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Gratuité pour les foyers modestes et multi-propriétaires

6 octobre 2025, 04:00

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«On ne bâtit pas une loi en trahissant ceux qu’elle doit protéger.»

Moi qui m’exprime souvent sur l’importance de l’identification des chiens à Maurice, puisqu’il s’agit de la loi la plus essentielle pour le contrôle de la population canine, j’ai à plusieurs reprises attiré l’attention du ministère concerné sur la nécessité d’appliquer cette loi avec prudence et par phases, à travers des campagnes massives d’enregistrements mais gratuites afin d’éviter des abandons forcés. Pourtant, aucune suite n’a jamais été donnée.

Dans un pays déjà confronté à un grave problème de chiens errants, l’application précipitée et mal planifiée de cette loi risque aujourd’hui de pousser encore plus de personnes à abandonner leurs animaux.

Rendre le système gratuit

Les frais liés à l’enregistrement s’élèvent actuellement à Rs 350 par chien, ce qui peut rapidement devenir un fardeau pour beaucoup. Par exemple, une personne ayant dix chiens devrait payer Rs 3 500. Cette mesure ne doit pas être perçue comme punitive, mais comme un soutien à la responsabilisation des propriétaires. Il ne faut pas mettre les propriétaires sous pression.

À l’occasion de la Journée mondiale des droits des animaux, je relance un appel à l’honorable ministre Arvin Boolell afin d’instaurer un système d’enregistrement gratuit, au moins pour les foyers à faibles revenus et pour ceux qui possèdent plusieurs chiens. De nombreuses familles, notamment des personnes âgées, font déjà face à des contraintes financières ou de transport pour leurs chiens (chiens malades, âgés, agressifs ou simplement stressés pendant le trajet). Le recours à un pet taxi, par exemple, peut coûter entre Rs 500 et Rs 2 500 selon la distance. C’est pourquoi, en plus de la décentralisation des services d’enregistrement, je propose également la mise en place d’un service porte-à-porte gratuit.

Stockage de données

Par ailleurs, dispose-t-on aujourd’hui d’une véritable plateforme numérique pour stocker les données des chiens et de leurs maîtres ? En 2024, la Mauritius Society for Animal Welfare avait pourtant numérisé le système d’enregistrement afin de faciliter les démarches et le recensement, mais ces outils digitaux ont été mis de côté, forçant un retour au papier, un support fragile, facile à égarer et contenant en plus des informations privées. Retrouver un document papier est plus difficile et plus long que d’accéder à une base de données numérique. Et s’il y avait un incendie, que deviendraient ces archives ?

Conclusion

Il fallait agir dans le bon ordre : mettre d’abord en place une plateforme numérique et accompagner ceux qui peinent à s’y conformer à la loi, avant d’imposer la règle.

Au lieu d’une période de deux mois, il serait préférable de prévoir une transition plus longue avant toute application stricte de la loi, afin de laisser aux propriétaires le temps de s’adapter et de favoriser une adhésion progressive au système.

D'ailleurs, le gouvernement avait-il prévu un plan B en cas d’abandons massifs de chiens de compagnie, à la suite non seulement de l’annonce de cette loi stricte, mais aussi de celle d’une amende de Rs 100 000 en cas de non-conformité ?

Et le bien-être des chiens dans tout ça ? Admettons qu’il existait des refuges pour les accueillir, on ne peut pas se permettre d’inciter, même indirectement, à l’abandon. Penser ainsi serait irresponsable. Les chiens ne sont pas des objets. Un abandon soudain provoque une détresse émotionnelle immense, du stress, de la peur, de la confusion et de l’anxiété. On ne bâtit pas une loi en trahissant ceux qu’elle doit protéger. Une vraie politique de bien-être animal doit prévenir l’abandon, pas le provoquer.

Car rappelons-le, le problème de l’errance animale n’est pas un problème de chiens, mais bien un problème causé par l’humain.

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