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Portrait

Matilda Morino : L’Italo-Mauricienne aux multiples talents

6 janvier 2026, 16:00

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Matilda Morino : L’Italo-Mauricienne aux multiples talents

Matilda Morino, à moitié italienne et à moitié mauricienne, a la fibre artistique dans l’âme. En sus de peindre en autodidacte et d’arriver à vendre ses tableaux colorés, la jeune femme, qui a appris le crochet de sa «nonna» paternelle (sa grand-mère) depuis qu’elle a 12 ans, s’est lancée dans la fabrication de sacs à main en crochet, faisant même les garnitures. Elle a lancé sa page de crochet intitulée «La Nostra Lana» sur Instagram et, depuis, elle a eu plusieurs commandes.

L’art chez les Morino est une affaire de famille. Marisa Morino, la nonna de Matilda, qui habite à San Raffaele Cimena, commune de Turin, en Italie, vit de ses aquarelles. Le père de la jeune femme, Alessandro, suit sa mère au niveau peinture, mais son style relève davantage du cubisme. C’est à 18 ans qu’il quitte l’Italie pour voyager et voir le monde. Hormis la peinture, ce qui l’intéresse le plus, c’est la gastronomie. Là où il passe, il apprend les différentes cuisines.

Il n’aurait peut-être pas jeté l’ancre à Maurice si sa route n’avait croisé celle de la Mauricienne Jennyfer, qu’il épouse. Ayant acquis de l’expérience en cuisine, il met son talent au service de plusieurs hôtels de l’île avant de se mettre à son compte en tant que chef à domicile. Matilda, qui est l’aînée de trois enfants, commence à dessiner dès l’âge de 12 ans, de même qu’à apprendre le crochet avec Marisa Morino au gré des voyages familiaux. Elle grandit et complète son éducation secondaire, tout en continuant à peindre en dilettante et à crocheter.

De l’acrylique à l’aquarelle

Ce qui va déclencher chez elle un désir réel de peindre et avec des couleurs vives c’est un déplacement qu’elle fait en famille en Afrique du Sud. C’était en 2019. Elle a été fascinée par les couleurs des paysages, des vêtements traditionnels et par le maquillage des Africaines. À son retour à Maurice, elle a ressenti un besoin irrépressible de mettre les couleurs qu’elle a conservées dans sa tête sur canevas. Elle a alors réalisé plusieurs tableaux.

En 2020, un restaurant portugais a accepté de les exposer. Deux femmes l’ont approchée et se sont montrées très intéressées par ses œuvres. Matilda n’en a pas cru ses oreilles. Cette rencontre l’a incitée à créer sa page Facebook qu’elle a nommée À travers mon pinceau et, à partir de là, elle a reçu plusieurs commandes de tableaux.

En surfant sur le Net, elle est tombée en arrêt devant les motifs à carreaux, pointillés et à damiers sur des portes marocaines et en a été séduite. Il ne lui en a pas fallu plus pour faire des tableaux de portes marocaines. Le lien entre l’art africain et l’art marocain ce sont les couleurs vives. En 2022, elle a été invitée à exposer ses tableaux au Festival du Livre de Trou-d’Eau-Douce et a reçu de nombreux compliments.

Elle passe allègrement de l’acrylique à l’aquarelle, même si elle préfère cette dernière car «l’acrylique est plus physique», précise-t-elle. Matilda peint sur toutes sortes de supports : socles en bois, manches à balai, coussins, etc. Et elle ne se contente pas de peindre. Ayant une belle plastique, elle est souvent sollicitée pour des shootings photos et ne se fait pas prier pour prendre la pose. Et comme elle aime la cuisine, elle prête régulièrement mainforte à son père lorsqu’il a des dîners privatifs.

Matilda a été ravie de pouvoir aller au Maroc et à Paris en 2023 car cela a stimulé davantage son esprit créatif. «Mon inspiration n’a pas tellement changé mais elle s’est amplifiée à la suite de ce voyage au Maroc. J’ai eu un gros coup de cœur pour les motifs sur les portes marocaines et j’ai été séduite par l’esprit des artistes marocains. Pour le moment, j’ai toujours la tête plongée dans le Maroc et peut-être qu’à l’avenir, mon inspiration évoluera, dépendant de la destination de mon prochain voyage.»

Ces derniers temps, le crochet, qui était un de ses multiples passe-temps, a pris le dessus sur tous les autres. Elle s’est mise à fabriquer des sacs en crochet, de même que leur garniture. Elle a lancé sa page de crochet sur Instagram intitulée La Nostra Lana, qui est centrée sur ses sacs. «Je crée différents modèles et je jongle avec les couleurs et les motifs.» Elle coud les doublures, les manches et autres garnitures. Cela lui prend entre trois jours et une semaine au maximum pour compléter un sac à main. Matilda a été étonnée de voir que les gens regardaient ses modèles et surtout d’obtenir des commandes. «Je me spécialise uniquement dans les sacs pour le moment. Pour l’instant, les commandes se font uniquement à travers Instagram.»

Elle n’aurait jamais cru que le crochet prendrait une telle importance dans sa vie. «Dès que je me suis lancée sur les réseaux, ça a accroché toute de suite.» Bien que n’ayant que 24 ans, Matilda sait ce qu’elle veut dans la vie. «J’ai l’intention de me perfectionner dans le crochet et d’ouvrir une boutique en ligne. J’ai aussi l’intention de continuer à peintre et à explorer le monde pour avoir encore plus d’inspiration. Et comme mon père est chef privé, j’ai aussi l’intention d’approfondir mes connaissances culinaires et impressionner ma famille.» Tout un programme…

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