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Atterrissage du jet malgache
Le rapport officiel souligne une opération planifiée de bout en bout
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Atterrissage du jet malgache
Le rapport officiel souligne une opération planifiée de bout en bout
Le rapport d’enquête déposé par le Premier ministre, Navin Ramgoolam, à l’Assemblée nationale hier lève le voile sur le déroulement minutieux de l’atterrissage du jet privé survenu dans la nuit du 11 au 12 octobre à l’aéroport de Plaisance. Le document, signé par le secrétaire au Cabinet Suresh Seeballuck met en lumière une série de décisions prises dans l’urgence, mais révèle également une préparation antérieure laissant penser à une arrivée soigneusement planifiée.
Tout commence le samedi 11 octobre à 21 h 30, lorsque Jet Prime Ltd, opérateur du terminal privé, contacte la Direction de l’aviation civile (DCA) pour une demande d’atterrissage d’un vol de Trans Ocean Airways, initialement sous le motif d’une évacuation médicale. Cette demande évoluera en quelques heures vers une justification «touristique», puis en une requête d’urgence pour cause de manque de carburant comme indiqué par le Premier ministre lors de la Private Notice Question (PNQ).
À 21 h 58, la compagnie malgache soumet officiellement la demande du vol, suivie d’une nouvelle requête pour un vol privé non-commercial à 23 h 12. Selon la DCA, la procédure normale exige un dépôt d’au moins sept jours avant le vol, mais la requête a été acceptée après plusieurs échanges, notamment avec le contrôle aérien et le bureau de l’immigration.
Le rapport souligne un point troublant : l’appareil avait déjà décollé de Madagascar à 22 h 19, avant que la demande d’atterrissage n’ait été formellement déposée à Maurice : «Il est clair que l’avion avait déjà pris son envol alors que la demande venait tout juste d’être soumise», souligne le rapport. Face à cette situation, le contrôle aérien mauricien a demandé au pilote de rester en vol stationnaire au-dessus de l’espace aérien, le temps d’obtenir toutes les autorisations nécessaires. Le pilote a alors indiqué qu’il ne disposait que de trois heures et vingt minutes de carburant, puis a signalé que son autonomie n’était plus que d’une heure et cinq minutes, affirmant qu’il n’avait d’autre choix que d’atterrir à Maurice ou à La Réunion.
Une arrivée orchestrée
À 00 h 20, le directeur par intérim de l’aviation civile donne finalement son feu vert. Le vol est autorisé à atterrir et la permission écrite est délivrée à 00 h 28. Le Cessna Citation 560XL se pose à 00 h 44 à l’aéroport Sir Seewoosagur Ramgoolam. L’ensemble des passagers dont l’ancien Premier ministre malgache Louis Christian Ntsay, le magnat Maminiaina Ravatomanga et plusieurs membres de sa famille ainsi que les deux membres d’équipage ont ensuite été pris en charge par Jet Prime.
Le rapport consacre un chapitre à la présence de quatre personnes venues accueillir la délégation : Andry Patrick Rabetokotany, Louis Raymond Daryl Rivet, Lovanirina Ravatomanga et Gilbert Noël, ce dernier étant alors membre du conseil d’administration de Jet Prime et Airport Holdings Ltd. Ces personnes avaient obtenu l’accès au Jet Prime Lounge bien avant l’atterrissage, certains dès 22 heures. «Il est évident que l’atterrissage de l’avion était planifié», conclut le rapport, ajoutant que deux des accueillants participaient le samedi à un gala organisé à Avalon par Jet Prime.
L’Aviation civile a soumis le dossier au Bureau de l’Attorney General pour avis sur d’éventuelles poursuites contre le pilote et la compagnie Trans Ocean Airways pour non-respect des règlements. Le rapport recommande aussi qu’à l’avenir, toute demande de vol impliquant des personnalités politiques ou des situations sensibles soit soumise à l’approbation préalable du Premier ministre.
L’enquête confirme que la DCA avait été instruite de ne pas accorder d’autorisation de départ sans aval du Bureau du Premier ministre. Les conclusions officielles appellent désormais à une révision complète des procédures de vols privés à Maurice, dans un contexte où les ramifications de cette affaire dépassent largement le tarmac de Plaisance.
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