Publicité

Travail des femmes et emploi des étrangers

La CTSP hausse le ton

13 février 2026, 10:22

Par

Partager cet article

Facebook X WhatsApp

La CTSP hausse le ton

■ Les dirigeants de la CTSP lors de leur conférence de presse à Rose-Hill, hier

La Confédération des travailleurs des secteurs public et privé (CTSP) a donné le ton, hier, lors de sa première conférence de presse de l’année tenue à Rose-Hill. Plusieurs dossiers brûlants ont été mis sur la table, notamment les conditions de travail des femmes et la question sensible de l’emploi des travailleurs étrangers.

D’entrée de jeu, la secrétaire de la CTSP, Jane Ragoo, est revenue sur une visite effectuée dans une usine de thon à Port-Louis. Elle dénonce des conditions jugées inacceptables. «La majorité des employés sont des femmes. Elles ne reçoivent ni uniformes ni bottes ni équipements de protection. Lorsqu’elles insistent, on leur fait comprendre que la porte est grande ouverte», affirme-t-elle. Elle a soutenu que l’entreprise, dirigée par un étranger, appliquerait des pratiques qui sont en contradiction avec la législation mauricienne et recruterait essentiellement des travailleurs étrangers.

Jane Ragoo a également évoqué la situation préoccupante des employées du secteur de la voirie, toujours transportées dans des camions, malgré des démarches entreprises depuis plus de 13 ans auprès de l’Occupational Safety and Health Administration. «Elles sont exposées à toutes sortes de dangers», déplore-t-elle.

Autre inquiétude : la révision annoncée de trois lois du travail touchant notamment les employées de la sécurité, des pré-primaires et des day care centres. Selon la syndicaliste, la suppression des Remuneration Orders au profit du National Minimum Wage Council constituerait «un recul pour des milliers de femmes», déjà cantonnées au salaire minimum.

Main-d’œuvre à bas coût

De son côté, Shayn Sinnassamy a pointé du doigt le recrutement de travailleurs étrangers via l’Economic Development Board, contournant selon lui le ministère du Travail. Il a affirmé que le seuil salarial requis serait passé de Rs 90 000 à Rs 22 500, facilitant ainsi l’importation de main-d’œuvre à bas coût. Il a aussi évoqué des cas présumés d’abus contractuels et des conditions de logement précaires.

Le président de la CTSP, Reeaz Chuttoo, estime que cette politique fragilise l’emploi local. «De moins en moins de Mauriciens trouvent du travail. Il faut des priorités d’embauche pour les travailleurs mauriciens», a-t-il martelé, dénonçant une «surexploitation» de la main-d’œuvre étrangère. La CTSP envisage des actions légales, y compris devant la Cour suprême ou des instances internationales.

En marge de ces revendications, la confédération appelle la population à une rencontre le 7 mars à RoseHill, en prélude à la Journée internationale des droits des femmes, afin de sensibiliser aux enjeux soulevés.

Publicité