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Kronik KC Ranzé

Éraflures

17 août 2025, 05:30

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Éraflures

Quoi que l’on puisse dire, M. Bérenger, DPM, n’a pas la langue de bois, même s’il s’est au moins retenu sur les questions géopolitiques concernant les puissances nucléaires… reconnues, modestement, être d’une autre ligue ! Cependant, y compris là, sa pensée était à peine voilée…

C’est tout à son crédit !

Dans sa conférence de presse de mardi, il m’a convaincu qu’il n’y avait pas de favoritisme personnel direct pour les nominations de sa fille Joanna, de Dany Perrier ou de Frédéric Curé. Pas de dynamique dynastique donc, ce qui n’exclut pas, d’autre part, que ceux qui ont pris les décisions ‘derrière son dos’ (le PM, Bhagwan/Gunness) aient voulu lui ‘faire plaisir’…

Être membre d’un parti n’est certes pas un critère de disqualification. J’ai d’ailleurs déjà argué que, tant que le cycle partisan n’est pas irrémédiablement mis de côté, on ne peut pas logiquement, à la fois être pénalisé/écarté quand l’adversaire est au pouvoir ET, par esprit progressiste, se pénaliser/se mettre à l’écart quand son propre parti est en charge… Cependant, nommer pour seuls services rendus au parti, n’est pas crédible.

Dans le cas de Curé, qui n’a certes, rien à se reprocher personnellement, il faudrait comprendre comment, après huit mois de pouvoir, il n’a toujours pas été possible au parti du ‘changement’ de mettre sur pied un Appointments Committee ou même une Authority, inspiré par le modèle seychellois que Bérenger admire ! Ils sont 24 ministres, 10 Junior Ministers et je ne sais combien de conseillers bien outillés, sinon bien payés, quand même… Pas assez ?

Un Appointments Committee arrive, nous affirme Bérenger. Oui, mais quand ? Après que toutes les nominations qui comptent seront déjà faites ? Allons bon… Ça va encore traîner…

Il faudrait aussi comprendre comment Rajesh Bhagwan et Ajay Gunness finissent par être les mieux éclairés pour sélectionner un Chairperson pour AHL! Ils étaient mandatés par qui d’ailleurs ? Leur présence dans la hiérarchie MMM ne suggère-t-elle pas que ce n’est pas le plus compètent que l’on cherchait, mais plutôt celui qui était ‘jugé’ le plus méritant à l’intérieur du seul carcan MMM, ce qui est quand même bien différent ?

C’est vrai que ce n’est pas un poste exécutif, mais un Chairman d’une holding aussi importante que celle d’AHL (c’est le 2ᵉ conglomérat local après tout!) méritait quelqu’un de plus d’envergure, et d’expérience et surtout un individu avec une maîtrise financière pour guider et/ou ne pas se laisser emberlificoter. Un individu comme Megh Pillay, Sushil Kushiram… ou Sithanen, par exemple ? M. Curé est sans doute un militant sincère et dévoué, qui veut contribuer au progrès de son pays et qui n’accepte pas ce poste pour se remplir les poches, mais il n’est pas, d’évidence, «parfaitement qualifié pour ce poste».

Et me voilà sans doute devenu un pseudoquelque chose…

Ces deux conférences de presse de Bérenger illustrent aussi le fait normal que l’on discute dur à l’intérieur de l’Alliance du changement et que l’on n’y est pas toujours d’accord, ce qui gonfle inévitablement la voilure de ceux qui prient pour une cassure. Ils pourraient être déçus!

En effet, Ramgoolam et Bérenger sont dans leur dernier tour de piste, devraient vouloir léguer du tangible et savent pertinemment bien qu’une cassure viendrait donner à Pravind Jugnauth la Seule victoire qu’il pourrait encore revendiquer apres la débandade de novembre dernier : soit celle de pouvoir se vanter d’avoir prévenu contre l’instabilité intrinsèque de cette alliance et de leur incapacité à jamais travailler en bonne intelligence…

Une cassure entre Ramgoolam et Bérenger leur serait très dommageable et les mèneraient à un héritage de chiffonniers ineptes, incapables de donner préséance à leur pays, quand confrontés à leurs ego surdimensionnés… Ce serait pitoyable !

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Il y a quelques dimanches de cela, on se partageait ici même quelques idées agricoles innovantes pouvant éventuellement faire démarrer des exportations pour des jeunes entreprenants : thé matcha, fruit de Cythère, avocat et algues.

J’ai été ravi d’apprendre depuis qu’on expérimente déjà avec les noix macadamia chez AGRITERRA et que le FAREI s’apprête à vendre des semences de quinoa qu’il a produites. Cependant le temps n’est jamais, comprenons-le, un facteur accommodant… AGRITERRA fait sa première récolte de 200 kilos cette année, ayant planté 1 500 arbres… en 2019. Il serait intéressant de savoir d’Agriterra à quelle cadence ces plantations vont progresser nationalement. Quant au FAREI, le quinoa, au cycle de production bien plus court, est chez eux… depuis 2019 aussi. Pas assez de temps pour en vendre maintenant sur le marché local ?

Il faut aussi saluer le projet de plantation de bambou de Sen Carooppunnen. Le bambou ce n’est un produit ni pour l’exportation (du moins pas encore !) ni pour nourrir le pays, mais le projet est d’en faire un substitut au charbon et, contrairement aux copeaux de bois envisagés jusqu’ici, le ‘Beema bamboo’ sera produit localement. L’idée coche des cases cruciales d’un avenir énergétique vert : c’est du renouvelable (on récolte tous les ans et les souches dureraient 40 ans), cela fera des économies aux importations et la valeur calorifique du ‘Beema’ serait apparemment équivalente à celle du charbon ; encore que des tests en chaudière ne semblent pas avoir été faits jusqu’ici. Le projet pilote de plantation semble être à Rose-Belle SE.

Un bémol cependant. M. Carooppunnen disait dans une vidéo de 2022 qu’il était soutenu par une banque australienne pour des projets en Australie, en Inde et aux Philippines. Ce lundi dans l’express, il disait être financé par le Vassili group de Londres pour un investissement éventuel de Rs 20 milliards et plus. S’il se réfère à la compagnie enregistrée No 12415876 à la Companies House de Londres, celle-ci est dissoute depuis le 26 décembre 2023… C’est embêtant, pour une idée qui mériterait d’être portée plus loin.

Une circonstance idéale pour l’intervention d’un Finance Angelstructurant ?

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Quelques vérités économiques de base. L’une des conséquences logiques d’une baisse de la consommation pour un fabriquant/distributeur/commerçant c’est aussi d’essayer de maintenir ses profits en augmentant ses marges!

C’est le même phénomène qui se met en place quand le gouvernement contrôle les prix ou les marges : pour juste maintenir l’ordinaire, c.-à-d. le profit déjà établi par le passé, le vendeur tentera de se ‘retrouver’ en augmentant les marges de profit sur les produits non contrôlés. Autre conséquence possible : quand les produits à prix ou à marge contrôlés mettent en péril la rentabilité même d’une opération, le risque encouru est la discontinuation du commerce de ce produit particulier. Ce qui pose alors le défi de l’amortissement des coûts (quasi) fixes qui existent déjà sur moins de chiffre d’affaires et donc…

Il n’y a rien de sorcier à tout cela. Le producteur, le distributeur, le commerçant regardent leurs chiffres et comme le ‘rational economic man’ de l’économie vécue, ils essaient de manœuvrer pour au moins ne pas voir leur profitabilité, c.-à-d. le rendement sur le capital immobilisé, flancher. Ce n’est pas toujours possible.

Prenez l’exemple du marché de l’automobile. L’effet des nouvelles taxes sur les ventes sera probablement négatif. Ajoutez à cela les embouteillages grandissants, comme facteur objectif et n’oubliez surtout pas le ‘rush’ de ventes de juin 2025 et vous conclurez d’une baisse de vente matérielle pour les 12 prochains mois (même si juillet est dans les normes avec 3 459 immatriculations !). 30 % de baisse ? Quel que soit le chiffre, l’importateur de voitures n’a que trois choix crédibles : augmenter ses marges, reconvertir une partie de son activité à faire autre chose (les énergies renouvelables ? la recherche biotech ?, la fabrication de drones ?,…), ou restructurer, ce qui veut souvent dire licencier ou vendre des actifs… L’alternative c’est de ne rien faire et de voir ses états financiers se diriger vers le sud… solution qu’aucun dirigeant d’entreprise qui se respecte n’acceptera, même s’il n’emprunte pas et qu’il nage dans ses économies…

Par ailleurs, un polo vendu Rs 450 CIF paiera 15 % de tarif Trump (AGOA renouvelé permettant), soit Rs 67,50. Ce même polo revendu à Rs 4 500 à Fifth avenue, sera donc alourdi de Rs 67,50, c.-à-d. par… 1,5 %.

Dans cet exemple, on peut rappeler deux vérités économiques de base qui s’appliquent aux secteurs primaires et secondaires principalement. Sauf si le producteur détient un (quasi) monopole sur le produit qu’il destine au marché, la valeur ajoutée n’est pas principalement chez lui, mais ailleurs, dans ce que les économistes appellent doctement ‘la chaîne de valeur’: distributeurs, publicistes, transporteurs, grossistes, centres commerciaux louant leurs emplacements, détaillants, etc., chacun avec des coûts proportionnés à LEUR coût de vie.

Ainsi opèrent les économies. Qu’on le veuille ou non.

Cet exemple textile illustre aussi pourquoi, jusqu’ici, la hausse des prix aux Etats Unis est relativement modeste dans le sillage des tarifications Trump qui lézardent les économies mondiales depuis avril. Résultat net : les exportateurs vers l’Amérique feront moins de volume et devront trouver d’autres marchés à défaut de pouvoir soigner leurs marges, les exportations américaines pourraient baisser, par rétorsion, le consommateur américain va payer la note et le trésor américain va s’enrichir pour pouvoir détaxer… les riches!

Ça ressemble à une recette d’apprenti sorcier qui va coûter très cher à quelqu’un !

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