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À l’approche de la saison des pluies
La peur des inondations grandit
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À l’approche de la saison des pluies
La peur des inondations grandit
■ La maison de la famille Ramsahye plus d’un an après l’effondrement survenu en avril 2024.
À De Conti Street, Port-Louis, les habitants vivent une angoisse devenue saisonnière. À chaque averse, la peur les envahit, ravivant le souvenir des inondations qui ont déjà englouti leurs maisons. À l’approche de la saison des pluies, les craintes se multiplient : canaux bouchés, drains insuffisants, infrastructures défaillantes.
Lundi matin, le leader du mouvement En Avant Moris, Patrick Belcourt, s’est rendu sur place pour constater de visu la situation. Dans les ruelles étroites du quartier, l’eau stagne encore. Les murs des maisons portent les marques des crues passées, comme des cicatrices d’un combat perdu d’avance. «Il y a un canal d’un côté, un autre de l’autre côté. Quand il pleut, l’eau monte vite. Même avec une petite pluie, elle entre dans la maison. Nous devons parfois dormir debout», raconte Mary-Anne, 33 ans, qui vit au bord du canal. «Il faut nettoyer, mais personne ne vient. Nous voulons juste vivre normalement, sans craindre la pluie.»
Rama, 67 ans, partage la même détresse. «Monn fatige ! Trwa zan mo pe viv koumsa. Ler lapli tonbe, mo pa kapav dormi. Nou bizin enn solision, sinon enn zour nou pou nwaye dan nou prop lakaz.»
Belcourt salue la réactivité du ministre
Patrick Belcourt, profondément ému par les témoignages, a dénoncé une «absence criante d’entretien» et une «municipalité endormie». «Ce n’est pas normal qu’en 2025, des Mauriciens vivent encore dans ces conditions. Il y a ici trois députés, dont deux ministres : Osman Mahomed et Reza Uteem. Mo dir zot dir vinn get zot dimounn !» a-t-il lancé, devant les habitants.
■ La maison de la famille Ramsahye plus d’un an après l’effondrement survenu en avril 2024.
Au lendemain de la parution de la vidéo de Patrick Belcourt, il a reçu un appel du député de la circonscription et ministre Osman Mahomed. Patrick Belcourt salue cette fois la réactivité du ministre. «Le ministre m’a contacté en moins de 24 heures après ma visite à De Conti Street. Il m’a expliqué qu’il a déjà rencontré les habitants et transmis le dossier au ministère des Infrastructures publiques et à la municipalité de Port-Louis. C’est un signe encourageant», a déclaré Belcourt.
Contacté, Osman Mahomed confirme le suivi du dossier. «Nous avons déjà rencontré plusieurs familles, dont celle des Rety, particulièrement touchées par les inondations. Nous avons identifié des blocs mal positionnés et des constructions récentes, qui obstruent le passage de l’eau. Une visite de terrain est prévue, avec la Land Drainage Authority, la Drain Infrastructure Company Limited et la municipalité de PortLouis», explique-t-il.
Le ministre ajoute qu’il collabore étroitement avec son collègue du ministère des Infrastructures publiques, Ajay Gunness, afin d’apporter des solutions concrètes avant la fin de l’année. «Ce n’est pas vrai de dire que rien n’est fait. Nous avons vu le problème sur le terrain et nous agissons. Nous allons résoudre cette situation.»
À De Conti Street, malgré les promesses, la méfiance demeure. Les habitants savent que le temps presse : la pluie viendra, c’est une certitude. Reste à savoir si, cette fois, ils pourront dormir tranquilles – ou s’ils devront encore une fois lutter contre les eaux pour sauver ce qu’il leur reste.
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