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Boursier à Boston

Jazzy Christophe cherche les moyens de poursuivre le rêve américain

9 avril 2026, 18:00

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Jazzy Christophe cherche les moyens de poursuivre le rêve américain

Il y a la bonne nouvelle. Notre compatriote Jazzy Christophe a été sélectionné parmi 20 étudiants internationaux pour le Master of Music in Global Jazz au Berklee College of Music à Boston aux États-Unis. C’est dire à quel point il brille à un niveau aussi compétitif. Lui, une jeune pousse de Mo’zar Espace Artistique, qui bourgeonne déjà depuis trois ans au pays de l’Oncle Sam.

Et puis il y a la moins bonne nouvelle : si la bourse complète pour ce master couvre entièrement les frais de scolarité, reste à financer les dépenses courantes pendant une année d’études. Selon les calculs de l’étudiant mauricien, pour 12 mois, ces dépenses courantes grimpent jusqu’à un total de 24 000 dollars, environ Rs 1,1 million. La rentrée est en septembre prochain.

Si les parents de Jazzy Christophe soutiennent de tout cœur les progrès de leur fils, ils n’ont pas les moyens de l’aider financièrement dans cette filière d’études musicales. Son père est éboueur, sa mère est dans le jardinage. Des sponsors ont soutenu l’étudiant en musique pour son Bachelor’s degree à Berklee et Jazzy Christophe leur en est infiniment reconnaissant. Par exemple : «ils m’ont énormément aidé pour que j’arrive à payer le loyer durant la troisième année». Mais face à la nouvelle demande de soutien pour poursuivre les études, des parrains ont expliqué qu’ils sont maintenant dans l’incapacité de continuer à l’aider.

Après la bourse pour la licence en Music Management, Jazzy Christophe a eu la bourse pour le master, qui est orienté vers l’utilisation de la musique pour plus de justice sociale. Ce qui rejoint totalement ce que fait Mo’zar Espace Artistique. Un cursus qui comprend la partie théorique, en plus des recherches historiques. Jazzy Christophe a proposé, comme projet de fin d’études, un album qui se penchera sur le Morne et l’histoire de l’esclavage et du marronnage. «J’avais postulé auprès d’autres institutions pour le master mais Global Jazz était ma première option. Ma mission en tant que musicien c’est d’utiliser la musique pour rendre le monde meilleur. Je suis moi-même un produit de cela.»

Mission ? Là où d’autres parlent de passion, l’étudiant musicien constate : «plis mo grandi, plis mo trouv li kouma enn zouti ki Bondie finn donn mwa pou ed lezot. Mo bizin servi li kouma bizin». Conviction partagée au téléphone, par-delà le décalage horaire. À midi à Boston, il est 20 heures chez nous. Dans son cas, la musique l’a «aidé» à parcourir la longue route de Batterie-Cassée à Berklee. «Je veux aussi utiliser la musique pour empêcher des jeunes de tomber dans des fléaux».

Durant l’examen d’entrée pour le master, l’une des questions qui lui a été posée était : «est-ce que je voulais devenir un ambassadeur entre Maurice et Boston ? Ma mission c’est d’amener notre culture au niveau international.» Il a fait écouter des morceaux de Kaya et d’Antonio Perrine à des camarades américains sur le campus. Il n’a pas été peu fier de voir un camarade américain reprendre l’une de ces mélodies sur les réseaux sociaux. «Beaucoup ici n’ont jamais entendu parler de Maurice. Tou kou mo bizin dimann zot ki zot nivo zeografi. Est-ce qu’ils connaissent l’Afrique ? Est-ce qu’ils voient où est Madagascar ? Sak kou mo bizin explike. Si quelqu’un ici connaît Maurice, je suis surpris.»

La surprise passée, il a complété le Bachelor’s degree en trois ans au lieu de quatre, parce que «vivre à Boston c’est extrêmement cher». La règle veut que les étudiants internationaux n’aient pas le droit de travailler en dehors de l’école qu’ils fréquentent. Lui-même a été Usher au Berklee Performance Centre, la salle de concert de l’école. Ce qui consiste à vérifier les tickets de concerts, à identifier les spectateurs qui filment la prestation alors qu’ils n’en ont pas le droit.

Pour le master, le programme dure un an. «C’est plus intensif.» Va-t-il continuer de travailler au sein de l’école pendant cette nouvelle année d’études ? «J’aurais le droit de le faire mais je ne sais pas si j’aurais le temps de le faire vu que le master, qui est habituellement un programme de deux ans, se fait en un an. C’est la culture de la côte est, surtout New York, qui est connue pour travailler très dur.» La rentrée est prévue en septembre. C’est en mai 2025, qu’il avait obtenu le Bachelor’s degree. Autre question posée lors de l’examen d’entrée au master : comment est-ce que l’étudiant gère son stress ? Point fort de Jazzy Christophe, il a toujours été discipliné. Grâce à l’exemple de ses parents, Dan et Véronique, euxmêmes disciplinés, affirme leur fils.

Pour en arriver là, il y a surtout une méthode de travail. «Je note tout ce que j’ai à faire et le temps alloué à chaque activité. Je m’y tiens». Il a lu avec application Atomic habits : An easy & proven way to build good habits & break bad ones de James Clear. Ainsi que The Art of Laziness: Overcome Procrastination & Improve Your Productivity. «Ces livres m’ont aidé à analyser mon comportement, à identifier ce qui me détournait de ce que j’avais à faire.» Comme les réseaux sociaux et le temps plus ou moins long perdu sur le portable. «La nuit, avant de me coucher, j’efface toutes les applications de réseaux sociaux de mon portable. Je vérifie ma check list pour m’assurer que tout ce qui était prévu a bien été fait. Ce n’est que là que je m’autorise à aller sur les réseaux sociaux.»

Plus de Rs 1 million pour vivre un an à Boston

Les frais pour les cours sont offerts par Berklee. Mais Jazzy Christophe doit, pour son année de master, payer pour l’alimentation, le loyer, le transport, les factures d’électricité, d’eau, de gaz etc. Selon les calculs de l’étudiant, pour 12 mois, ces dépenses courantes font un total de 24 000 dollars, environ Rs 1,1 million.

Pour accepter la bourse qui lui a été proposée, l’étudiant doit s’acquitter d’un «acceptance deposit» de 2 500 dollars, d’ici le 1er mai, ce qui fait Rs 117 550.


La solidarité s’organise

Une soirée pour soutenir le saxophoniste Jazzy Christophe, est prévue le 28 avril prochain à la Distillerie Saint-Antoine. Une formule de jazz cocktail à partir de18 h 30. Pour la bonne cause, la participation a été fixée à Rs 4 000 par personne Tous les bénéfices iront directement à Jazzy Christophe, indique l’organisateur. Pour réserver votre place : inscrivez-vous à l’adresse: https://lu.ma/1llxjwhp. Effectuez votre virement bancaire à : MCB - Numéro de compte : 000445660236 Référence : Jazzy + Votre Nom + Nombre de personnes (ex : Jazzy Marie 2) La réservation ne sera confirmée qu’après réception du paiement. Vous pouvez également ajouter un don à votre virement si vous le désirez.

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