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Lutte anticorruption

La Tanzanie vient s’inspirer du modèle mauricien

1 novembre 2026, 17:00

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La Tanzanie vient s’inspirer du modèle mauricien

Sabina Seja (au centre), directrice de la prévention de la corruption au PCCB de Tanzanie, de deux cadres de l’institution, Paschal Mhagama (à g.) et Christina Njema (à dr.)

La Financial Crimes Commission (FCC) a accueilli, du 26 au 30 octobre, une délégation du Prevention and Combating of Corruption Bureau (PCCB) de Tanzanie, dans le cadre d’une visite d’étude consacrée aux pratiques institutionnelles et aux mécanismes de lutte contre la corruption. Conduite par Sabina Seja, directrice de la prévention de la corruption au PCCB, la délégation comprenait également deux cadres de cette institution, Paschal Mhagama et Christina Njema.

Cette visite vise à permettre aux représentants tanzaniens de découvrir l’approche intégrée adoptée par la FCC, qui repose sur trois axes principaux : les enquêtes sur les délits financiers, la prévention de la corruption et le recouvrement des avoirs.

En ouvrant ses portes à ses homologues étrangers, la commission entend favoriser le partage d’expériences et de connaissances techniques dans le domaine de la lutte contre la criminalité financière.

Cette rencontre s’inscrit dans la continuité d’autres visites d’étude organisées récemment par la FCC, notamment avec des délégations d’Arabie saoudite et de Malaisie. Ces échanges contribuent à renforcer la coopération entre les institutions chargées de prévenir et de combattre la corruption à l’échelle internationale.

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Questions à… Sabina Seja, directrice de la prévention de la corruption au PCCB de Tanzanie : «Le partage d’informations permet de mieux identifier les risques de corruption»

⚫ Quels sont les principaux objectifs de votre visite à Maurice et quelles pratiques souhaitez-vous découvrir auprès de la FCC ?

Notre institution, le PCCB, intervient principalement sur trois axes : l’éducation, la prévention et la répression. Après plusieurs années de mise en œuvre de nos programmes, nous souhaitons aujourd’hui élargir notre approche en nous inspirant de l’expérience d’autres organismes, notamment celle de la FCC.

Cette visite représente une occasion d’échanger sur nos méthodes de prévention et de sensibilisation. Nous souhaitons également comparer nos pratiques en matière d’évaluation des systèmes, de formulation de recommandations et de réformes destinées à réduire les risques de corruption.

⚫ Comment le PCCB identifie-t-il les failles susceptibles de favoriser la corruption au sein des institutions publiques ?

Nous procédons à des études des procédures et des systèmes en place dans les institutions publiques afin de vérifier leur conformité aux lois et d’identifier les faiblesses susceptibles de favoriser la corruption. Nos travaux portent notamment sur la gestion des ressources et le suivi des dépenses publiques.

Lorsque nous relevons des indicateurs laissant soupçonner des actes de corruption, le dossier peut être transmis à notre département des enquêtes. Dans les autres cas, nous formulons des recommandations aux institutions concernées afin de corriger les failles identifiées et de prévenir les risques.

⚫ Comment collaborez-vous avec les autres institutions dans la lutte contre la corruption ?

Nous avons conclu plusieurs protocoles d’accord avec différentes institutions afin de faciliter la coopération et le partage d’informations. Ces échanges nous permettent notamment de repérer les signaux d’alerte, de dégager des tendances et d’identifier les secteurs les plus exposés aux risques de corruption. Nous menons également des études en collaboration avec d’autres organismes, y compris les services chargés de l’application de la loi. Cette coopération nous permet de partager nos constats et de mieux coordonner les mesures de prévention.

⚫ Comment allez-vous encourager les entreprises privées à renforcer leurs mécanismes de prévention de la corruption ?

En Tanzanie, nous disposons d’une stratégie de prévention de la corruption mise en œuvre depuis 1999 et actuellement dans sa quatrième phase. Nous accordons une importance particulière à la participation du secteur privé dans nos efforts de prévention. Il est essentiel d’encourager les entreprises à mettre en place leurs propres mécanismes anticorruption.

À cet égard, l’expérience de la FCC nous intéresse particulièrement, notamment ses rencontres régulières avec les acteurs du monde des affaires. Nous estimons qu’un dialogue structuré avec les entreprises est indispensable, compte tenu du rôle important du secteur privé dans notre économie. Nous souhaitons donc nous inspirer de cette approche pour renforcer nos dispositifs existants.

⚫ Quelles mesures avez-vous mises en place pour prévenir la corruption dans les marchés publics ?

Nous avons mené, il y a environ cinq ans, une enquête nationale portant notamment sur les marchés publics et certains services, dont le secteur de la santé. Les résultats de ces travaux nous servent à sensibiliser les responsables politiques et les différentes parties prenantes aux risques de corruption dans certains secteurs.

Nous avons également recours, de manière croissante, aux systèmes électroniques dans les procédures de marchés publics. Cette évolution vise à renforcer la transparence et à améliorer le suivi des opérations. Ces outils constituent une avancée dans nos efforts de prévention de la corruption.

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