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Navin Ramgoolam : «Au moins un baron de la drogue a été arrêté»
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Navin Ramgoolam : «Au moins un baron de la drogue a été arrêté»
■ La PNQ de Chetan Baboolall (à g.) a donné lieu à plusieurs échanges animés avec le Premier ministre, Navin Ramgoolam.
Lors de la Private Notice Question (PNQ), qui a duré une trentaine de minutes, une annonce importante a été faite hier à l’Assemblée nationale, parmi les nombreuses informations communiquées par le Premier ministre (PM). Interrogé par le leader de l’opposition, Chetan Baboolall, sur l’implication présumée de réseaux criminels dans les récents troubles à travers le pays, Navin Ramgoolam a révélé qu’au moins un baron de la drogue avait été arrêté. Une déclaration qui a marqué une séance parlementaire particulièrement animée, ponctuée de plusieurs échanges tendus entre les membres de la majorité et ceux de l’opposition.
Pour sa deuxième PNQ depuis sa prise de fonctions comme leader de l’opposition, après celle du 1ᵉʳ septembre, Chetan Baboolall semblait cette fois mieux préparé. Toutefois, certaines interventions auraient mérité d’être plus incisives, notamment sur les responsabilités dans les récents débordements et les mesures concrètes attendues par la population.
Une arrestation confirmée
C’est en interrogeant le PM sur les réseaux de trafic de drogue que Chetan Baboolall a obtenu l’une des principales révélations de la séance. Il a demandé combien de barons de la drogue avaient été arrêtés depuis que Navin Ramgoolam avait évoqué leur implication présumée dans le financement des troubles.
«At least one drug baron has been arrested», a répondu le chef du gouvernement, sans révéler l’identité du suspect ni les circonstances de son arrestation. Il a affirmé que les services de renseignement disposaient d’informations selon lesquelles des barons de la drogue auraient financé les troubles. Il n’a toutefois pas été en mesure de donner un calendrier concernant d’éventuelles autres arrestations.
Dans sa réponse principale, Navin Ramgoolam avait déjà évoqué des indices laissant penser que certaines attaques avaient été coordonnées. Il a notamment cité les dégradations de postes de police, de caméras Safe City et d’autres équipements de surveillance, ainsi que le saccage d’un tribunal.
Le PM a rappelé que les premières manifestations, liées à la crise de l’eau, avaient débuté à Phoenix le 7 octobre, avant que la situation ne dégénère à Camp-Levieux les 8 et 9 octobre. Un tir policier avait alors blessé Élodie Thomas, une affaire désormais examinée par l’Independent Police Complaints Commission. Les troubles s’étaient ensuite propagés à travers l’île, entraînant des pillages et des dégradations d’infrastructures publiques.
Le couvre-feu défendu par le PM
Face à cette situation, le gouvernement avait décidé, le 13 octobre, d’imposer un couvre-feu dans 15 localités, avant de prolonger cette mesure à plusieurs reprises. Navin Ramgoolam a défendu cette décision, estimant que les restrictions étaient nécessaires pour assurer la sécurité des citoyens, et protéger les biens publics et privés. Il a insisté sur le fait que les mesures étaient légales, proportionnées et justifiées dans un État démocratique.
Selon lui, la réaction de la population témoigne de son approbation des décisions gouvernementales. Le PM a également affirmé n’avoir eu connaissance d’aucune plainte concernant une violation des droits constitutionnels des citoyens.
Chetan Baboolall a également interrogé le PM sur les arrestations de mineurs âgés de 12 à 14 ans pour non-respect du couvre-feu. Navin Ramgoolam a répondu que, selon les informations dont il disposait, aucun enfant de moins de 14 ans n’avait été détenu. Il a toutefois fait état de trois arrestations de mineurs pour violation du couvre-feu.
Le leader de l’opposition a ensuite évoqué le cas d’un adolescent qui aurait été arrêté et détenu au poste de police de Stanley, où il aurait été déshabillé et placé dans une cellule avec une autre personne également nue. Le PM a indiqué ne pas être au courant de cette affaire et s’est engagé à vérifier les faits.
PoTA et surveillance de WhatsApp
Autre sujet abordé : le recours éventuel à la Prevention of Terrorism Act (POTA). Chetan Baboolall a demandé si l’application de cette législation ne risquait pas d’envoyer un signal négatif à la communauté internationale concernant la stabilité du pays. Navin Ramgoolam a rejeté cette interprétation, rappelant que cette législation existait déjà lorsque Paul Bérenger était PM.
Les échanges se sont également tendus lorsque Chetan Baboolall a demandé si le gouvernement avait utilisé des équipements de surveillance israéliens pour intercepter les communications WhatsApp durant la crise. Le PM a catégoriquement rejeté cette affirmation, demandant au leader de l’opposition d’où provenaient ces informations.
La piste du dessalement
Sur la crise de l’eau, Navin Ramgoolam a annoncé la mise en place d’un comité de crise placé sous sa présidence, réunissant plusieurs ministères concernés. Sa première réunion est prévue ce jeudi 22 octobre.
Interrogé sur les mesures concrètes, il a expliqué que le gouvernement travaillait au remplacement des canalisations défectueuses, avec l’aide de l’Inde. Il a également annoncé qu’une délégation d’Arabie saoudite était attendue prochainement pour examiner les possibilités de développement d’installations de dessalement.
Chetan Baboolall a toutefois insisté sur le fait que la population attendait davantage que la création de comités successifs.
Le leader de l’opposition a aussi demandé si le gouvernement envisageait de suspendre temporairement certaines taxes et contributions sociales afin d’alléger le coût de la vie. Navin Ramgoolam a répondu que cette possibilité devrait être examinée en tenant compte de la situation économique du pays.
Concernant les revendications sociales, le PM a annoncé le lancement, dès cette semaine, de consultations urgentes avec des organisations non gouvernementales et des spécialistes de terrain pour mieux comprendre les frustrations exprimées par une partie de la jeunesse.
Le député Raviraj Beechook a soulevé la question de la discrimination à l’embauche, proposant un mécanisme de discrimination positive pour favoriser l’insertion professionnelle des habitants des régions défavorisées. Navin Ramgoolam a indiqué que cette question méritait un examen approfondi.
De son côté, Adrien Duval a suggéré de réfléchir à des couvre-feux ciblant certaines tranches d’âge plutôt que l’ensemble de la population. Le PM a répondu qu’une telle mesure pourrait soulever des accusations de discrimination.
Enfin, interrogé par la Chief Whip du gouvernement, Stéphanie Anquetil, sur l’implication éventuelle d’un ancien ministre dans le financement des troubles, Navin Ramgoolam a indiqué que l’enquête était toujours en cours et qu’il ne pouvait en divulguer les détails.
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