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Indian Ocean Conference

Navin Ramgoolam : «La sécurité maritime et la stabilité sont des priorités»

10 avril 2026, 17:00

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Navin Ramgoolam : «La sécurité maritime et la stabilité sont des priorités»

Le Premier ministre, le Dr Navin Ramgoolam, et le ministre des Affaires étrangères de l’Inde, Subrahmanyam Jaishankar, ont procédé ce vendredi à l’inauguration de la 9ᵉ édition de l’Indian Ocean Conference à l’InterContinental Resort de Balaclava. Cet événement d’envergure internationale, qui se tient jusqu’au 12 avril, rassemble décideurs politiques, diplomates et experts autour des grands enjeux stratégiques de la région. Le chef du gouvernement mauricien y intervient en tant que chief guest.

Véritable plateforme de dialogue, la conférence réunit plus de 25 pays, incluant notamment le Bangladesh, le Bhoutan, la Chine, l’Égypte, le Japon, le Koweït, Madagascar, les Seychelles et les Émirats arabes unis, ainsi que des organisations régionales telles que l’Union africaine et l’Indian Ocean Rim Association. L’océan Indien y est présenté comme un espace stratégique où se croisent les intérêts des grandes puissances mondiales, notamment l’Inde, la Chine et les États-Unis, mais aussi ceux de l’Europe, des pays du Golfe et des États insulaires.

Placée sous le thème «Collective Stewardship for Indian Ocean Governance», cette édition met l’accent sur la responsabilité collective dans la gestion de l’océan Indien. Les discussions s’articulent autour de plusieurs axes majeurs, notamment la liberté de navigation, les lois maritimes et la sécurité en mer. Au-delà des considérations géopolitiques, cette initiative s’inscrit également dans une vision plus large portée par l’Inde à travers l’initiative Mahasagar, annoncée en 2025 par Narendra Modi à Maurice, visant à promouvoir la sécurité mutuelle, le commerce et le développement économique.

Dans son discours, Navin Ramgoolam a insisté sur la pertinence du thème choisi, soulignant que «les défis actuels – sécurité maritime, développement économique et durabilité – concernent toutes les sociétés». Il a décrit un monde en pleine mutation, marqué par des bouleversements géopolitiques, le changement climatique, la perte de biodiversité et des transformations technologiques rapides. Face à ces défis, il a plaidé pour «le dialogue plutôt que la confrontation» et «la collaboration plutôt que le conflit».

Le Premier ministre a également évoqué le contexte international tendu, notamment les répercussions des conflits en cours sur les économies mondiales, y compris celle de Maurice. Tout en saluant le cessez-le-feu récemment annoncé au Moyen-Orient, il a appelé à la prudence, le qualifiant de «fragile», et a insisté sur la nécessité d’une résolution durable par la voie diplomatique.

Navin Ramgoolam a rappelé l’importance stratégique de l’océan Indien, citant des penseurs comme Alfred Mahan et Robert Kaplan pour illustrer le rôle central de cette région dans la géopolitique mondiale. Il a mis en garde contre les risques liés à la rivalité entre grandes puissances et a souligné que les États de la région doivent «façonner leur avenir» plutôt que de le subir.

Positionnant Maurice comme un acteur clé, il a affirmé que le pays peut jouer un rôle de facilitateur en encourageant la coopération, le respect du droit international et le dialogue entre États. Il a également mis en avant les cadres régionaux tels que la Commission de l’océan Indien et l’Indian Ocean Rim Association, qui contribuent à renforcer la solidarité régionale.

De son côté, Subrahmanyam Jaishankar a livré un discours axé sur les défis contemporains, évoquant un monde «plus fragmenté et plus compétitif». Il a insisté sur la centralité de l’océan Indien en tant qu’écosystème vital pour les ressources, la connectivité et les échanges commerciaux. Face aux perturbations actuelles, notamment dans les chaînes d’approvisionnement et le transport maritime, il a appelé à renforcer la résilience collective.

Le chef de la diplomatie indienne a également mis en garde contre les «choke points», qu’ils soient physiques ou liés à la finance, à la technologie ou aux ressources, soulignant leur impact sur l’économie mondiale. Il a plaidé pour une coopération accrue entre les pays de la région, estimant qu’aucun État ne peut, à lui seul, assurer la sécurité de l’espace maritime.

Revenant sur les engagements de l’Inde dans la région, il a évoqué les initiatives de coopération maritime, les opérations humanitaires et les partenariats de développement, notamment à Maurice. Il a souligné que la vision indienne repose sur une approche collaborative, fondée sur la transparence, le respect de la souveraineté et le développement durable.

Dans un contexte marqué par l’incertitude et les tensions internationales, les deux dirigeants ont convergé sur un message commun : la nécessité d’une action collective pour préserver la stabilité, la sécurité et la prospérité de l’océan Indien, considéré comme un espace stratégique déterminant pour l’avenir du monde.

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