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Banque de Maurice
Le président du syndicat visé par une nouvelle procédure disciplinaire
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Banque de Maurice
Le président du syndicat visé par une nouvelle procédure disciplinaire
Un climat tendu secoue une nouvelle fois la Banque de Maurice. Le président du syndicat des employés, Chidanand Rughoobar, fait face à une procédure disciplinaire jugée controversée, après son arrestation le 13 juillet. Entre accusations de «deux poids, deux mesures», intervention du ministère du Travail et mise en garde du syndicat, l’affaire met en lumière les fragilités du dialogue social au sein de la Banque centrale.
Depuis plusieurs semaines, un bras de fer oppose la Bank of Mauritius Employees Union (BOMEU) à la direction de la Banque centrale. Au cœur du litige : la protection de son président, Chidanand Rughoobar, une nouvelle fois dans le collimateur de l’institution. Déjà en décembre 2021, une tentative de licenciement avait provoqué un affrontement ouvert entre la direction et le personnel. En juin 2023, un premier comité disciplinaire avait été convoqué contre lui, officiellement pour avoir soumis en retard son Option Form concernant de nouvelles conditions de travail. La contestation interne avait forcé la Banque à reculer.
Cette fois-ci, c’est l’arrestation de Chidanand Rughoobar, le 13 juillet 2025, qui est à l’origine de ce nouvel épisode conflictuel. Placé sous une charge provisoire après son arrestation, il affirme avoir informé la Banque le même jour, par téléphone, le directeur de l’Accounting, le chef de la Communication et le Second Deputy Governor, de son passage devant la cour et de sa prise de congé. Le 16 juillet, il aurait ensuite envoyé un courriel officiel au directeur de l’Accounting, confirmant son arrestation et la charge provisoire qui pesait contre lui.
Malgré ces démarches, la direction de la Banque de Maurice a décidé, plusieurs semaines plus tard, de le convoquer devant un comité disciplinaire. L’argument avancé : selon les règlements internes, «If any member of the staff is involved in any civil or criminal case, it is imperative that he informs the Governor, in writing through the Head of Department, stating the full circumstances without delay.» Pour la BoM, le syndicaliste aurait manqué à son devoir d’informer «sans délai» des circonstances exactes de son arrestation.
Défense et soutien syndical
Pour se défendre, Chidanand Rughoobar a sollicité l’avocat Naabil Kaufid et le négociateur syndical Narendranath Gopee. Selon nos informations, la Banque avait initialement refusé de transmettre certains documents relatifs aux allégations, ce qui compliquait la préparation de sa défense. Ce n’est qu’après l’intervention du ministère du Travail, lors d’une réunion de la Commission de conciliation et de médiation le 21 août, que son avocat a pu accéder aux dossiers.
Naabil Kaufid souligne avoir formulé plusieurs recommandations afin que les droits de son client soient respectés, rappelant que les dispositions constitutionnelles applicables doivent également être garanties. De son côté, Narendranath Gopee met en garde la direction de la BoM : tant que l’enquête policière n’est pas finalisée, aucune sanction disciplinaire ne peut être prononcée. Une telle démarche serait, selon lui, à la fois «prématurée» et «sub judice».
Une nouvelle rencontre de suivi est prévue le 1e septembre.
Deux poids, deux mesures ?
Au-delà du cas de Chidanand Rughoobar, ce dossier soulève des questions sur l’équité des procédures internes de la Banque centrale. En juillet 2025, un employé de la BoM impliqué dans un accident mortel à Flacq n’aurait informé sa hiérarchie que deux à trois semaines après son arrestation et sa libération sous caution. Pourtant, aucune procédure disciplinaire n’aurait été engagée à son encontre pour le moment. D’où l’incompréhension : pourquoi Rughoobar, qui affirme avoir informé la Banque le jour même de son arrestation et confirmé par écrit quelques jours plus tard, est-il convoqué devant un comité disciplinaire, quand d’autres cas semblent avoir été traités différemment ? Cette différence de traitement est au cœur des interrogations et nourrit le sentiment d’un acharnement visant spécifiquement le président du syndicat.
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