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En milieu carcéral

Mort d’Andy Selmour : expertises psychologiques et zones d’ombre

19 janvier 2026, 06:00

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Mort d’Andy Selmour : expertises psychologiques et zones d’ombre

«Je l’ai frappé, oui, mais je n’avais pas l’intention de tuer. S’ils l’avaient emmené à l’hôpital à temps, il serait encore en vie.» Cette déclaration de l’un des principaux suspects dans le décès d’Andy Selmour , résonne comme un élément central de l’enquête. Celui qui aurait porté le coup fatal semble déjà construire sa ligne de défense : reconnaître un geste de violence, tout en rejetant la responsabilité ultime sur une supposée prise en charge médicale tardive. Une posture qui pourrait peser lourd dans l’appréciation des faits si l’affaire devait être requalifiée en meurtre devant les tribunaux.

La mort d’Andy Selmour continue de susciter une vive émotion dans l’opinion publique, d’autant plus que le dossier a été bouclé. Il devra être transmis par la Criminal Investigation Division de Montagne-Blanche au bureau du Directeur des poursuites publiques (DPP). Ce sera à ce dernier d’évaluer les éléments réunis et de décider de la suite judiciaire à donner à cette affaire sensible, sur fond de questions persistantes concernant la violence en milieu carcéral. A noter que le dossier n'a pas encore été envoyé, contrairement à ce que nous avions écrit au départ.

Dans un développement notable de l’enquête, le chef du département médico-légal, le Dr Sudesh Gungadin, a entrepris une série de visites auprès des cinq détenus identifiés comme suspects dans l’agression ayant conduit au décès de Selmour. L’objectif de cette démarche est clair : évaluer leur état psychologique, leur comportement, leur degré de lucidité et leur capacité de discernement au moment des faits. Ces éléments pourraient s’avérer déterminants pour établir les responsabilités individuelles.

Selon des informations recoupées, deux suspects ont été examinés à la prison de La Bastille, deux autres à celle de Beau-Bassin et un cinquième au centre pénitentiaire de Grande-Rivière. Les entretiens se sont déroulés dans un climat tendu. Certains détenus se sont montrés particulièrement méfiants, voire agressifs, face aux interrogatoires du médecin légiste. Ils ont exigé de ne s’exprimer qu’en présence d’un magistrat, un comportement décrit comme instable et hostile. L’un d’entre eux aurait nié toute implication se contentant de répéter : «Mo pa konn nanye ladan, Misie.»

L’enquête, elle, dessine peu à peu le contexte du drame. Selon les éléments recueillis, l’origine de l’agression remonterait à un différend interne au sein de la prison. Andy Selmour aurait été accusé d’avoir volé un sachet contenant environ trois grammes de drogue synthétique, destiné à un autre détenu. Ce colis aurait été introduit dans l’enceinte hospitalière pénitentiaire et Selmour se serait emparé du paquet au moment de sa livraison. La drogue était apparemment destinée à un détenu identifié comme A. L., de l’unité Kestrel.

Toujours selon les informations disponibles, Selmour se serait ensuite rendu dans cette unité, où il aurait été violemment pris à partie par cinq codétenus, identifiés par les initiales C. L., C. G., et G. Au cours de cette altercation, les coups auraient été portés, avec une violence telle qu’ils auraient entraîné des conséquences fatales. L’un des suspects aurait été vu tenant un gourdin, un détail jugé troublant par les enquêteurs et actuellement au cœur des vérifications.

Les autorités pénitentiaires reconnaissent que la victime, tout comme plusieurs suspects, était connue pour des antécédents judiciaires, notamment des faits de violence et de vol aggravé. Ce constat renforce les inquiétudes quant au climat qui règne à l’intérieur des établissements pénitentiaires et relance le débat sur la capacité réelle du système à prévenir les règlements de comptes entre détenus.

Plus préoccupant encore, l’enquête a mis en lumière de possibles failles dans les dispositifs de sécurité. Des informations évoquent la capacité de certains détenus à contourner les contrôles. Un rapport fait également état de l’existence d’un groupe structuré de détenus, se déplaçant entre différentes unités le jour des faits, notamment lors des périodes de visites et de transferts vers les tribunaux.

Le DPP devra déterminer s’il y a lieu de procéder à des inculpations formelles et sous quelles qualifications pénales. En attendant, une chose est déjà évidente : la mort d’Andy Selmour dépasse le simple fait divers. Elle soulève des questions fondamentales sur la gestion de la violence en milieu carcéral, les défaillances sécuritaires et la capacité du système à garantir, même derrière les barreaux, la protection de la vie et le respect des principes de justice.

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