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Modernisation de l’aéroport de Rodrigues
Le projet toujours «on»
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Modernisation de l’aéroport de Rodrigues
Le projet toujours «on»
Le projet de modernisation de l’aéroport de Plaine-Corail est-il toujours d’actualité ? Alors que des interrogations circulent à Rodrigues autour du coût du chantier et de son calendrier, diverses autorités dont Airports of Mauritius Co.Ltd (AML) assurent que le dossier suit son cours.
Après la clôture de l’appel d’offres international en juin et la réception de 11 soumissions, le projet se trouve désormais dans une phase d’évaluation technique.
À Rodrigues, les regards se tournent de nouveau vers Plaine-Corail. La modernisation de l’aéroport, projet majeur pour l’avenir économique et la connectivité de l’île, n’a pas encore commencé. L’absence de première pierre, conjuguée aux interrogations sur un investissement évalué à plusieurs milliards de roupies, nourrit certaines inquiétudes.
Une source de Rodrigues estime notamment que le coût du projet, qui avoisinerait Rs 9 milliards, aurait évolué à la hausse dans le contexte international marqué par les conflits et l’augmentation des prix de certains matériaux.
Pas de signal négatif
Mais, du côté des principaux acteurs du dossier, le message est différent : le processus se poursuit. Le chef commissaire de Rodrigues, Franceau Grandcourt, affirme qu’à son niveau, il sait que le projet est toujours d’actualité. Il indique que la modernisation de l’aéroport figure parmi les sujets de discussion prévus avec le Premier ministre lors de sa visite à Rodrigues, dans le cadre de la Journée de l’autonomie, le lundi 12 octobre. Même constat pour la députée de l’Organisation du peuple rodriguais, Roxana Collet. Elle affirme n’avoir reçu aucune nouvelle officielle faisant état d’un changement de cap concernant le projet. «L’extension de l’aéroport de Rodrigues a été présentée à l’Assemblée nationale comme une priorité nationale en 2026, inscrite sur le long terme», souligne-t-elle.
Pour Roxana Collet, le calendrier doit aussi être replacé dans la dimension du projet. «La pose de la première pierre n’a pas encore eu lieu. C’est un projet de grande envergure qui s’étalera sur plusieurs années», rappelle-t-elle. L’objectif reste, selon elle, de renforcer la connectivité de Rodrigues, de créer des emplois et d’offrir des opportunités durables à la population, tout en prenant en compte les finances publiques et l’environnement.
Le dossier a connu une accélération en début d’année. Les 25 et 26 février, une centaine de représentants d’entreprises et de consortiums venus d’Europe, d’Inde, de Chine, de plusieurs pays d’Afrique continentale et de Maurice ont participé aux visites de site et à la réunion d’information organisées à l’aéroport de Plaine-Corail.
Cette mobilisation intervenait dans le cadre de l’appel d’offres international lancé pour la construction d’une nouvelle piste et des infrastructures associées. L’exercice devait permettre aux soumissionnaires potentiels de mieux cerner les contraintes techniques et opérationnelles du projet avant de préparer leurs offres.
Un intérêt international
Pour Lormus Bundhoo, Chief Executive Officer d’AML et d’Airport Terminal Operations Ltd, cet intérêt international témoignait de la portée stratégique du Rodrigues Airport Project. Le processus a été conçu selon les normes de la Banque mondiale en matière de transparence et de gouvernance.
L’appel d’offres, lancé le 8 janvier 2026 en collaboration avec Airport of Rodrigues Ltd et l’Assemblée régionale de Rodrigues, prévoyait notamment la construction d’une nouvelle piste de 2,1 kilomètres. Celle-ci doit permettre de renforcer les capacités opérationnelles de l’aéroport de Plaine-Corail et d’améliorer la desserte de l’île. Le projet ne se limite toutefois pas à la piste. Il comprend également la modernisation des équipements de navigation aérienne, l’amélioration des infrastructures de sûreté et de sécurité ainsi que plusieurs aménagements complémentaires.
Soutenu par la Banque mondiale et l’Union européenne, le projet doit ainsi contribuer à améliorer durablement la connectivité aérienne de Rodrigues et accompagner son développement économique et social.
Onze offres reçues
Le dernier point officiel majeur remonte au 7 juin. L’appel d’offres international a alors été officiellement clos. Au total, 11 soumissionnaires ont répondu à l’exercice. L’ouverture des offres techniques avait eu lieu en juin au siège d’AML, à l’aéroport international Sir Seewoosagur Ramgoolam, à Plaine-Magnien. L’exercice a été conduit par la Project Implementation Unit d’AML, en présence de représentants de plusieurs soumissionnaires locaux et internationaux.
Selon AML, les 11 offres reçues proviennent de Maurice, de l’Inde et de la Chine. La procédure prévoit deux étapes distinctes : une offre technique et une offre financière. Les propositions techniques doivent d’abord être examinées afin de vérifier leur conformité. Ce n’est qu’après cette étape que les soumissionnaires répondant aux critères techniques pourront accéder à l’évaluation financière.
Un échéancier attendu
Lormus Bundhoo se montre catégorique : «Le projet est toujours on.» Il précise qu’une délégation de la Banque mondiale se trouve actuellement à Maurice et que plusieurs réunions ont eu lieu autour du dossier. Il ajoute que cette délégation s’est également rendue à Rodrigues hier. Il confirme par ailleurs que les bids ont déjà été soumis.
Ces échanges interviennent alors que le projet entre dans une phase particulièrement attendue : celle de l’analyse des offres reçues et de la préparation des prochaines décisions. À Rodrigues, l’enjeu est désormais de connaître la suite du calendrier. La nouvelle piste et les infrastructures associées constituent un chantier de longue haleine, dont la réalisation doit se faire par étapes. Le projet reste donc au cœur des ambitions de développement de l’île. Après l’intérêt manifesté par les entreprises internationales en février et la réception des offres en juin, la prochaine échéance sera la fin de l’évaluation technique. C’est elle qui permettra de savoir quels soumissionnaires pourront poursuivre le processus et, surtout, de rapprocher le projet de sa phase concrète de réalisation
Pour Rodrigues, l’attente porte désormais moins sur l’existence du projet que sur son calendrier, son coût final et la date à laquelle les travaux pourront effectivement commencer.
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