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Private Notice Question
Inflation : «10% sous le MSM, 3,5% aujourd’hui», dit Michaël Sik Yuen
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Private Notice Question
Inflation : «10% sous le MSM, 3,5% aujourd’hui», dit Michaël Sik Yuen
Joe Lesjongard, leader de l’opposition, et Michaël Sik Yuen, ministre du Commerce au Parlement hier.
Le coût de la vie a dominé la Private Notice Question (PNQ) adressée par le leader de l’opposition, Joe Lesjongard, au ministre du Commerce, Michaël Sik Yuen hier. Face à une inflation persistante et à une population fragilisée par la hausse généralisée des prix, l’opposition a réclamé des éclaircissements sur l’utilisation des Rs 2 milliards injectées dans le Price Stabilisation Fund, sur l’évolution attendue des prix des produits essentiels et sur l’état du panier de consommation au 31 octobre 2025.
Dans sa réponse liminaire, le ministre Sik Yuen a replacé la situation dans un contexte qu’il a qualifié de difficile, imputant la dégradation des indicateurs économiques à la gestion de l’ancienne administration. Selon lui, la dette publique aurait bondi de 43% en cinq ans et atteint plus de 83% du produit intérieur brut (PIB) à la mi2024, tandis qu’un audit indépendant aurait mis en lumière des manipulations budgétaires portant le déficit réel à 5,7% du PIB. Il a évoqué un enchaînement de «voodoo economics» et d’opacité qui aurait fragilisé la roupie, déjà affaiblie par les tensions internationales, la hausse des taux américains, et la flambée des importations de produits alimentaires et pétroliers. Michaël Sik Yuen a rappelé que la Banque de Maurice avait dû intervenir à plusieurs reprises pour contenir la glissade de la monnaie, alimentant une inflation sévère à la fin de 2024.
Un programme de Rs 10 milliards
Face à ces difficultés, le nouveau gouvernement a mis en place un Price Stabilisation Fund doté d’un budget initial de Rs 2 milliards pour l’année fiscale en cours dans le cadre d’un programme de Rs 10 milliards. Ce fonds sert notamment à financer un dispositif de remboursement sur cinq produits essentiels : les huiles comestibles, le lait en poudre, le fromage transformé, le lait infantile et les couches pour bébés. Une première phase pilote de six mois, démarrée le 26 août, repose sur une subvention fixe calculée à partir des prix de référence établis entre 2021 et 2025, considérée comme la période de prix la plus faible. Le gouvernement rembourse ainsi 60% de la différence entre les prix actuels et ce benchmark, avec l’objectif de réduire les prix en rayon de 18% à 28% selon les produits.
Pour les mois d’août à octobre, Rs 186 millions ont déjà été engagées, dont Rs 73 millions effectivement déboursées par la Mauritius Revenue Authority, qui gère le mécanisme de remboursement. Pour la période d’octobre à décembre, les décaissements prévus s’élèvent à Rs 197 millions. Le fonds couvre également une subvention destinée à maintenir le prix du pain, coûtant Rs 47 millions sur la période close en octobre, pour une projection annuelle de Rs 448 millions. Le ministre a précisé les montants de subvention appliqués : Rs 50 par kilo de lait en poudre, Rs 15 par litre d’huile, Rs 55 pour 900 g de lait infantile, 50 sous par couche et Rs 10 pour 250 g de fromage transformé.
Michaël Sik Yuen a affirmé que ces mesures avaient déjà produit des effets concrets, citant une baisse de 5,8% sur l’huile de soja, 5% sur les fromages transformés, 5,5% sur les laits infantiles et les couches, et jusqu’à 24,2% sur le lait en poudre au moment de l’intervention initiale. Il a également souligné l’impact de la suppression de la taxe sur la valeur ajoutée (TVA) sur plusieurs denrées, dont les légumes surgelés, entraînant selon lui une diminution moyenne de 9% des prix. Il a rappelé qu’au total, 43produits sont soumis à un mécanisme de contrôle des prix à Maurice et 36 à Rodrigues.
Concernant les trois prochains mois, le ministre a indiqué que les prix des produits de base devraient rester globalement stables grâce à la baisse internationale des prix du riz, du blé et du sucre, respectivement de 38%, 10% et 17%. Toutefois, il a mis en garde contre les tensions persistantes sur les produits laitiers, les huiles et certaines viandes, reflétées par les données de la Food and Agriculture Organization qui montrent une hausse de 6,6% du lait, 10,5% des huiles et 9,7% des viandes. Il a estimé que le panier moyen des ménages restait «globalement stable» au 31octobre 2025, les interventions gouvernementales ayant empêché une augmentation qui, selon lui, aurait été «significative» sans les subventions. Le ministre a insisté sur les autres mesures visant à améliorer le pouvoir d’achat : paiement d’un 14e mois aux salariés gagnant jusqu’à Rs 50 000, baisse de Rs 5 sur le diesel et de Rs 7,75 sur le Mogas, ainsi que la gratuité ou la réduction des coûts de certains services publics.
Les échanges ont ensuite pris un ton plus vif. Joe Lesjongard a affirmé que la population «en a marre» du coût de la vie. Il a accusé les mesures budgétaires du gouvernement, notamment la révision du seuil d’enregistrement à la TVA ou encore les changements dans les allocations de la Contribution sociale généralisée, d’aggraver les difficultés des ménages. Le leader de l’opposition a demandé si le ministère du Commerce avait fait une étude d’impact, ce que le ministre n’a pas confirmé, mais a affirmé que son ministère «surveille en permanence» les prix sur le marché. Joe Lesjongard a également évoqué des scènes fréquentes dans les supermarchés où «des gens laissent des produits aux caisses faute de pouvoir payer». Michaël Sik Yuen a répliqué que ces situations justifient précisément les mesures de suppression de la TVA et les subventions introduites.
Joe Lesjongard a aussi questionné l’efficacité de la subvention sur le lait, dont le prix a récemment augmenté malgré l’intervention de l’État. Le ministre du Commerce a défendu sa position en citant les prix actuels de plusieurs marques – Farmland, Snowy et Anchor – qu’il a comparés à ceux pratiqués sous l’ancien gouvernement, affirmant que les prix sont globalement plus bas aujourd’hui. Il a également rappelé que les marges sur le lait sont déjà plafonnées. Le leader de l’opposition a ensuite interrogé le ministre sur la réforme annoncée concernant l’importation parallèle de médicaments, censée faire baisser les prix. Ce dernier a assuré que le dossier avance et qu’il sera présenté au Cabinet après une réunion interministérielle prévue la semaine prochaine. Il a souligné que les médicaments figuraient déjà parmi les produits soumis à un maximum mark-up.
Le leader de l’opposition estimant que «la population ne va pas manger seulement du lait», la séance s’est poursuivie avec une question sur les coûts de la viande, du poulet, du poisson et des conserves. Le ministre a répondu qu’une deuxième liste de produits subventionnés, en cours de finalisation avec les associations de consommateurs et le ministère des Finances, sera prochainement annoncée. Interrogé par la députée Stéphanie Anquetil sur le niveau d’inflation, Michaël Sik Yuen a rappelé les chiffres de 2022 et 2023 – l’inflation oscillait alors entre 10% et 12% –, les comparant au taux actuel, qui varie entre 3,1% et 3,5% depuis juillet 2025. Il a affirmé que ces chiffres démontrent une tendance au ralentissement de l’inflation depuis l’arrivée du nouveau gouvernement.
La séance s’est achevée sur un engagement du ministre à publier prochainement la nouvelle liste de produits devant bénéficier du Price Stabilisation Fund, après validation du Cabinet.
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