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Comparution de Frédéric Pavaday en cour
L’ex-enseignant fixé sur sa demande de caution le 10 mars
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Comparution de Frédéric Pavaday en cour
L’ex-enseignant fixé sur sa demande de caution le 10 mars
L’atmosphère était tendue hier matin au tribunal de Curepipe lors de la comparution de Frédéric Pavaday, ancien professeur de musique à la Loreto Junior School, poursuivi sous quatre accusations provisoires, dont «causing a child to be sexually abused». L’affaire a été appelée devant la magistrate Shavina Jugnauth, dans une salle d’audience attentive aux échanges particulièrement soutenus entre la poursuite et la défense. À l’issue des plaidoiries sur la demande de remise en liberté sous caution, la cour a annoncé qu’elle rendra sa décision le 10 mars 2026.
Durant toute l’audience, Frédéric Pavaday est apparu visiblement stressé. Assis dans le box des accusés, il a passé une grande partie de la séance à se ronger les ongles, évitant souvent le regard du public et des journalistes présents dans la salle. Autour de lui, l’atmosphère était lourde. Les débats ont rapidement pris une tournure serrée entre la poursuite, représentée par Mᵉ Priscilla Vanishee Veerabudren, Senior Assistant Director of Public Prosecutions, et la défense, assurée par Mᵉ Sanjeev Teeluckdharry, assisté de Mᵉ Sachin Boodhoo.
Pour Mᵉ Priscilla Veerabudren, il est prématuré d’envisager une libération sous caution. Elle a soutenu que l’enquête policière vient à peine de démarrer et que plusieurs éléments doivent encore être vérifiés. Selon la poursuite, trois victimes présumées se sont déjà manifestées, certaines âgées de seulement 10 à 11 ans au moment des faits. Elle a également insisté sur la possibilité que d’autres victimes potentielles puissent encore se manifester. «À ce stade, aucune condition ne peut être imposée pour minimiser le risque d’interférence avec les témoins», a-t-elle plaidé devant la cour.
La représentante du DPP a aussi insisté sur la gravité particulière des accusations, rappelant que l’affaire concerne des enfants, ce qui exige selon elle une prudence accrue de la part du tribunal.
Elle a demandé à la cour de laisser le temps nécessaire à la police pour mener son enquête, notamment pour recueillir les déclarations des victimes et vérifier les éléments déjà portés à l’attention des enquêteurs.
Les arguments de la poursuite ont été vivement contestés par Mᵉ Sanjeev Teeluckdharry, qui a estimé que les objections de la police reposent principalement sur des appréhensions et non sur des faits établis.
L’avocat de la défense a rappelé que son client bénéficie pleinement de la présomption d’innocence.
«On ne peut maintenir une personne en détention simplement parce que l’enquête est en cours», a-t-il plaidé, soulignant que la liberté reste le principe et la détention l’exception. Au cours des échanges, Mᵉ Teeluckdharry a également insisté sur le fait que certaines accusations ne comportent pas nécessairement de peine d’emprisonnement, ce qui, selon lui, doit être pris en considération dans l’examen de la demande de caution.
Huées à la sortie du tribunal
Il a également contesté la portée des arguments de la poursuite concernant le nombre de victimes, estimant que ces éléments doivent être établis de manière rigoureuse dans le cadre de l’enquête.
La poursuite a expliqué que l’affaire a été initialement signalée à la police par courriel, avant que les enquêteurs ne procèdent à des vérifications et n’ouvrent officiellement une entrée dans le House Occurrence Book (OB). L’enquête est désormais menée par la CID, qui doit encore recueillir plusieurs éléments essentiels. La poursuite a également rappelé que la cour doit examiner l’existence d’un «reasonable suspicion», base légale permettant de maintenir une charge provisoire pendant l’enquête.
À la fin de l’audience, alors que Frédéric Pavaday était reconduit vers la voiture de police destinée à l’emmener vers sa cellule, le fourgon cellulaire de la police Black Maria était stationné dans la cour avec à son bord des prisonniers. La tension est montée d’un cran à l’extérieur. Des prisonniers présents dans le véhicule l’ont hué et insulté. «Ta pedofil ! Amenn li ar nou dan kamion ! Ta sovaz !», ont-ils lancé en direction de l’ancien enseignant, sous le regard de policiers tentant de maintenir le calme.
La magistrate Shavina Jugnauth devra trancher : accorder ou refuser la remise en liberté sous caution du prévenu. La décision est attendue mardi 10 mars, alors que l’enquête policière se poursuit et que d’éventuels nouveaux témoignages pourraient encore émerger dans cette affaire sensible impliquant des enfants.
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