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Délégation malgache à Maurice

Harry Laurent Rahajason refait surface après des années de détention

11 février 2026, 14:20

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Harry Laurent Rahajason refait surface après des années de détention

La ministre malgache de la Justice, Fanirisoa Ernaivo, avait tenu un point de presse la semaine dernière, à l’ambassade de Madagascar à Floréal. Dans sa délégation officielle, une présence n’est pas passée inaperçue : celle de Harry Laurent Rahajason, plus connu sous le nom de Rolly Mercia. L’ancien ministre de la Communication et de la culture, aujourd’hui directeur de la communication de la présidence de la Refondation de la République de Madagascar, occupe également un rôle stratégique en tant que directeur de l’information d’un groupe lié à la transition malgache.

Sa réapparition dans l’actualité intervient à un moment particulier : Rolly Mercia vient tout juste de retrouver la liberté, après avoir passé plus de six ans derrière les barreaux. Un retour discret, mais symbolique pour une figure dont le parcours, entre médias, pouvoir et détention, continue de susciter interrogations et débats à Madagascar.

Son histoire est celle d’un homme de médias devenu figure politique, puis prisonnier au cœur d’un long feuilleton politicojudiciaire qui a profondément marqué Madagascar. Avant d’entrer au gouvernement, Rolly Mercia s’était construit une réputation dans le monde des affaires. En 2007, il devient directeur général du groupe Sodiat, un conglomérat malgache composé d’une vingtaine de sociétés actives dans plusieurs secteurs stratégiques. C’est à cette époque qu’il comprend l’importance des médias dans un pays où les rapports de force politiques et économiques se jouent aussi dans l’opinion publique. «Il faut des organes de presse, pour faire écran face aux attaques, face aux abus possibles», confiera-t-il. C’est ainsi qu’il participe à la création du journal La Vérité, dont le fonctionnement aurait été financé par l’homme d’affaires Mamy Ravatomanga. Il quittera officiellement ses fonctions au sein du groupe Sodiat, en 2015. «J’ai vu le trafic, les magouilles. Je ne voulais pas être impliqué là-dedans. Je me suis dégagé», aurait-il confié à des proches, prenant ses distances de certains cercles d’influence.

2009 : rupture et entrée en politique

Ancien journaliste de renom, Rolly Mercia a progressivement gravi les échelons du pouvoir jusqu’à devenir directeur de la communication de la présidence durant la Transition, avant d’être nommé ministre de la Communication en 2011. Son passage au gouvernement prendra fin en 2014, lorsqu’il est limogé de ses fonctions ministérielles.

Proche d’Andry Rajoelina à ses débuts, il est ensuite désigné viceprésident du parti MAPAR, poste qu’il quittera en 2015, marquant une première rupture politique. En avril 2017, Rolly Mercia change de camp et rejoint le clan du HVM. Il effectue alors un retour remarqué au ministère de la Communication sous le régime du président Hery Rajaonarimampianina, confirmant un parcours politique fait d’alliances successives et de repositionnements stratégiques.

Détention longue et controversée

Le 16 juillet 2020, Rolly Mercia est arrêté. Il sera condamné à 44 mois de prison ferme pour atteinte à la sûreté de l’État, rébellion et attroupement non autorisé sur la voie publique. Une seconde condamnation viendra prolonger son incarcération : 30 mois supplémentaires pour «faux témoignage», dans une affaire liée à une enquête du Parquet national financier en France, impliquant Mamy Ravatomanga.

Au total, l’ancien ministre aura passé six ans et cinq mois en détention, purgeant l’intégralité de ses peines sans remise, ni grâce présidentielle. Sa récente sortie de prison s’est faite dans la discrétion. Aucun rassemblement massif, seule la présence de sa famille et de quelques proches. Rolly Mercia a quitté Antanimora dans le respect des procédures.

Un symbole, une bataille

Pour ses soutiens, Rolly Mercia incarne le visage d’une justice instrumentalisée. Ils dénoncent une vengeance politique et économique, notamment liée à son rôle de témoin dans des dossiers sensibles en France. Le nom de Mamy Ravatomanga revient régulièrement dans les récits autour de cette affaire. Puissant homme d’affaires, considéré comme proche du président Andry Rajoelina, il aurait été visé par des enquêtes pour blanchiment et fraudes fiscales. Son état de santé, fragilisé par la maladie durant sa détention, aura également suscité de nombreuses inquiétudes.

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