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Tensions à travers le pays

La facture économique reste à établir

16 octobre 2026, 19:00

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La facture économique reste à établir

Les pertes économiques liées aux troubles, aux pillages et aux incendies de ces derniers jours pourraient dépasser le coût des destructions visibles. Au-delà des dégâts matériels, le ralentissement de l’activité commerciale, les difficultés rencontrées par les entreprises et les répercussions possibles sur le tourisme et les investissements compliquent l’évaluation de leur impact.

Pour l’observateur économique Imrith Ramtohul (photo), il est encore trop tôt pour en chiffrer l’ampleur. Rapporter le produit intérieur brut (PIB) annuel au nombre de jours de perturbation ne permettrait pas d’obtenir une estimation fiable, expliquet-il. Si les dommages directs peuvent être recensés, les pertes liées au ralentissement de l’activité nécessiteront une évaluation plus approfondie.

Le commerce de détail figure parmi les secteurs touchés. Les établissements pillés doivent faire face à des pertes de marchandises et d’équipements. D’autres commerces pourraient également subir une baisse de fréquentation et des dépenses des consommateurs. Les petites et moyennes entreprises sont particulièrement vulnérables, leur capacité à absorber des pertes imprévues étant plus limitée, souligne Imrith Ramtohul.

La filière sucrière pourrait, elle aussi, subir les répercussions des incendies de champs de canne. Les conséquences ne se limiteraient pas aux récoltes détruites, mais pourraient également concerner la production de sucre, la génération d’électricité à partir de la bagasse et les recettes d’exportation, précise l’observateur économique. L’étendue des superficies brûlées sera déterminante pour évaluer l’ampleur des pertes.

Par ailleurs, les perturbations des transports compliquent le fonctionnement des entreprises : la réduction des horaires d’autobus, l’arrêt anticipé de certains services et la suspension du Metro Express limitent les déplacements des employés. «Les activités qui nécessitent une présence physique, notamment l’industrie manufacturière, l’hôtellerie, la construction et la logistique, sont particulièrement exposées. La fermeture des établissements scolaires complique aussi l’organisation des parents qui doivent concilier travail et garde des enfants», indique-t-il. Le télétravail permet à certaines entreprises de poursuivre leurs activités, mais cette solution ne convient pas à tous les métiers et peut entraîner une baisse de productivité.

Indemnisations à verser

Le tourisme constitue un autre secteur exposé aux répercussions des troubles. Même si les principales zones fréquentées par les visiteurs ne sont pas directement touchées, la diffusion d’images des événements à l’étranger pourrait affecter la perception de Maurice comme destination touristique. «Maurice a consacré plusieurs décennies à construire sa réputation de destination sûre et stable», rappelle-t-il. Un éventuel report des séjours pèserait sur les hôtels et les restaurants, mais aussi sur les transporteurs, les opérateurs touristiques et les petites entreprises tributaires des dépenses des visiteurs. Les compagnies d’assurance devront, de leur côté, évaluer les dégâts et les indemnisations à verser. «L’ampleur des sinistres pourrait avoir des répercussions sur le coût des assurances», estime Imrith Ramtohul.

Sur le marché boursier, le SEMDEX reculait d’environ 0,50 % à la mi-journée du 15 octobre par rapport à son niveau du 12 octobre. Il reste toutefois difficile d’établir un lien direct entre cette évolution et les troubles. La durée de l’instabilité pourrait en revanche peser sur les décisions d’investissement, certains investisseurs étant susceptibles de reporter leurs projets si la situation devait se prolonger, prévient l’observateur économique. L’enjeu dépasse les fluctuations boursières. La réputation de Maurice comme juridiction stable et favorable aux affaires a contribué à attirer les investissements, notamment dans les services financiers. «Une perception d’instabilité persistante pourrait influencer les décisions des entreprises, des investisseurs et des partenaires internationaux», avertit-il.

Les finances publiques devraient également supporter des dépenses supplémentaires liées aux opérations de sécurité, aux interventions d’urgence, au nettoyage des sites touchés et à la réparation des infrastructures endommagées. Maurice a déjà traversé des chocs économiques, des catastrophes naturelles et des crises mondiales, rappelle l’observateur économique. Le coût total des troubles ne pourra toutefois être établi qu’après l’évaluation des dommages matériels et des pertes subies par les différents secteurs.

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