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Mefhooz Oozeer : «L’appui d’un sponsor privé serait un boost incroyable !»

12 août 2025, 17:10

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Mefhooz Oozeer : «L’appui d’un sponsor privé serait un boost incroyable !»

Grâce à une campagne Small Step Matters, dynamisée par les défis sportifs de Tina Staub, le para-athlète Mefhooz Oozeer aspire aujourd’hui à atteindre le plus haut niveau mondial grâce à un nouvel équipement de compétition financé par les donations cumulées de citoyens, d’entreprises et des élèves des écoles françaises de Maurice, pour un montant de Rs 621 000.

? Policier à Camp-de-Masque, votre vie a basculé à la suite d’une maladie, une épreuve qui a marqué un tournant décisif dans votre vie personnelle et professionnelle. Vous pouvez nous la raconter ?

Oui, j’ai été atteint d’une tumeur, plus précisément un leiomyosarcome, une pathologie qui a touché mon os. J’ai suivi deux ans de traitement à Maurice et en Inde… en vain. La dernière option : l’amputation. C’était très difficile de m’y résoudre, alors je suis parti consulter à La Réunion pour un second avis. Là encore, l’amputation a été recommandée. Je ne pouvais m’y résoudre… Puis j’ai vu une déclaration de Noemi Alphonse à la télévision ; elle venait tout juste de recevoir le Sport Woman Award.

? Un déclic ?

Oui. Je me suis dit qu’il y aurait une vie pour moi après l’amputation, et cela m’a boosté à aller de l’avant, à ne plus reculer face à cette opération ! Mais l’idée de me lancer dans le sport de compétition n’est pas venue tout de suite…

? Alors comment a eu lieu ce second déclic ?

Trois mois après l’amputation, je suis allé au stade de Réduit car j’avais vraiment à cœur de rencontrer Noemi en vrai, ainsi que Jean-Marie Bhugeerathee, un de ses entraîneurs. À l’époque, je n’avais pas encore ma prothèse. Jean-Marie et Noemi m’ont encouragé à aller de l’avant. Deux semaines plus tard, Jean-Marie m’a mis dans un fauteuil…

? Lequel ?

Un vieux fauteuil, encore plus ancien que celui que j’utilise cette année. Et depuis, je n’ai cessé de m’entraîner avec persévérance, comme tous les athlètes du Magic Quatre Bornes Sports Club. Depuis 2017, je n’ai plus qu’un but : faire du sport ma nouvelle carrière.

Untitled design (2).png Hewlett Nelson, présidente du Magic Quatre Bornes Sports Club, et Tina Staub.

? Suite à votre état de santé, vous n’avez pas pu conserver votre poste dans la police. La réorientation professionnelle était inévitable ?

Oui, car je n’étais pas encore confirmé, j’avais moins de deux années de service. Avec plus d’ancienneté, j’aurais probablement pu obtenir un autre poste aménagé, en fonction de mon handicap.

? Depuis 2017, vous vous donnez à fond à l’entraînement et en compétition. Seul frein à vos ambitions : votre équipement ?

Exactement. Je concours dans la catégorie T54 sur quatre distances (100 m, 400 m, 800 m et 1500 m) avec un fauteuil qui n’est pas adapté à ma morphologie et qui n’est plus au point techniquement. En avril dernier, au Maroc, lors d’un 800 m, mon fauteuil a dévié net vers le 5e couloir. Totalement à l’extérieur, j’ai dû revenir au couloir n°1 à la seule force de mes reins et de mes bras. Ce faisant, j’ai failli perdre l’équilibre. J’ai tout donné pour revenir à hauteur de mes concurrents, mais je n’avais plus d’énergie pour finir la course au mieux… C’était frustrant, révoltant.

? Depuis février, Small Step Matters a lancé une campagne de levée de fonds pour atteindre Rs 621 000 afin de financer un fauteuil sur mesure fabriqué aux États-Unis. Comment avez-vous vécu cette campagne ?

Dès le départ, je savais que la somme à réunir était colossale et que ce serait un vrai challenge pour l’équipe de Small Step Matters. Après les premières Rs 100 000, il y a eu un ralentissement. J’ai douté. Puis, j’ai repris espoir quand l’école française Paul et Virginie, à Tamarin, s’est mobilisée, puis toutes les écoles françaises de Maurice, avec les élèves de CM2, lors d’un cross à l’École du Centre. Plus de Rs 300 000 levées par les jeunes !

? Puis le coup d’accélérateur de Tina Staub, avec son moteur dans les jambes ?

Oui ! Je remercie chaleureusement tous les donateurs et Tina Staub, en particulier, qui a parcouru de nuit l’île Maurice du nord au sud, de Cap Malheureux à Gris-Gris : 100 km pour une campagne de dons de Rs 100 (ou multiples). Merci aux citoyens et aux entreprises qui ont contribué via Small Step Matters, notamment grâce à leurs fonds CSR. Un élan incroyable, pour atteindre un but commun !

? La commande du fauteuil est passée. Prochain objectif ?

J’ai revu mes ambitions. Je ne participerai pas aux Championnats du monde en Inde du 27 septembre au 5 octobre. Mais je vise les Jeux du Commonwealth à Glasgow, en Écosse, en juillet 2026.

? Et les Jeux paralympiques ?

Pourquoi pas ? Los Angeles, en 2028. J’ai 29 ans. La carrière d’un para-athlète atteint son pic vers 35 ans. Donc, j’aurai 32 ans en 2028…

Untitled design (3).png Vincent et Tina Staub.

? Tina Staub a prédit pour vous une carrière auréolée de 100 médailles. C’est envisageable ?

Dix par an sur dix ans… Possible !

? Possible avec le soutien d’un sponsor ?

Oui. Cela coûte environ Rs 1,2 million à Rs 1,5 million par an pour un athlète, afin de participer à six ou sept compétitions internationales. Donc, oui, l’appui d’un sponsor privé serait un boost incroyable !

? Au sein du Magic Club, les sportifs rêvent en grand : Noemi Alphonse, Roberto Michel, Yovanni Philippe, Anaïs Angéline, Donovan Rabaye, Mitchell Prosper… Six athlètes qualifiés aux Championnats du monde, autant de chances de médailles. Pourtant, tous n’ont pas de sponsors ?

Exactement. Les frais de participation, l’hébergement, les billets d’avion, les équipements… tout cela coûte très cher. Alors, oui, nous lançons un appel au secteur privé pour soutenir les athlètes toute l’année, sur le long terme.

? Et derrière vous, une génération handisport montante et, à la clé, une moisson de médailles espérée !

Tout à fait !

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