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Chagos Deal
Maurice et le Royaume-Uni rejettent les chiffres avancés par «The Telegraph»
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Chagos Deal
Maurice et le Royaume-Uni rejettent les chiffres avancés par «The Telegraph»
Une nouvelle polémique entoure l’accord entre le Royaume-Uni et Maurice sur l’archipel des Chagos. Le journal The Telegraph a affirmé que les contribuables britanniques dépenseront 34,7 milliards de livres sterling sur 99 ans pour le bail de la base militaire, citant un document obtenu via une demande d’accès à l’information (Freedom of Information). Londres et Maurice rejettent fermement ces chiffres, qu’ils jugent trompeurs.
Dans son article, The Telegraph explique que ce montant provient d’un document produit par le Government Actuary’s Department et rendu public grâce aux lois sur la liberté d’information. Ce rapport précise que le coût initial a été réduit en appliquant un taux d’inflation estimé, puis abaissé une seconde fois via une méthode comptable, connue sous le nom de Social Time Preference Rate, parfois utilisée pour les projets à long terme mais rarement mise en avant lorsque le gouvernement souhaite souligner l’importance d’une dépense. Selon le quotidien britannique, cette méthode a permis de ramener le coût annoncé à 3,4 milliards de livres sterling, soit dix fois moins que la somme calculée selon une approche brute.
À Port-Louis, le Deputy Prime Minister et leader du MMM, Paul Bérenger, a réagi avec fermeté lors de sa conférence de presse d’hier. Il a accusé le journal britannique de mener une campagne de désinformation, rappelant qu’il publiait régulièrement des allégations sur les relations de Maurice avec la Chine ou l’Iran. «Le Premier ministre et moi-même avons négocié dur pour obtenir le meilleur accord possible. Il ne faut pas trop prêter attention à cette presse qui publie des mensonges», a-t-il déclaré, dénonçant un climat médiatique où l’on chercherait à semer la confusion.
À Londres, la ministre de la Justice, Alex Davies Jones, a affirmé que le gouvernement britannique «ne reconnaît pas» le chiffre avancé par The Telegraph. Elle a confirmé que le coût réel de l’opération s’élève à 3,4 milliards de livres sterling, soit moins de 0,2 % du budget de la Défense et inférieur au coût d’un porte-avions. Elle a également insisté sur le fait que cet accord visait à garantir la sécurité nationale et qu’il représentait, selon elle, «le bon choix» et «le bon accord» conclu avec Maurice.
Le gouvernement de Keir Starmer maintient que ce montant a été calculé en suivant les règles du Trésor britannique, à travers la méthode de la valeur actualisée nette (Net Present Value), qui consiste à ramener la valeur future de dépenses prévues à leur équivalent actuel. Cette technique, bien qu’utilisée dans certains calculs officiels, est rarement employée dans la communication publique pour détailler les coûts de projets ou programmes.
Selon les données évoquées par The Telegraph, le calcul initial situait le coût à environ 10 milliards de livres après prise en compte d’un taux d’inflation de 2,3 %, avant d’être réduit à 3,4 milliards grâce à l’application du Social Time Preference Rate.
Cette affaire a également pris une tournure politique. Les Conservateurs, à l’approche de la rentrée parlementaire prévue le 1er septembre, exigent que le Premier ministre présente des excuses et publie l’intégralité des détails de l’accord avec Maurice. Pour eux, le gouvernement minimise volontairement l’ampleur réelle de la dépense et doit rendre des comptes.
Ambassade fermée
De son côté, le parti Reform UK, dirigé par Nigel Farage et en progression dans les sondages, a annoncé par la voix de son viceleader, Richard Tice, que s’il accédait au pouvoir, il «déchirerait» l’accord et exigerait que Maurice rende le contrôle des Chagos au Royaume-Uni. Il a affirmé que, sans restitution, son parti fermerait l’ambassade mauricienne à Londres, suspendrait les vols directs, annulerait tous les visas mauriciens et romprait les relations diplomatiques. Selon lui, les chiffres révélés par The Telegraph prouvent que le gouvernement a menti sur le coût réel de l’opération.
Paul Bérenger appelle à ne pas se laisser entraîner par ce qu’il qualifie de désinformation et insiste sur le fait que l’accord signé sert les intérêts des deux pays. Il affirme que les négociations ont été menées avec détermination afin d’aboutir à ce qu’il considère comme «le meilleur accord possible».
C’est quoi le «Government Actuary’s Department» ?
Créé en 1919, le Government Actuary’s Department est un service public britannique indépendant qui fournit des conseils actuariels au gouvernement, aux administrations locales et au secteur public. Spécialiste de la gestion des risques, de la finance et de la modélisation, il intervient sur des dossiers majeurs tels que les retraites, l’investissement, la sécurité sociale, le changement climatique ou la santé, afin d’aider les décideurs à prendre des décisions éclairées et rentables.
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