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Guerre à Gaza

Maurice réaffirme son soutien face à la crise et appelle à la solution à deux États

15 août 2025, 16:00

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Maurice réaffirme son soutien face à la crise et appelle à la solution à deux États

Le ministère des Affaires étrangères, de l’intégration régionale et du commerce international a publié, ce mercredi 13 août, un communiqué dans lequel le gouvernement mauricien exprime sa «profonde préoccupation» face à la crise humanitaire qui s’aggrave dans la bande de Gaza et condamne le projet israélien visant à occuper entièrement le territoire. Selon le gouvernement, une telle initiative compromettrait gravement toute perspective de solution à deux États et la stabilité régionale.

Dans son communiqué, le gouvernement rappelle que «le droit à la vie et à la dignité du peuple palestinien doit être rétabli», et que l’occupation totale de Gaza ne ferait qu’affaiblir encore davantage les conditions déjà précaires de la population. Maurice «condamne tous les actes de violence et le meurtre de civils innocents, en particulier des femmes et des enfants», et exhorte toutes les parties à «cesser immédiatement les hostilités» et à convenir d’un cessez-le-feu permanent, créant ainsi les conditions propices à un dialogue.

Untitled design.png ■ Un enfant serre contre lui une assiette de riz, rare repas dans un quotidien marqué par la faim. (source : UN News).

Le gouvernement souligne sa détermination à plaider pour une reprise rapide de négociations «significatives» en vue d’aboutir à une résolution «juste, équitable, durable et pacifique» du conflit israélo-palestinien, conformément aux résolutions pertinentes des Nations unies.

La solution à deux états, «Seul chemin viable»

Les autorités réaffirment leur «soutien indéfectible» à la solution à deux États, le considérant comme «la seule voie viable vers une paix et une sécurité durables» dans les territoires palestiniens occupés. La création d’un État palestinien indépendant et souverain, coexistant pacifiquement avec Israël, reste au cœur de la vision mauricienne pour assurer stabilité et prospérité dans la région. Maurice s’engage à continuer à participer aux initiatives onusiennes en faveur de la paix et au respect du droit international, y compris du droit international humanitaire.

Express.mu (620 x 330) (29).png ■ Affaiblie par une malnutrition extrême, cette fillette de Gaza n’a plus la force de s’habiller seule. (source : Nations unies).

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À Gaza, la catastrophe humanitaire atteint un point de rupture. Entre convois d’aide bloqués à la frontière, famine qui s’installe et bombardements incessants, les agences de l’ONU tirent la sonnette d’alarme. Des milliers d’enfants souffrent de malnutrition aiguë, tandis que les habitants, contraints de braver des zones dangereuses pour se nourrir, paient un lourd tribut. Malgré les promesses d’assouplissement, une grande partie de l’aide internationale reste bloquée, aggravant une crise qualifiée de «pure famine» par les humanitaires.

La crise humanitaire sur le terrain

Sur le terrain, la situation est alarmante. Selon le ministère de la Santé de Gaza, administré par le Hamas, quatre personnes sont mortes de faim et de malnutrition au cours des dernières 24 heures, portant à 239 le nombre total de victimes de la famine et de la malnutrition depuis le début du conflit, dont 106 enfants.

Express.mu (620 x 330) (30).png ■ Une foule, composée aussi d’enfants, se presse pour recevoir la nourriture distribuée par une ONG, l’une des rares fois où l’aide parvient effectivement sur place. (source : Jadallah/Anadolu via AFP)

Cette crise alimentaire dramatique est documentée par de nombreuses organisations non gouvernementales (ONG), dont Médecins sans frontières (MSF). Dans un rapport publié le 7 août, l’organisation dénonce les «tueries organisées» et la «déshumanisation» qui se produiraient sur les sites de distribution alimentaire gérés par la Gaza Humanitarian Foundation. MSF appelle au «démantèlement immédiat» de ce système et au rétablissement d’un mécanisme d’aide coordonné par l’Organisation des Nations unies (ONU).

Le rapport, intitulé This is not aid, this is orchestrated killing, fait état de 1 380 blessés reçus dans les cliniques de MSF d’Al-Mawasi et d’Al-Attar, dans le sud de Gaza, entre le 7 juin et le 24 juillet, dont 28 personnes déjà décédées à leur arrivée. Parmi les blessés par balle soignés, 11 % avaient été atteints à la tête ou au cou et 19 % au thorax, à l’abdomen ou au dos. Au total, 71 enfants, dont 25 de moins de 15 ans, ont été traités pour des blessures par balle.

Untitled design (1).png ■ Une petite fille souffrant de malnutrition allongée sur un lit d’hôpital à Gaza. (source : Nations unies).

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La version Israélienne

Face à ces accusations, Israël nie l’existence d’une «malnutrition généralisée» dans l’enclave. Le COGAT, organe du ministère israélien de la Défense chargé de l’administration civile des territoires palestiniens, a publié mardi un rapport affirmant qu’aucun signe de famine généralisée n’avait été constaté. L’organisme remet en question les chiffres fournis par le Hamas, évoquant «un écart significatif» avec les cas documentés et affirme que nombre des décès seraient liés à des maladies préexistantes plutôt qu’à la malnutrition.

Untitled design (2).png ■ À Rafah, dans le sud de la bande de Gaza, des enfants palestiniens souffrant de malnutrition reçoivent des soins dans un centre de santé (4 mars 2024). (source : Mohammed Salem/Reuters).

Dans un communiqué, le gouvernement du Hamas a qualifié cette position de «tentative désespérée» pour «camoufler un crime documenté au niveau international» : la famine systématique.

Le territoire reste totalement dépendant de l’aide extérieure. L’ONU alerte sur un risque de famine généralisée et appelle à «inonder» Gaza d’aide humanitaire. Selon l’Organisation mondiale de la santé, 148 personnes y sont mortes des effets de la malnutrition depuis janvier et près de 12 000 enfants de moins de cinq ans souffraient de malnutrition aiguë en juillet, le chiffre le plus élevé depuis le début du conflit. Le Programme alimentaire mondial estime que «plus d’un tiers de la population ne mange pas pendant plusieurs jours d’affilée» et fait état de plus de 300 000 enfants en situation de risque sévère.

Express.mu (620 x 330) (31).png ■ Des enfants affamés à Gaza fouillent dans les ordures, à la recherche de quelques miettes de nourriture. (source : UNRWA)

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Réactions

? Paul Bérenger : «C’est un crime qu’Israël commet sur Gaza»

Le ministre des Affaires étrangères, Ritish Ramful, étant en déplacement à Madagascar pour la Southern African Development Community, c’est le Premier ministre adjoint, Paul Bérenger, qui assure l’intérim. Interrogé précédemment lors de sa conférence de presse le mardi 12 août sur la situation à Gaza, le leader du Mouvement militant mauricien n’avait pas mâché ses mots : «C’est un crime qu’Israël de Netanyahu commet sur Gaza. C’est horrible !», a-t-il déclaré. Il a ajouté, dans un registre plus personnel : «Parfwa mo anvi kit gouvernman pou dir tou seki mo panse. Pa akoz gouvernman dan tor. Me nou enn ti pei frazil ek nou kone kisann-la pe menase brit-brit.»

? Navin Ramgoolam : «Une crise humanitaire sans précédent»

Le Premier ministre, Navin Ramgoolam, avait lui aussi exprimé sa solidarité avec le peuple palestinien. Le 1er avril, lors des célébrations nationales de l’Eid-ul-Fitr à la Sunni Razvi Society, à Plaine-Verte. Il avait qualifié la situation à Gaza de «crise humanitaire sans précédent». Le chef du gouvernement avait alors insisté : «Bizin ki nou kontinie lager pou enn leta palestinien indepandan.»

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