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Léon XIV met en garde contre le «paradis des machines»
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Léon XIV met en garde contre le «paradis des machines»
Les autorités estiment à 300 000 le nombre de personnes venues saluer le pape sur les grandes avenues de la ville Lumière, vendredi après-midi. © AFP
Près de 300 000 personnes se sont rassemblées, le vendredi 25 septembre, dans les rues de Paris pour accueillir le pape Léon XIV, au premier jour de sa visite de quatre jours en France. Entre l’Élysée, le siège de l’Unesco, Notre-Dame de Paris et le Stade de France, le souverain pontife a multiplié les prises de parole sur la paix, l’intelligence artificielle, la dignité humaine, la fin de vie et l’État de droit.
À son arrivée à l’aéroport d’Orly, Léon XIV a été accueilli par le président Emmanuel Macron et son épouse. À 10 heures, les cloches des églises du pays ont sonné pour marquer l’arrivée du premier pape américain en France. Il s’agit de la première visite officielle d’un souverain pontife dans le pays depuis près de 20 ans.
À l’Élysée, où il s’est exprimé en français devant de nombreux invités, dont des cardinaux, l’ancien président Nicolas Sarkozy et les anciens Premiers ministres Gabriel Attal, Jean-Pierre Raffarin et Michel Barnier, Léon XIV a notamment insisté sur la nécessité de défendre la paix.
Il a appelé le monde à être «sensible aux souffrances causées par le fléau de la guerre», tout en mettant en garde contre la prolifération des armes nucléaires. Il a également appelé la France à «demeurer un infatigable défenseur de la paix et du multilatéralisme, en particulier au sein de notre chère Europe».
Emmanuel Macron a, pour sa part, souligné l’attente suscitée par cette visite. «Beaucoup de nos compatriotes ressentent avec votre visite en France une espérance», a déclaré le chef de l’État français.
Le pape s’est également attardé sur les transformations technologiques et leurs conséquences sur les sociétés. Évoquant notamment l’intelligence artificielle et la place croissante des réseaux sociaux, il a mis en garde contre le risque de «perdre notre humanité au milieu du “paradis des machines” qui envahissent et conditionnent notre quotidien».
Selon lui, il est désormais «urgent de former les esprits à un discernement éthique». Une réflexion inspirée d’une citation de l’écrivain français Georges Bernanos, auteur en 1947 de La France contre les robots.
«Une société authentiquement libre n’impose pas l’uniformité, mais protège la diversité des consciences, en prévenant les dérives autoritaires et en favorisant un dialogue éthique», a également déclaré Léon XIV.
Un plaidoyer pour l’État de droit
Deux mois après l’adoption en France d’une loi sur la fin de vie, le souverain pontife a aussi exprimé ses préoccupations concernant certaines évolutions de la science et de la technologie. Il s’est dit «préoccupé par ces tendances de la société qui risquent de détourner la science et la technologie en entreprises lucratives, promouvant les manipulations génétiques, la gestation pour autrui, l’achat d’organes ou l’offre de mort programmée».
Dans l’après-midi, Léon XIV s’est rendu au siège de l’Unesco, où il a notamment défendu l’éducation et la diversité. Il a aussi dénoncé l’attitude de dirigeants qui, selon lui, bafouent l’État de droit.
«Au lieu de respecter la loi, ceux qui sont au pouvoir l’invoquent lorsqu’elle sert leurs intérêts et la méconnaissent lorsqu’elle les entrave, traitant même la justice comme une marchandise», a-t-il déclaré, sans citer de dirigeant ou de pays.
Le pape a également exprimé sa «confiance» envers l’Unesco, l’agence des Nations unies chargée notamment de l’éducation et de la culture. Celle-ci est confrontée à des difficultés budgétaires depuis le retrait des États-Unis décidé par le président Donald Trump en 2025. Léon XIV avait lui-même critiqué, plus tôt cette année, la guerre contre l’Iran, s’attirant les critiques du locataire de la Maison-Blanche.
Après ses engagements institutionnels, le pape est allé à la rencontre de la population. Quelque 300 000 personnes, selon le Vatican, se sont massées dans les rues de Paris pour son passage.
Le souverain pontife s’est ensuite rendu à Notre-Dame de Paris, où il a présidé l’office des vêpres devant environ 8 000 fidèles. Cette visite revêt une dimension particulière puisqu’il s’agit de la première visite papale dans la cathédrale depuis l’incendie de 2019 qui avait lourdement endommagé le monument gothique. Léon XIV a décrit Notre-Dame comme «une beauté qui parle à notre cœur inquiet».
La journée s’est poursuivie au Stade de France, où le pape a présidé une veillée devant quelque 80 000 jeunes catholiques.
La mobilisation devrait se poursuivre tout au long de son séjour. Environ 600 000 personnes se sont inscrites pour assister à la messe en plein air qui s’est tenue hier après-midi place de la Concorde, face à l’avenue des Champs-Élysées. «Ce pape dégage une paix, la paix du Christ. Pouvoir vivre ce week-end comme une oasis de sérénité, tout le monde y aspire», a déclaré à Reuters le cardinal Matthieu Rougé.
Après Paris, le déplacement conduira Léon XIV à Lourdes, dans les Hautes-Pyrénées. Aujourd’hui, il doit notamment s’entretenir avec sept victimes françaises d’abus sexuels au sein de l’Église. Cette rencontre intervient dans le contexte du rapport publié en 2021 sous la supervision de Jean-Marc Sauvé, qui avait révélé qu’environ 330 000 enfants avaient été victimes d’abus sexuels commis par des membres du clergé et des laïcs catholiques en France depuis 1950.
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