Publicité
Conférence de presse du MSM
Joe Lesjongard estime que la NCA est «une menace pour les libertés individuelles»
Par
Partager cet article
Conférence de presse du MSM
Joe Lesjongard estime que la NCA est «une menace pour les libertés individuelles»
■ Le MSM reproche au gouvernement de n’avoir pas pris de mesures pour soutenir la population par rapport au coût de la vie en hausse.»
Le Mouvement socialiste militant (MSM) a consacré l’essentiel de sa conférence de presse d’hier au National Crime Agency Bill. Le parti orange s’en prend à un texte qui placerait, selon lui, la future agence «sous la coupe du Premier ministre et menacerait les libertés individuelles». L’accord sur les Chagos et la hausse annoncée des carburants ont aussi été abordés.
Le président du MSM, Joe Lesjongard, a opposé le discours du gouvernement sur la liberté au contenu du projet de loi. Quelle liberté reste-t-il au citoyen dans ce texte, s’est-il demandé. Il estime que la future agence ouvrira la voie à «un système où la population pourrait être placée sur écoute et où le chef du gouvernement disposerait des pleins pouvoirs pour s’en prendre à qui il veut», d’où la parodie d’anagramme de la NCA en «Navin Chandra Agency». Pour le MSM, ce sera une institution «pour persécuter la population».
La réforme touche neuf législations dont un amendement à la Constitution. Joe Lesjongard, affirme que le texte «officialise la dictature dans la République» et qu’il «va à l’encontre des droits garantis par la Constitution». Pour lui, ce projet de loi ne doit pas être voté. Il a interpellé les députés de la majorité en leur disant qu’ils devront assumer leurs responsabilités, faute de quoi «ils se rendront complices» de ce qu’il qualifie de «plus grand crime contre les libertés du pays».
Qui contrôlera le directeur général ?
Le parti vise aussi la tête de l’agence. Selon ce projet de loi, le directeur général (DG) sera choisi par le Premier ministre, à l’issue d’un entretien devant un panel réunissant le chef du gouvernement, l’Attorney General, le secrétaire au Cabinet et la Secretary for Home Affairs. Le chef du gouvernement fixerait aussi ses conditions d’emploi. La conclusion du MSM est que c’est le Premier ministre qui contrôlera le directeur général.
Le texte prévoit que le DG de la NCA soit nommé par le président de la République sur avis d’un Independent Advisory Panel de cinq membres, après consultation avec le Premier ministre et le leader de l’opposition, pour un mandat de quatre ans renouvelable une fois. Son poste serait inscrit dans la Constitution, et il ne pourrait recevoir d’instructions d’aucune personne ni d’aucune autorité. Sa révocation passerait par un tribunal composé d’anciens juges. Toute modification de ses pouvoirs exigerait une majorité des deux tiers à l’Assemblée nationale. Le parti orange dit «soutenir la lutte contre la fraude, la criminalité et la corruption», mais réclame que l’agence opère dans le respect de l’indépendance des institutions et dans la transparence.
Interrogé sur la possibilité pour la NCA d’écouter les conversations téléphoniques des citoyens, Joe Lesjongard affirme que l’agence pourra le faire sur instruction. Le projet de loi prévoit des pouvoirs d’enquête numérique, dont l’interception du contenu des communications, la collecte en temps réel des données de trafic et la surveillance intrusive. Ces mesures seront encadrées par un Surveillance and Interception Code of Practice, qu’une agence intérimaire chargée de préparer la NCA devra rédiger. Le parti a rappelé que par rapport aux leaks de Missie Moustass, depuis deux ans, il réclame une commission d’enquête mais qu’à ce jour, elle n’a toujours pas été instituée.
Sur les Chagos, Joe Lesjongard a rappelé qu’un accord de principe avait été conclu en octobre 2024 sous le précédent gouvernement. Selon lui, la renégociation engagée depuis par l’actuel régime «n’a rien apporté, sinon de l’argent dépensé et du temps perdu». Le traité signé en mai 2025 n’a pas été ratifié par le Parlement britannique, et Donald Trump l’a critiqué. Pour l’ancien leader de l’opposition, un nouveau gouvernement doit, en démocratie, «poursuivre le travail engagé plutôt que de tout reprendre».
Par rapport au coût de la vie, le MSM reproche au gouvernement de «n’avoir pris aucune mesure de soutien depuis le début de la crise au Moyen-Orient», contrairement à d’autres pays. D’après ses informations, une nouvelle hausse des prix des carburants se prépare. Une augmentation du diesel se répercuterait, selon lui, dans les semaines suivantes sur l’ensemble des produits, dans un contexte qu’il juge «insupportable» pour la population. Il rappelle au pouvoir les promesses faites lors des élections.
Le projet de loi sur la NCA sera débattu à la reprise des travaux de l’Assemblée nationale, le 20 octobre.
Publicité
Publicité
Les plus récents