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Roche-Bois

La CDU retire quatre enfants à leur mère après un article dans «The Times»

4 février 2026, 04:00

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La CDU retire quatre enfants à leur mère après un article dans «The Times»

Photo d'illustration.

Une intervention de la Child Development Unit (CDU), accompagnée de policiers du poste d’Abercrombie, a bouleversé une famille de Roche-Bois en début de semaine. Quatre enfants ont été retirés de la garde de leur mère et emmenés pour observation à l’hôpital, une décision qui, selon la principale concernée, ferait suite à un article publié récemment dans le journal britannique The Times.

L’intervention a eu lieu le matin du lundi 2 février au domicile de cette mère de cinq enfants. Quatre d’entre eux – âgés de 8 ans, 7 ans, 1 an et 6 mois – vivaient avec elle dans une petite maison louée à Roche-Bois. Selon son récit, deux policiers lui ont rendu visite à son domicile, pour voir l’état de la maison après avoir pris connaissance de l’article paru dans The Times. Ils lui ont d’abord demandé de les accompagner au poste de police avant de lui annoncer que ses enfants seraient retirés de sa garde en raison de soupçons de négligence.

La jeune femme, d’origine chagossienne, explique avoir récemment livré un témoignage à un journaliste anglais, dans lequel elle décrivait sa précarité, ses difficultés quotidiennes et son combat pour offrir un avenir meilleur à ses enfants. Elle estime aujourd’hui que ses confidences auraient été interprétées comme des signes de maltraitance.

Dans sa maison, elle explique faire face depuis quelque temps à une infestation de punaises de lit, qui aurait envahi matelas et meubles. Un grand nettoyage avait été entrepris. Le jour de l’intervention, sa fille de huit ans était à l’école et son fils de sept ans, souffrant de diarrhée, était resté à la maison. Elle s’était brièvement rendue à la boutique du quartier, laissant les enfants sous la surveillance d’une tante.

«Mo pa maltret mo bann zanfan»

À son retour, un attroupement s’était formé devant son domicile. Les officiers de la CDU et les policiers lui auraient ordonné de les accompagner. Au poste, elle apprend que ses enfants, considérés comme «maltraités», seraient conduits à l’hôpital pour observation. La fillette de huit ans a également été récupérée à l’école. Les autorités auraient par ailleurs tenté d’emmener un adolescent de 14 ans, frère de la jeune femme, mais les proches s’y sont opposés.

La mère, en état de choc, affirme avoir tout fait pour subvenir aux besoins de ses enfants malgré la misère. «Mo mizer me mo fer tou pou mo bann zanfan. Mem avek dipin, diber pistas, mo avoy zot lekol pou zot gagn zot ledikasion. Mo pa maltret mo bann zanfan. Mo al travay dan lakaz dimoun, mo amenn mo bann zanfan avek mwa. Zame zot pann res san mwa», confie-t-elle en larmes. Elle soutient qu’elle n’hésite pas à contracter des crédits à la boutique du coin pour que ses enfants ne manquent de rien. «Mo pran kredi dan laboutik pou mo zanfan pa mank nanye», insiste-t-elle.

La scène du départ des enfants aurait été particulièrement éprouvante. «Mo tifi inn ris mo linz ziska li finn desire. Mo bann zanfan finn plore ziska nepli kapav. Mo ti pe donn baba sis mwa tete ankor. Kouma zot ena leker pou fer sa? Dimounn ki maltret zot zanfan pa gagn nanye, dimoun ki fer zefor ki pey lepo kase», lance-t-elle.

Profondément affectée, la jeune femme affirme que la douleur a été telle qu’elle aurait tenté de mettre fin à ses jours, avant d’être retenue par ses proches. Elle dit également craindre pour l’état psychologique de ses enfants, notamment sa fille aînée. «Mo tifi 8 an pe kriye, pe plore, pe dir mwa li pou mor, li pou swiside», rapporte-t-elle, visiblement bouleversée.

Une source au niveau du ministère affirme qu’une plainte du voisinage a été enregistrée et que les autorités ont fait le nécessaire afin de prendre en charge les enfants. Elle explique que deux des enfants, admis à l’hôpital, sont sous traitement.

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