Publicité
Finance
Maurice ambitionne de devenir un pôle régional du «Waqf»
Par
Partager cet article
Finance
Maurice ambitionne de devenir un pôle régional du «Waqf»
(Image générée par IA)
Maurice veut s’imposer comme un pôle régional du waqf et de la finance sociale islamique. Le ministre du Logement et des terres, Shakeel Mohamed, a défendu cette ambition au 5ᵉ AlBaraka Summit, tenu les 13 et 14 octobre 2026 à l’hôtel JW Marriott Grosvenor House, à Londres, sous le thème Ethics in Action: Rebuilding Foundations and Advancing the Global Impact of the Islamic Economy.
Le ministre a insisté sur la nécessité de traduire les principes éthiques de la finance islamique en mécanismes institutionnels solides et transparents. Au cœur de son propos : le waqf, un système de dotation qui consacre durablement des biens ou des ressources à des objectifs religieux, caritatifs et sociaux. Maurice dispose d’un cadre juridique en la matière depuis l’entrée en vigueur de la Waqf Act, le 25 avril 1941.
Selon Shakeel Mohamed, une première modification de la loi a rapproché le secteur des normes du Groupe d’action financière (GAFI) et de l’Eastern and Southern Africa Anti-Money Laundering Group (ESAAMLG). D’autres mesures sont envisagées : un audit national des propriétés de waqf, un registre numérique, des plateformes en ligne pour les dons en espèces.
La feuille de route prévoit aussi un Mauritius Waqf Investment Fund, qui regrouperait les dotations de moindre envergure dans des portefeuilles gérés professionnellement, selon les principes de la finance islamique. La formation des mutawallis, chargés d’administrer les biens de waqf, figure également parmi les priorités. Ces propositions font suite à la première conférence internationale sur le waqf organisée à Maurice, avec l’Islamic Development Bank, son institut et des représentants de la Malaisie, de Singapour, de l’Afrique du Sud, de la Turquie et du Royaume-Uni.
Shakeel Mohamed a appelé les banques islamiques, les gestionnaires d’actifs, les fonds souverains et les family offices à domicilier et à gérer leurs fonds de waqf à Maurice.
Évoquant la situation humanitaire à Gaza, le ministre a estimé que le waqf, la zakat et les sukuk humanitaires pouvaient aider à répondre aux besoins des populations, à condition de privilégier des mécanismes aux résultats concrets plutôt que les promesses financières. En marge du sommet, il a rencontré Necmettin Bilal Erdogan, fils du président turc Recep Tayyip Erdogan, pour échanger sur la finance islamique et la coopération internationale.
Cette ambition reste conditionnée à un cadre réglementaire crédible, à une supervision rigoureuse et au développement de compétences spécialisées. Shakeel Mohamed a conclu : «En 1941, nos ancêtres ont donné au waqf une loi. À notre époque, nous donnons au waqf un avenir.» Reste à transformer cette feuille de route en institutions opérationnelles et à convaincre les investisseurs de la solidité du dispositif.
Publicité
Publicité
Les plus récents