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Monde du travail
Les entreprises face à une main-d’œuvre plus exigeante
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Monde du travail
Les entreprises face à une main-d’œuvre plus exigeante
De gauche à droite : Anya Dundoo, Jennifer de Comarmond, Nathalie Job et Safia Goolam Hossen lors du «Rendez-vous Experts».
L’association of Mauritian Manufacturers (AMM) et le label Made in Moris ont organisé, le 21 mai, dans leurs locaux à Saint-Pierre, une nouvelle session de leur programme annuel Rendez-vous Experts. L’événement s’est tenu dans le cadre d’un partenariat entre l’AMM et le cabinet Analysis, affilié à Kantar, avec le soutien financier de la Mauritius Commercial Bank.
Cette rencontre a réuni des professionnels des ressources humaines ainsi que des dirigeants de petites et moyennes entreprises (PME) et de grandes entreprises autour des mutations du monde du travail à Maurice. Les échanges ont porté sur les enjeux du management, de l’engagement, de la satisfaction et de la fidélisation des collaborateurs. Les organisateurs ont rappelé l’objectif de ces sessions : apporter des données concrètes et des analyses de terrain afin d’aider les entreprises à anticiper les transformations économiques, sociales et organisationnelles.
Dans ce contexte, un défi majeur a été souligné : la coexistence, au sein des entreprises mauriciennes, de près de cinq générations aux attentes très différentes. Selon Anya Dundoo, Head of Sustainability & Community Building de l’AMM et de Made in Moris, les pratiques ressources humaines ont ainsi dû évoluer, la rémunération ne suffisant plus, à elle seule, à répondre aux attentes des talents. Elle a déclaré que «les talents recherchent désormais le bien-être mental, la reconnaissance, la flexibilité, le sens au travail ainsi qu’un management de qualité».
Les intervenants ont également présenté WorkPulse, une étude développée par Analysis en collaboration avec l’Analysis Institute of Management. Après une première édition en 2025, centrée sur la satisfaction et les raisons de départ des salariés âgés de 20 à 55 ans, l’enquête a été approfondie en 2026 grâce à une segmentation attitudinale permettant d’identifier cinq profils de travailleurs.
Pour Nathalie Job, co-Chief Executive Officer d’Analysis, cet outil constitue un baromètre national destiné à guider les entreprises. Il permet, selon elle, de mieux se situer face aux tendances du marché, d’identifier les zones de tension et d’ajuster les politiques internes.
L’étude révèle ainsi une réalité contrastée du marché du travail. D’un côté, près d’un salarié sur cinq traverse une situation de forte insatisfaction, marquée par un mal-être professionnel et une perception de sousrémunération, avec une volonté de mobilité particulièrement élevée. À l’opposé, un quart des répondants se disent pleinement satisfaits de leur environnement professionnel, notamment dans les secteurs de l’informatique et des télécommunications.
Des trajectoires multiples
Entre ces deux extrêmes, plusieurs profils se dessinent. Une part importante des salariés se montre stable et fidèle à son entreprise, souvent avec une ancienneté élevée, même si cette stabilité s’accompagne parfois d’une satisfaction moyenne, notamment en matière de reconnaissance. D’autres, plus jeunes, affichent une forte ouverture à l’international et envisagent sérieusement une carrière à l’étranger malgré une satisfaction locale correcte. Enfin, un dernier groupe se distingue par une fragilité dans sa relation avec le management, alimentant une forte intention de départ, y compris hors du pays.
Au total, l’étude souligne une satisfaction professionnelle globalement mitigée à Maurice. Seuls 37 % des salariés se déclarent satisfaits de leurs conditions de travail, contre 29 % qui expriment une insatisfaction marquée. La question de la rémunération demeure également clivante, tout comme celle des pratiques managériales, jugées insuffisamment motivantes ou à l’écoute par une part importante des répondants.
En complément, Engaged Solutions Ltd a apporté un éclairage fondé sur les travaux de Gallup et la méthodologie Q12, confirmant l’impact direct de l’engagement des employés sur la performance des entreprises, la rétention des talents et la qualité du service.
Sa fondatrice, Jennifer de Comarmond, a rappelé le rôle des managers de proximité dans la construction quotidienne de la culture d’entreprise. Elle a également souligné le manque de formation de nombreux middle managers, ainsi que la nécessité d’adapter les pratiques de valorisation selon les secteurs, notamment dans l’hôtellerie, où l’expérience humaine joue un rôle central.
Enfin, les échanges ont mis en lumière les attentes spécifiques de la génération Z à Maurice, notamment la recherche d’inclusivité, de reconnaissance, de respect et d’équilibre entre vie professionnelle et vie personnelle. Selon Safia Goolam Hossen, Senior Research Executive chez Analysis, cette génération accepte souvent des emplois temporaires en attendant des opportunités davantage alignées sur ses aspirations, alimentant ainsi un phénomène de job hopping.
Face à ces évolutions, les intervenants ont insisté sur la nécessité de mieux préparer les jeunes au marché du travail en rapprochant davantage la formation, les attentes professionnelles et les réalités du terrain.
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