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«Master plan» dévoilé

Île-aux-Bénitiers : un bijou écologique en reconstruction

31 octobre 2025, 08:30

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Île-aux-Bénitiers : un bijou écologique en reconstruction

La vision du plan directeur pour la zone récréative de l’île-aux-Bénitiers.

«A place where environmental protection, community livelihoods, and sustainable tourism will coexist in harmony.» Telle est la vision du master plan pour l’île-aux-Bénitiers, présenté, hier, par le Deputy Prime Minister, Paul Bérenger, entouré des ministres Shakeel Mohamed, Rajesh Bhagwan et Richard Duval. Le document trace les contours d’un développement durable pour cette île emblématique du sud-ouest, longtemps victime de dérives touristiques, d’installations illégales et de dégradations environnementales.

Le master plan pour l’Île-aux-Bénitiers se veut avant tout une réponse aux désordres accumulés au fil des années. Jadis livrée à elle-même, l’île a connu jusqu’à 171 structures illégales et près de 4 000 visiteurs par jour en période de pointe. Aujourd’hui, le gouvernement veut transformer ce site en un modèle de coexistence entre la nature, la culture et le tourisme responsable. Le master plan propose une approche globale : restaurer les écosystèmes, encadrer les activités économiques et renforcer la gouvernance environnementale, tout en assurant la pérennité des moyens de subsistance des opérateurs locaux.

Selon Paul Bérenger, «il faut se rappeler dans quel état se trouvait l’île-aux-Bénitiers avant que le gouvernement ne décide de fermer le site pour des travaux afin de remettre de l’ordre. L’environnement était ruiné, la sanitation était une honte». Le projet marque donc un tournant vers une gestion intégrée, où l’accès à l’île, les infrastructures et la fréquentation seront strictement contrôlés. Il a été préparé par la Planning Division du ministère du Logement et des terres, en collaboration avec les ministères de l’Environnement, de l’Agro-industrie, du Tourisme, de la Santé et des Infrastructures nationales.

Le document s’appuie sur une série de documents stratégiques : la National Development Strategy(NDS), le Planning Policy Guidance (PPG) et l’Outline Planning Scheme* du district de Rivière-Noire, qui garantissent que les futurs aménagements seront conformes aux critères d’écotourisme durable et de conservation des habitats sensibles. Le plan définit une recreation zone de 15 A 43P sur l’ouest de l’île – environ 65 000 m2, où seront concentrées les activités touristiques et commerciales. Les zones restantes seront classées special reserve et placées sous la responsabilité du National Parks and Conservation Service, afin d’assurer la protection des plantes endémiques, des oiseaux migrateurs et des zones humides.

Propositions et concepts

La vision du plan repose sur l’harmonie entre la nature et l’humain; une île où les récifs coralliens, la faune et la flore prospèrent grâce à des infrastructures résilientes; où les opérateurs vivent de leurs activités sans compromettre l’équilibre écologique ; et où les visiteurs découvrent un espace d’éducation et de contemplation plutôt qu’un simple lieu de loisirs. Cette vision s’articule autour de cinq principes : intégrité écologique, tourisme à faible impact, adaptation climatique, valorisation culturelle et gouvernance partagée. Les objectifs traduisent cette philosophie dans l’action : rationaliser les activités économiques ; intégrer des solutions basées sur la nature ; préserver le patrimoine culturel et artisanal ; et assurer un équilibre entre développement et conservation.

Le plan prône une régulation stricte à travers un système d’e-ticketing à La Gaulette, permettant de limiter le nombre de visiteurs et d’éviter la surfréquentation qui avait autrefois provoqué l’érosion des plages et la pollution du lagon. La planification place l’Île-aux-Bénitiers dans la continuité de la stratégie nationale de développement durable. Les politiques de la NDS encouragent des infrastructures écologiques, des structures démontables et des systèmes énergétiques autonomes, tels qu’installations solaires hors réseau et collecte des eaux pluviales.

Le PPG, de son côté, insiste sur la participation communautaire et la valorisation du patrimoine local. Ces principes trouvent une application concrète dans la configuration du projet. Le document identifie d’ailleurs les forces et faiblesses du site à travers une analyse SWOT. Les atouts sont nombreux : emplacement stratégique face au Morne classé à l’UNESCO, accessibilité depuis le littoral et biodiversité unique. Mais les défis restent majeurs : vulnérabilité aux changements climatiques, dépendance logistique de la terre ferme, manque d’infrastructures sanitaires et risques d’érosion côtière. Le plan anticipe ces contraintes en prévoyant des mesures d’adaptation, telles que structures amovibles résistantes aux cyclones, politiques de replantation d’espèces indigènes et seuils de fréquentation adaptés à la capacité écologique de l’île.
WhatsApp Image 2025-10-30 at 16.42.41.jpeg Le master plan se décline autour de quatre grandes zones complémentaires. La beachfront zone, espace de détente et de promenade, sera aménagée avec des structures légères et amovibles – transats, parasols en bois, zones de repos – tout en maintenant une bande côtière libre de toute construction à 15 mètres du rivage. La service zone, en retrait, accueillera kiosques à barbecue, boutiques d’artisanat, aires de restauration et un amphithéâtre destiné à des représentations culturelles et folkloriques. La sea-based zone intégrera une jetée flottante facilitant l’embarquement des visiteurs et un mouillage écologique pour les bateaux touristiques, tandis que l’eco-park zone, cœur vert du projet, proposera un sentier botanique, un étang naturel, des panneaux interactifs, un observatoire et des espaces pédagogiques dédiés à la faune et à la flore.

Le plan accorde une attention particulière à la gestion des déchets et à la prévention de l’érosion. Des zones de compostage seront aménagées à l’arrière de l’île, tandis que des panneaux solaires et des citernes permettront d’assurer une autonomie énergétique et hydraulique. Les toilettes sèches, déjà installées à titre expérimental, seront renforcées et doublées pour répondre à l’afflux de visiteurs. La réussite du projet dépendra également de la participation communautaire. Les habitants de La Gaulette, les artisans et les opérateurs seront associés à la mise en œuvre et la gestion de la zone récréative.

Paul Bérenger a annoncé la création d’un organisme interministériel chargé non seulement de superviser l’île-aux-Bénitiers, mais aussi de coordonner la gestion d’une dizaine d’autres îlots autour de Maurice. Le ministère de l’Environnement préparera en parallèle un plan de gestion globale pour ces sites afin d’harmoniser les politiques de préservation et de tourisme durable. Pour le ministre du Logement et des terres, Shakeel Mohamed, ce projet symbolise «la fierté d’une nation qui veut reconstruire ses îles de manière exemplaire et durable». Il a salué le travail des fonctionnaires et des techniciens qui ont contribué à élaborer le plan, tout en rappelant que «les îles n’appartiennent pas à notre génération, mais à celles qui viendront après nous».

La mise en œuvre du plan se fera par phases. La première portera sur l’installation des infrastructures essentielles – jetée flottante, accès contrôlé, signalétique interactive et réseau d’énergie solaire. La seconde phase développera l’eco park et les zones de services, tandis que la dernière visera la restauration complète des zones naturelles et la consolidation de la gouvernance environnementale.

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