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Interview

Inesh Shankar Narayanan : «Maurice a le potentiel pour devenir un pays aussi dynamique que Singapour»

3 juillet 2025, 16:30

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Inesh Shankar Narayanan : «Maurice a le potentiel pour devenir un pays aussi dynamique que Singapour»

Inesh Shankar Narayanan, étudiant de Stanford

Inesh Shankar Narayanan, élève en dernière année du Programme du diplôme du baccalauréat international à Northfields International School, a été admis à l’université de Stanford, aux États-Unis. Il prévoit d’y suivre des études en systèmes terrestres et en économie, deux domaines qui reflètent ses engagements pour la préservation de l’environnement et le développement social. Auteur de plusieurs ouvrages, dont un consacré à la conservation des tigres, il a également contribué à des projets de restauration des coraux et dirigé des actions environnementales au sein de son établissement.

? Qu’avez-vous ressenti en apprenant la nouvelle de votre admission ?

J’ai ressenti une immense joie et une excitation immédiate. C’était presque irréel car j’attendais ce moment depuis que j’avais découvert Stanford quand j’étais très jeune. Recevoir cette lettre m’a aussi rempli de gratitude envers tous ceux qui m’ont soutenu tout au long du processus d’admission aux universités américaines.

? Vous avez choisi de combiner les filières «Earth Systems» et économie. Qu’est-ce qui vous attire dans le lien entre l’environnement et le développement socio-économique ?

Pour faire avancer la conservation, je pense qu’il faut explorer des solutions basées sur le marché. Ces deux domaines sont étroitement liés : les enjeux environnementaux ont souvent des répercussions économiques et les décisions économiques influencent l’environnement. Cette interdépendance ainsi que la possibilité d’utiliser la théorie économique pour résoudre des problèmes environnementaux m’attirent particulièrement dans cette combinaison unique.

? Vous avez déjà écrit un livre sur la conservation des tigres, participé à la restauration des récifs coralliens et publié des recherches. D’où vous vient cet engagement profond pour la nature ?

Mon engagement vient avant tout de mon amour pour les animaux, qui remonte à mon enfance. La photographie animalière a renforcé cette passion. Mes visites dans différents parcs nationaux et l’observation des interactions harmonieuses entre les espèces m’ont montré la richesse de la nature. En regardant mes photos, j’éprouve le besoin de préserver ces interactions pour les générations futures, ce qui motive mon travail sur de nombreux projets.

? Parlez-nous d’un projet environnemental que vous avez mené et qui vous a particulièrement marqué. J’ai participé à la campagne anti-plastique dans mon école à Maurice et cela m’a beaucoup marqué.

Cette initiative a montré comment la lutte contre les problèmes environnementaux rassemble les gens. Pendant cette campagne, beaucoup apportaient des bouteilles en plastique à recycler et faisaient plus attention à ne pas jeter leurs déchets, ce qui était encourageant à voir.

? Vous avez étudié le français et appris le mandarin en autodidacte. Quelle importance accordez-vous à l’apprentissage des langues dans votre parcours ?

L’apprentissage des langues a été essentiel dans mon parcours académique et personnel. La communication est primordiale aujourd’hui. Chaque année, je rencontre des personnes de cultures différentes, mais c’est la langue qui nous permet de nous comprendre et de nous connecter.

? Stanford vous a admis comme étudiant «undeclared» (sans spécialisation déclarée) mais vous semblez déjà avoir des centres d’intérêt clairs. Avez-vous une vision de votre carrière à long terme ?

Pour l’instant, je songe à créer une entreprise à l’intersection de la durabilité et de la finance. Mais je veux d’abord explorer ces domaines en profondeur à Stanford pour mieux définir mon projet.

? Pensez-vous revenir après vos études ? Si oui, dans quel rôle souhaitezvous contribuer au pays ?

Je crois que Maurice a le potentiel pour devenir un pays aussi dynamique que Singapour et j’aimerais participer à ce développement.

? Comment voyez-vous l’avenir de Maurice ? Qu’appréciez-vous ici et que souhaiteriez-vous voir évoluer ?

Même si je suis citoyen américain, je vois un bel avenir pour Maurice. J’aime faire de la plongée sous-marine et observer la diversité de la vie aquatique locale.

? Quelles priorités Maurice devraitelle adopter pour mieux faire face aux défis du changement climatique ?

Maurice devrait collaborer avec d’autres îles et pays vulnérables pour trouver des solutions et sensibiliser surtout les plus gros pollueurs aux conséquences du réchauffement climatique. Le pays réalise déjà de beaux projets environnementaux. Il faut continuer à innover et à chercher des solutions originales face à ces grands enjeux.

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