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Relations Maurice-Australie

La nouvelle haute-commissaire voudrait que l’exode des compétences mauriciennes ne soit plus un aller simple

15 avril 2024, 22:04

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La nouvelle haute-commissaire voudrait que l’exode des compétences mauriciennes ne soit plus un aller simple

La haute-commissaire Chamley a rencontré début avril la nouvelle «Ombudsperson for Children», Aneeta Ghoorah, afin d’explorer les domaines de coopération pour améliorer les droits des enfants et l’éducation inclusive.

La diaspora mauricienne en Australie forte de 25 981, dont 48,4 % d’hommes et 51,6 % de femmes, selon le recensement de l’Australian Bureau of Statistics en 2021, dispose tout un réseau de compétences. Leur contribution au développement économique des deux pays a fait l’objet d’une appréciation remarquable de Kate Chamley, lors d’une réception à l’hôtel Le Suffren en son honneur. Avec les 6 900 diplômés universitaires et les 3 720 professionnels de cette diaspora, la diplomate australienne rêve de créer une structure de relations bilatérales pour mitiger l’impact de ce capital humain qui souvent quitte nos frontières sans espoir de retour.

Il est presque impossible pour le pays de trouver une parade afin d’atténuer l’exode des compétences. Pire, Maurice attendra encore longtemps pour s’entendre dire par un des pays bénéficiaires de ces talents qu’il est disposé à faire un geste en créant les conditions pour que les compétences parties vers d’autres horizons, puissent d’une façon ou une autre retourner un pays ce qu’il a reçu avant son départ.Si un pays fait exception à cette règle, c’est l’Australie. La garantie a été donnée officiellement le jeudi 28 février à l’hôtel Le Suffren, à Port-Louis où, en présence des personnalités de l’île, dont le Premier ministre, Pravind Jugnauth, Sooroojdev Phokeer, président de l’Assemblée nationale, les représentants du monde diplomatique et de celui des affaires, la nouvelle haute-commissaire australienne, Kate Chamley,a donné une réception pour marquer sa prise de fonction à Maurice.

La possibilité d’exploiter cette piste de coopération entre les deux pays figure en pole position à son agenda, a-t-elle déclaré dans son intervention.«Les personnes les mieux à même de contribuer à l’émergence de nouvelles structures de relations bilatérales, entre Maurice et l’Australie,ce sont justement les personnes de ces deux pays déjà actives dans des réseaux de connexion. L’Australie est chanceuse car elle a accueilli la deuxième diaspora la plus peuplée originaire del’île Maurice – une population de 30 000 individus. Je réitère devant vous l’engagement que j’ai pris solennellement devant le président de la République de Maurice, Prithvirajsing Roopun, le jour où j’ai eu l’immense honneur de lui présenter mes lettres de créance. Il s’agit d’un ardent désir de ma part de repérer les possibilités devant nous permettre de tirer parti de leur expertise au profit de dans une nouvellestructure de relations bilatérales.»

Avec quelque 3 720 professionnels et 6 900 détenteurs de diplômes universitaires, il n’est pas interdit d’imaginer que la diaspora mauricienne en Australie dispose des compétences requises pour que la nouvelle haute-commissaire australienne puisse traduire dans les faits sa détermination à mettre en route une nouvelle avenue de coopération bilatérale aux termes desquels Maurice pourrait voir l’investissement réalisé pour le départ des Mauriciens en quête d’un meilleur avenir obtienne un retour.

Parmi les domaines de coopérationdans lesquels l’Australie maintiendra son positionnement actuel, figurent, entre autres, l’éducation, le commerce, l’économie bleue et le dérèglement climatique. Le rôle que les anciens diplômés des universités australiennespeuvent jouer pour renforcer les liens entre les deux pays est la mise en place de nouveaux types de partenariats avec la participation de délégués mauriciens auxtravaux d’un programme sur l’économie bleue et le rôle que peuvent jouer les écosystèmes océaniques côtiers – plantations de mangroves, marais salés ou herbiers marins par rapport à leur capacité à dégager de l’atmosphère du dioxyde de carbone, ce gaz naturel qui participe au réchauffement de l’atmosphère.

Cependant, Kate Chamley a clairement laissé entendre qu’avec son installation à Maurice, son pays refuse de jouer aux abonnés absents dans cette région du monde tant convoitée par les grandes puissances. Elle dira que ce n’est pas un hasard si son pays a accepté d’organiser en janvier les travaux de la septième édition de la Conférence de l’océan Indien, qui lui a d’ailleurs permis d’effectuer le voyage Plaisance/Perth un jour après avoir présenté ses lettres de créance au président Roopun, en sa compagnie et celle de Maneesh Gobin, ministre des Affaires étrangères.«Tout comme Maurice, devait-elle souligner, l’Australie est fière de son rôle de gardien des eaux de la région océan Indien. Nous avons des intérêts communs dans cette région du monde. Pour la simple et bonne raison que la prospérité, la paix et la possibilité de conserver notre capacité de rebond face aux imprévus sont sérieusement menacées. Nous assistons aujourd’hui à l’émergence d’une dangereuse situation qui fait que le secteur mondial de l’alimentation et celui de la production énergétique subissent des pressions sans précédent. Les guerres et les tensions peuvent aboutir au déclenchement des conflits généralisés occasionnant des souffrances humaines insupportables et des exodes à grande échelle. Des crimes perpétrés au-delà des frontières nationales et le terrorisme sont des éléments qui constituent un véritable défi tant pour la sécurité que pour la prospérité économique de la région. Les campagnes de pêche frauduleuse fragilisent l’économie bleue. La circulation de drogues illicites menace nos populations. Que dire du changement climatique qui provoque des situations extrêmes et l’érosion côtière ? D’ici 50 ans, Maurice aura perdu la moitié de ses plages des effets de l’érosion côtière. Puisqu’en Australie et à Maurice, nous sommes confrontés aux mêmes problèmes, c’est ensemble que nous devrions repérer les solutions appropriées. L’Australie tout comme Maurice souhaite vivement que la région indopacifique soit une zone de paix régie par des règlements et des normes où les nations qui en font partie peuvent coopérer, établir des relations commerciales et prospérer.»

Quelques éléments des relations bilatérales

– La mise en place en 1803 d’un accord formel pour des échanges de produits, de services et de personnes ;

– La coopération dans le domaine de l’éducation renforcée en mai 2018 avec le premier campus australien (Curtin Mauritius) en Afrique et la création

– une grande première dans cette partie du monde du Centre of Ocean and Earth Science and Technology; – L’enregistrement d’une centaine de compagnies australiennes dans le secteur mauricien du Global Business ;

– Le programme de recherches pour la collaboration entre experts des deux pays dans les domaines de la santé, de l’agroindustrie, de la pêche, du genre, de la gestion des zones côtières et de la sécurité marine ;

– Chaque année, plusieurs tonnes de léginepêchées par l’Austral Fisheries et l’Australian Longline Pty Ltd sont transformées sur le territoire mauricien.

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