeant une instabilité politique qui pèse déjà sur le pays.
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