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Crise de l’eau
Les robinets à sec, la colère monte
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Crise de l’eau
Les robinets à sec, la colère monte
■ À Curepipe, comme dans d’autres régions des Plaines-Wilhems, des habitants déplorent des journées entières sans eau et réclament une distribution plus équitable.
Depuis lundi, plusieurs régions de Curepipe, Vacoas, Floréal et Saint-Pierre sont confrontées à des perturbations dans la distribution d’eau. Alors que certains quartiers sont approvisionnés pendant plusieurs heures, d’autres familles affirment rester plusieurs jours sans une goutte d’eau au robinet. Face à la grogne grandissante, la Central Water Authority (CWA) assure mobiliser ses équipes et son expertise pour tenter de rééquilibrer la distribution.
«À 5 heures du matin, toujours pas un filet d’eau.» À l’image de ce témoignage, les messages d’habitants confrontés à des robinets à sec se multiplient depuis plusieurs jours sur les réseaux sociaux. À Curepipe notamment, la frustration grandit face à ce que certains décrivent comme une distribution inégale entre les différents quartiers.
À Eau-Coulée, Manoj raconte avoir sollicité à plusieurs reprises la hotline de la CWA pour obtenir de l’eau. «Je suis un habitant de la Mairée, à Eau-Coulée, et j’ai appelé plusieurs fois la hotline de la CWA pour obtenir de l’eau. Jeudi, deux camions sont venus et ont distribué l’eau aux mêmes personnes, alors que ma famille est restée à attendre», déplore-t-il.
Une situation d’autant plus difficile à comprendre pour les habitants que les horaires d’approvisionnement communiqués ne correspondent pas toujours, selon eux, à la réalité sur le terrain.
Face aux nombreuses doléances, plusieurs conseillers municipaux de Curepipe se sont mobilisés afin de faire remonter les problèmes à la CWA. Julien Permal explique avoir participé à la compilation des plaintes et à l’identification des régions affectées. «On fait avec les moyens que l’on a. Avec l’aide de quelques personnes, on a compilé une liste des doléances et des régions affectées, envoyée à la CWA», indique-t-il.
Parmi les secteurs signalés figurent Rampersad Ramdin, la rue Giquel et le morcellement Baptiste. L’objectif est de permettre à la CWA de disposer d’une meilleure estimation du nombre de familles affectées et, par conséquent, des besoins en eau. «Il faut partager pour que tous puissent en avoir», insiste le conseiller. Selon lui, une meilleure coordination permettrait d’éviter qu’un même secteur bénéficie de plusieurs passages de camions-citernes alors que des familles situées à proximité restent dans l’attente.
D’autres conseillers, dont Michael Chelvan, Hervais Dieudonné et Elisa Lafolle, sont également engagés dans cette démarche.
La municipalité exige des réponses
La maire de Curepipe, Tashyana Latchmana Pillay Kuppadu, rappelle que la municipalité n’a pas autorité sur les opérations de la CWA. Son rôle consiste principalement à servir d’intermédiaire entre les habitants et l’organisme responsable de la distribution.
Elle affirme néanmoins que la situation demeure préoccupante. Dans certaines régions, des familles seraient privées d’eau depuis «10 à 11 jours». «Malgré les horaires d’approvisionnement annoncés par la CWA, de nombreux habitants ne reçoivent toujours pas d’eau lorsque les vannes sont ouvertes», souligne-t-elle.
La municipalité indique être en contact régulier avec la CWA afin de signaler les secteurs affectés et de solliciter l’intervention de camions-citernes. Elle précise toutefois ne pas pouvoir décider elle-même quelles maisons doivent être approvisionnées. La maire indique également que la CWA l’a informée de son intention d’installer des réservoirs d’environ 9 000 litres à des endroits stratégiques afin de faciliter l’accès à l’eau.
Son message à l’autorité responsable est sans ambiguïté : «Les annonces ne suffisent pas si, dans les faits, les habitants restent sans eau.»
La pression du réseau en cause
Pourquoi certains quartiers reçoiventils de l’eau alors que d’autres restent à sec ? La CWA met en avant les contraintes techniques du réseau et la baisse de la production. Selon son responsable de la communication, Sunil Gopal, les habitants des zones situées en hauteur sont particulièrement pénalisés lorsque la pression disponible ne permet pas à l’eau d’atteindre les habitations.
À cela s’ajoute une diminution importante de la production. «Par le passé, on récupérait 120 000 mètres cubes d’eau de Mare aux Vacoas, parfois même 125 000. Aujourd’hui, cela a été revu à la baisse, à quelque 71 912 mètres cubes», explique-t-il.
La configuration du réseau constitue également un facteur. Dans certains secteurs, plusieurs habitations sont raccordées au même tuyau, ce qui peut entraîner une pression insuffisante pour les maisons situées en bout de ligne. Pour tenter de contourner ces difficultés, la CWA procède actuellement à des «valve operations». Les ingénieurs isolent certains secteurs afin de permettre une alimentation successive des différentes zones.
Les réservoirs constituent également un maillon important de ce dispositif. Ils doivent d’abord être remplis avant que l’eau puisse être redistribuée avec suffisamment de pression vers les habitations.
L’expertise des anciens ingénieurs mobilisée
Consciente des difficultés rencontrées, la CWA fait également appel à l’expertise d’ingénieurs à la retraite afin de renforcer ses capacités d’analyse et d’intervention. L’objectif est de mieux identifier les points faibles du réseau et d’optimiser les opérations de distribution afin de réduire les écarts entre les différentes régions.
Reste que, pour les familles confrontées aux robinets à sec, l’attente se prolonge. Entre contraintes techniques, baisse de la production et problèmes de pression, les explications de la CWA devront désormais se traduire rapidement par des améliorations sur le terrain.
Car, pour les habitants, une seule question demeure : quand l’eau coulera-t-elle enfin de nouveau au robinet ?
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La CWA juge le régime alterné efficace à 90 à 95 %
Une semaine après l’instauration d’un régime de distribution alternée, la CWA estime que la mesure commence à porter ses fruits. Selon son directeur général, Shiam Thannoo, le dispositif affiche un taux d’efficacité de 90 à 95 %, même si certaines régions continuent de rencontrer des difficultés.
«Avant la mise en place de ce nouveau régime, de nombreux habitants restaient trois à quatre jours sans eau. Aujourd’hui, ils sont de nouveau approvisionnés», explique Shiam Thannoo, tout en reconnaissant que certains foyers subissent encore des coupures ou une faible pression.
Le régime alterné, qui prévoit une alimentation un jour sur deux dans certaines régions, concerne notamment Curepipe, Vacoas-Phoenix et Moka-Saint-Pierre. Des camions-citernes sont également mobilisés pour les secteurs les plus affectés.
En parallèle, les équipes de la CWA poursuivent les interventions sur le réseau, surtout au niveau des vannes. Les régions situées en altitude restent particulièrement vulnérables en raison des problèmes de pression. Les ingénieurs procèdent ainsi à des ajustements et à l’évacuation de l’air présent dans les canalisations afin de rétablir l’approvisionnement. «Nos équipes sont mobilisées sur le terrain à travers le pays, même pendant les heures de couvre-feu», précise le directeur général.
La CWA appelle toutefois les habitants à respecter le calendrier établi. Certains réclament des camions-citernes les jours où leur région n’est pas alimentée, alors que les ressources sont alors redirigées vers d’autres secteurs.
La CWA surveille également la situation des forages, avec des baisses de niveau pouvant dépasser 47 % dans certaines régions. La gestion de la ressource doit donc tenir compte à la fois des réservoirs et des nappes phréatiques.
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Près de 24 000 demandes reçues
La CWA prolonge, la semaine prochaine, l’enregistrement au Water Tank and Domestic Water Pump Grant Scheme dans ses bureaux à travers le pays et à son siège de Saint-Paul. L’exercice ne se fera plus par ordre alphabétique. Les demandeurs doivent se munir de leur carte d’identité nationale et d’une facture de la CWA. L’inscription en ligne est également encouragée.
À vendredi, 23 911 demandes avaient été reçues, dont 13 671 traitées manuellement et 10 240 en ligne. La CWA a commencé les vérifications. Une fois approuvés, les dossiers seront transmis à la Development Bank of Mauritius pour l’émission des bons de commande.
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