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Affaire Martingale
Les «Prison Officers» au rapport, les avocats de la famille «on edge»
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Affaire Martingale
Les «Prison Officers» au rapport, les avocats de la famille «on edge»
Me Rama Valayden, l’avocat de la famille de John Mick Martingale, a dénoncé des restrictions sur les questions lors de l’enquête judiciaire.
La séance de judicial enquiry dans l’affaire entourant la mort suspecte de John Mick Martingale, le 8 septembre 2024 à la prison de Beau-Bassin, a repris devant le magistrat Denis Vellien à la cour de district de Rose-Hill hier dans une atmosphère particulièrement tendue. Les cinq Prison Officers cités à comparaître se sont présentés à la barre cette fois-ci pour relater les faits survenus lors de la fouille. Au cœur des débats : la découverte d’un téléphone portable dans la cellule du détenu, un élément qui continue de soulever de nombreuses interrogations.
L’audience a surtout été marquée par les zones d’ombre relevées par l’avocat du bureau du Directeur des poursuites publiques (DPP), Me Ricky Bhookhun. Quant à l’avocat de la famille, Me Rama Valayden, il a dénoncé des restrictions imposées aux questions lors de l’enquête judiciaire. Celle-ci reprendra le 19 février.
Une fouille, un téléphone et une intervention rapide
Des cinq officiers pénitentiaires présents – Nundall, Lafleur, Vythilingum, Constance et Ghoorah –, seul le dernier a été interrogé par Mes Ricky Bhookhun et Rama Valayden. Le témoin a expliqué avoir repris le service le 6 septembre 2024, pour terminer le lendemain. Lors d’une patrouille au Block B, il a affirmé avoir entendu John Mick Martingale parler à voix basse. En s’approchant de la cellule, il aurait vu le détenu assis avec un téléphone portable entre les mains. Martingale lui aurait alors lancé d’un ton calme : «Tou korek.»
Conscient de la gravité de la situation, l’officier a dit avoir immédiatement alerté l’assistant surintendant de police Ramtoolah, qui aurait alors constitué une équipe composée notamment des Prison Officers Constance, Nundall et Vythilingum afin d’ouvrir la cellule et récupérer l’appareil. L’officier Constance aurait immédiatement dit : «Nou deza kone to ena portab ar twa.» Kritish Ghoorah a déclaré à la barre : «Linn ouver li an de, linn kas li.» Ce qui a davantage compliqué la compréhension des faits, selon lui. Il a ensuite demandé à l’officier Constance : «Pou ena bann konsekans?» Ce dernier n’aurait donné aucune explication. Kritish Ghoorah s’est limité à dire à la barre que John Mick Martingale lui aurait dit qu’il savait «quelles seraient les conséquences».
Zones d’ombre
C’est précisément cet épisode qui a conduit l’avocat du bureau du DPP à soulever des interrogations majeures, mettant en évidence plusieurs zones d’ombre. Me Ricky a notamment insisté sur deux points centraux : pourquoi le control room n’a-t-il pas été immédiatement informé après la découverte du téléphone ? Et surtout, si la prison avait ouvert une enquête, a-t-elle été ouverte pour déterminer comment un appareil interdit avait pu se retrouver dans la cellule d’un détenu ? Ces questions, jugées cruciales dans le cadre de l’enquête judiciaire, n’ont pas obtenu de réponses claires.
«Bizin avoka viktim poz kestion» Me Rama Valayden a vivement réagi à la tournure des échanges. Il a dénoncé ce qu’il considère comme une limitation injustifiée du droit de l’avocat de la victime à poser des questions. «Mo krwar DPP bizin revwar so pozision», a-t-il lancé, affirmant qu’il était inconcevable de restreindre l’interrogatoire dans une affaire aussi sensible. Il a rappelé que l’objectif d’une enquête judiciaire est de faire toute la lumière sur les circonstances du décès. «Ce que nous cherchons ici, c’est la vérité. Ki DPP zot per? Bizin permet avoka viktim poz kestion», a-t-il insisté.
Me Valayden a aussi souligné que de nombreuses affaires en milieu carcéral laissent souvent des zones d’ombre et que les familles n’ont pas droit à des réponses complètes. Il a rappelé que des éléments essentiels manquent toujours au dossier, notamment le rapport médical légiste de la police, le Dr Ananda Sunnassee. «Nous devons comprendre dans quelles conditions il est mort», a-t-il déclaré, appelant à une transparence totale.
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