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La Constitution en Kreol
Faites entrer les juristes
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La Constitution en Kreol
Faites entrer les juristes
La prise de position de la speaker, Shirin AumeeruddyCziffra, vendredi, au sujet de l’introduction éventuelle du Kreol au Parlement, a donné un coup de fouet au projet.
Le train est en marche. Maintenant que la traduction de la Constitution en Kreol Morisien est terminée – une copie a été remise officiellement à la speaker, Shirin Aumeeruddy-Cziffra, le vendredi 21 février, à l’occasion de la Journée internationale de la langue maternelle -, quelle est la prochaine étape ? C’est précisément d’obtenir la validation juridique du texte.
Le projet entre dans sa troisième phase : la vérification légale, indique Béatrice Antonio-François du département Kreol Repiblik Moris au Mauritius Institute of Education (MIE). Un appel à manifestation d’intérêt avait déjà été lancé fin 2024, pour la «validation populaire» de la version en Kreol. «Même si l’utilisation de la Constitution concerne davantage les spécialistes dans le domaine légal, il était essentiel que les citoyens de la République donnent aussi leur opinion sur la traduction.» Une expression of interest qui a aussi servi à trouver des voix pour enregistrer la Constitution en format audio. Au cours de la consultation populaire, des personnes avec «une formation légale» ont envoyé leurs retours sur la version traduite. Suite à ces retombées, une liste préliminaire de techniciens à contacter a été établie. «Par exemple, le junior minister aux Affaires étrangères, Rajen Narsinghen (NdlR: ancien senior lecturer en droit et responsable du département de droit à l’université de Maurice de 2015 à 2023) a déclaré vendredi qu’il souhaitait contribuer à cette démarche.»
Il s’agit maintenant de constituer une équipe de personnes-ressources – légistes, constitutionnalistes etc. – pour se concentrer sur la validation juridique. «Cela peut aussi être des profils avec une formation en droit mais qui ne pratiquent pas.» Béatrice Antonio-Françoise souligne que «tout se fait sur une base volontaire. Ce qui signifie que les choses prennent un peu plus de temps». Cela veut aussi dire que le travail sera aménagé selon que certains souhaitent travailler sur un aspect du document ou sur la Constitution en Kreol dans son intégralité. «Toutes les contributions sont bienvenues.»
La prise de position de la speaker, vendredi, au sujet de l’introduction éventuelle du Kreol au Parlement a donné un coup de fouet au projet.
Pour sa part, Arnaud Carpooran, président de la Creole Speaking Union, rappelle que la traduction de la Constitution en Kreol fait partie d’un vaste projet d’avancement de la langue. Le volet traduction de la Constitution n’est qu’un élément dans un projet de recherche intitulé Promoting Institutional Democracy through Language Access in Kreol Repiblik Moris and Digital Innovation, financé par la Higher Education Commission. «Il était important de faire le point de la situation avec les changements politiques récents dans le pays.» Maintenant que les positions ont été précisées, que ce soit notamment sur le Kreol Morisien au Higher School Certificate, comme médium d’enseignement et le Kreol au Parlement, le travail académique «doit s’accélérer». Par exemple, au sein du comité responsable de déterminer quels sont les mots qui sont unparliamentary ou la traduction des Standing Orders, en incluant ceux de l’Assemblée régionale de Rodrigues.
Speech to text : le pallier de 90 % de précision atteint
Le «bonzour tou dimounn» d’Arnaud Carpooran transformé en «zour tou dimounn». Si ce petit raté de la démonstration du «speech to text», le vendredi 21 février, prête à sourire, il raconte tout le parcours pour entraîner des intelligences artificielles à retranscrire à l’écrit, l’audio en «Kreol». C’est Baby Gobin, «associate professor» à l’université de Maurice, qui dirige l’équipe informatique qui planche sur le volet «speech to text». Elle travaille à partir de documents écrits et audio fournis par l’équipe linguistique pour développer des applications «pour le text to speech aussi, le sentiment analysis, qui est bien complexe pour le Kreol parce que tous ne savent pas encore écrire le Kreol selon la graphie officielle». Le travail de l’équipe informatique doit aussi tenir en compte que «le Kreol comporte un mélange de français et d’anglais, ce qui est plus difficile que de travailler avec une seule langue bien établie».
Après avoir entamé la recherche sur une base volontaire, le projet a obtenu des financements de la HEC, il y a trois ans. «Les premiers prototypes de transcriptions datent d’il y a sept ans. Au début, c’était catastrophique», explique Baby Gobin. «Avant, si un mot n’existait pas dans les données fournies à l’IA, il n’y avait pas de transcription. Avec les nouvelles IA génératives, il y a quand même quelque chose qui est transcrit, même si ce n’est pas toujours exact.» Autre avancée : tous les types de voix sont désormais reconnues par l’IA, affirme Baby Gobin. «Nous sommes passés d’une précision de 60 % à 70 % à une précision de 90 %. C’est un gros accomplissement.»
Tous ceux intéressés par la validation juridique de la Constitution en Kreol peuvent se faire connaître à l’adresse: [email protected]
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