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Vague d’absences à la CNT
Le nouveau système d’horaires fait éclater le conflit
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Vague d’absences à la CNT
Le nouveau système d’horaires fait éclater le conflit
■ Les perturbations sur plusieurs lignes de la CNT ont affecté des centaines d’usagers de Vacoas, lundi matin, notamment dans les régions d’Henrietta, La Marie et Glen-Park, en pleine période d’examens nationaux.
Environ 80 employés de la Compagnie nationale de transport (CNT) se sont déclarés incapables de travailler pour cause de maladie lundi, perturbant plusieurs lignes desservant notamment Henrietta, La Marie et Glen-Park. En cause : un nouveau système de planification des horaires et des heures supplémentaires, que les syndicats dénoncent comme ayant été imposé sans consultation.
Lundi matin, des autobus sont arrivés en retard et d’autres trajets ont été encore plus perturbés, surtout dans plusieurs régions de Vacoas. Les habitants d’Henrietta, de La Marie, de Glen-Park et de Berthaud sont parmi les plus touchés, en pleines épreuves du School Certificate (SC) et du Higher School Certificate (HSC).
Selon les syndicats, près de 80 chauffeurs et receveurs se sont déclarés malades, perturbant le dépôt Rémy-Ollier. La Platform Travayer Transport CNT, affiliée à la Confédération des travailleurs des secteurs public et privé (CTSP), y voit la conséquence d’un différend concernant un nouveau roster, élaboré à l’aide de l’intelligence artificielle.
Ce dispositif pilote vise à optimiser la répartition des heures supplémentaires. La direction veut rendre plus équitable l’attribution des bonus et de l’over-time. Pour les syndicats, une telle réforme ne peut toutefois être appliquée unilatéralement. Dans une lettre au directeur général, la plateforme demande la suspension immédiate du planning et une rencontre urgente. Elle affirme qu’aucune consultation n’a eu lieu, contrairement à ce que prévoit l’accord collectif de 2013.
Les syndicats disent craindre une baisse de la rémunération, une hausse des heures de travail et une déréglementation des horaires, avec des répercussions possibles sur la santé mentale des employés et la sécurité des passagers. S’appuyant sur l’article 12(3) de l’Occupational Safety and Health Act, ils préviennent que les travailleurs pourraient exercer leur droit de cesser le travail face à un danger imminent si le planning est maintenu.
Pour Reeaz Chuttoo, président de la CTSP, le problème dépasse les heures supplémentaires : c’est le dialogue social qui fait défaut. «Dans les réunions, le directeur ne laisse pas de place à la négociation et refuse même la présence des négociateurs, alors que le ministre avait demandé qu’ils soient présents.»
Selon lui, le roster s’appuie uniquement sur les dispositions légales, sans tenir compte de l’accord de 2013. «Beaucoup de travailleurs avaient accepté des compromis à l’époque en efectuant des journées de 12 heures. Aujourd’hui, on supprime une partie de ces heures supplémentaires, sans véritable consultation», affirme-t-il.
«Absences inacceptables»
Il réclame l’ouverture de négociations et une assemblée générale spéciale des employés, et rappelle la crise de 2013, qui avait débouché sur une importante mobilisation nationale dans le secteur. Ce sont les passagers qui subissent les conséquences.
Alexandre, un habitant de la région, rappelle que ces perturbations ne sont pas nouvelles. «C’est un problème récurrent sur certaines lignes de la CNT. Lorsqu’un chauffeur est absent ou qu’un autobus tombe en panne, aucun remplacement ne semble être prévu. Résultat : des trajets sont annulés et les temps d’attente deviennent très longs.» Sur les réseaux sociaux, Anil déplore que la situation survienne en pleine période d’examens.
Le ministre des Transports terrestres, Osman Mahomed, est intervenu dès lundi matin. Il indique avoir contacté le General Manager pour comprendre les retards au dépôt Rémy-Ollier et confirme que le projet pilote de planification assistée par IA pourrait être à l’origine de ces absences. Il juge l’attitude de certains employés «inacceptable» alors que des milliers de candidats prennent part aux examens de SC et de HSC. «On ne met pas en jeu l’avenir de nos enfants et les opérations économiques du pays», affirme-t-il.
En contact avec la Senior Chief Executive du ministère de l’Éducation et des ressources humaines, il précise qu’aucun incident majeur n’avait été signalé à la mi-journée. Les employés concernés devront répondre de leurs actes, ajoute-t-il, et la direction de la CNT lui a garanti un retour à la normale dès aujourd’hui. Un plan B a été envisagé : solliciter d’autres compagnies d’autobus si les perturbations se prolongeaient.
La Platform Travayer Transport CNT affirme ne réclamer ni confrontation ni grève générale, mais une rencontre officielle avec la direction. Le ministère insiste, lui, sur la continuité du service public, surtout en période d’examens. Reste à savoir si les deux parties renoueront le dialogue avant que ce différend ne se transforme en conflit social de plus grande ampleur.
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