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Kronik KC Ranzé
Entretemps…
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Kronik KC Ranzé
Entretemps…
Coup sur coup, au moins trois exemples d’une orientation décisive en faveur de plus de transparence dans les affaires d’état. C’est l’illustration même que ce gouvernement a compris que l’ancienne pratique qui consistait à camoufler la vérité et à balayer sous le tapis tout ce qui pouvait être gênant ou embarrassant, ne peut mener qu’à masquer la responsabilité des uns et des autres, à escamoter les problèmes qu’il faut pourtant résoudre et à opter systématiquement pour une politique de mensonge et d’opacité. Puisqu’en effet, l’on sait bien qu’une fois l’omerta pratiquée en faveur de certains, d’autres réclameront le même traitement ! C’est ainsi que débutent les réseaux du ‘je te tiens par la barbichette’ qui accouchent de dérapages et de délitements en pagaille.
On parle ainsi ces derniers jours de la publication du rapport sur le désastre de l’échouage du MV Wakashio, de la réponse parlementaire du PM sur les dépenses de voyage et les per diem de Rama Sithanen (le précédent PM ayant refusé de communiquer les équivalents pour Harvesh Seegoolam) et la publication d’un rapport de la National Human Rights Commission (NHRC) sur les incidents du 17 juillet à la prison de Melrose.
Le rapport de la NHRC dénonce l’usage disproportionné de la force sur les prisonniers et souligne un univers pourri par des trafics de cigarettes, de cellulaires et même de drogue sous forme de feuille de papier imbibé de simik, grâce à des complicités internes avec les gardes chiourmes. Plusieurs recommandations de modernisation du système de surveillance sont faites : scanners corporels, recrutement et rotation accrue du personnel, cellule d’enquête indépendante pour identifier les officiers compromis afin de mettre fin à leur impunité, brouilleurs de signaux pour rendre les cellulaires illicites inopérants (cela peut-il se faire sans pénaliser les cellulaires autorisés du personnel ?).
Le PM, au parlement, évoque sa conviction qu’il faut défendre les droits humains, y compris ceux des prisonniers et dit avoir demandé aux Commissaires de Police et des Prisons de mettre en œuvre les recommandations formulées dans le rapport et d’engager des actions disciplinaires contre ceux qui le mérite. A la bonne heure ! Reconnaissons toutefois que les pensionnaires de Melrose ne sont pas des enfants de choeur et qu’une discipline forte doit évidemment primer en prison, sans que leurs droits de base ne soient enfreints.
Quant à Sithanen , il a effectué plusieurs missions à l’étranger qui auront couté Rs 4,3 millions, dont des per diem de Rs 2,2 millions. Ce n’est pas une petite somme et elle se justifierait sans doute plus facilement si la pratique dans le service public obligeait tout ‘missionnaire à rendre compte non pas de ce qu’il a entendu ou potassé à l’étranger, mais de ce qu’il compte faire appliquer en conséquence, ici, pour améliorer la vie des citoyens ! Le golden handshake de Rs 5,5 millions est apparemment contractuel, même si le calcul n’a pas été explicité, mais il paraît, à première vue, plutôt généreux même pour un homme de l’expérience, de la compétence et de la trempe de Sithanen, y compris pour un poste de l’importance de Gouverneur de la Banque centrale ! Il aurait peut-être intérêt à verser cette somme à des œuvres caritatives qui en auraient surement plus besoin que lui, après son étincelante carrière, y compris dans les affaires et l’offshore ?
On attendra maintenant de voir qui va être épinglé après l’amateurisme coupable des autorités concernées par le désastre du MV Wakashio ; National Coast Guard et responsables hésitants pour initier le renflouement du navire, en tête de liste. On peut cependant être heureux que la valse-hésitation du gouvernement actuel de publier ce rapport, notamment les récentes tentatives de rationalisation de Joanna Bérenger et d’Arvind Boolell, n’aient pas tenu la route trop longtemps.
Seule la vérité libère ! Que la transparence s’installe pour de bon et affranchisse la nation!
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La drogue !
Responsables de tant de misère, de crimes et de dislocations sociales, les ravages de la drogue s’étendent pourtant partout alors même que les responsables du gouvernement, de la police et de la National Agency for Drug Control (NADC) disent tous que c’est une priorité nationale absolue!
Pourquoi patauge-t-on encore à ce point ? S’il est vrai que le combat contre la drogue et ses réseaux est un combat difficile et qu’aucun pays au monde ne semble avoir réussi à contrôler les réseaux de drogue à 100 %, nous paraissons pourtant faire moins bien qu’il n’est possible de le faire. Notre approche fait un peu vieillotte. Une NADC pilotée par un comité ministériel de… 16 membres n’est peut-être pas la recette idéale pour des prises de décision radicales et rapides ? Si la réhabilitation et la réintégration sociale sont souhaitables ; si la réduction de l’offre est absolument nécessaire, comment ne seraitil pas temps de confronter la demande de manière plus musclée, confronté que nous sommes aussi aux chancres de la corruption et de l’incompétence ?
Deux pistes radicales doivent être envisagées au vu du degré de déliquescence déjà atteint sur la question : la dépénalisation du gandia qui devrait faire chuter les prix et offrir une sérieuse concurrence aux drogues chimiques – celles qui produisent des zombies dangereux – et envisager, un peu dans la ligne de la Mental Health Care Act (clause 8(b)), d’isoler les drogués avérés dans des instituts spécialisés, comme pour les fous. Il est vrai que les études sur la réussite des programmes de désintoxication forcés ne sont pas très optimistes, mais ces études évoquent surtout un fort taux de rechute ou un risque élevé d’overdose, une fois le patient relâché en société.
Elles ne parlent presque jamais des risques de maintenir des drogués, sous méthadone ou pas, libres en société ! Quand un intoxiqué attaque et vole sa propre mère pour obtenir de l’argent pour sa dose ; quand un fils toxicomane organise l’attaque de son propre père pour le voler et que cela finit mortellement ; quand des groupes de touristes sont «braqués» par des drogués en quête de ce qui alimente, en fin de compte, le commerce de la dépendance et de la mort ; n’est-il pas temps de se demander s’il ne faut pas restreindre la liberté de quelques-uns pour protéger celles des autres ? On le fait d’ailleurs déjà pour les fous et les criminels !
Il reste alors le nerf de la guerre : contrôler l’accès aux devises nécessaires pour financer ces importations mortifères qui constituent l’offre. Bloquer ces circuits de paiement qui utilisent surtout des billets, mais qui utiliseraient de plus en plus les cryptomonnaies et le dark web, paraît difficile. La FCC devrait en apprendre pas mal à travers ses interpellations ? Ils ont déjà compris que l’unexplained wealth est souvent une piste probante. Là se situe peut-être leur meilleure chance de succès.
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Jusqu’en 1700, nous disait The Economist, il y a quelques mois, l’économie mondiale ne progressait par pas plus que 0,1 % par an. Puis arriva la révolution industrielle et la croissance mondiale quintuplait a 0,5 % en moyenne entre 1700 et 1820. À la fin du 19e siècle, ce taux avait atteint 1,9 %. Au 20e siècle, à l’avènement des hydrocarbures, on en était à 2,8 % en moyenne. Les grands prêtres de la Silicon Valley prédisent maintenant des taux de croissance de 20 à 30 % l’an dans quelques années grâce à l’Artificial General Intelligence (AGI)… Mais est-ce bien réaliste ?
La thèse est que l’AGI va sur-doper la productivité, mais la seule robotisation répétitive ne suffira pas. La croissance explosera quand l’IA génèrera, d’elle-même, des idées et des technologies novatrices. Sam Altman, le patron d’OpenAI pense que ce sera le cas dès 2026 ! Quand l’IA pourra s’améliorer de lui-même, une projection prévoit 20 % de croissance annuelle grâce à l’automatisation de 30 % des activités humaines!
Les conséquences sur l’emploi pourraient être dramatiques, l’automation établissant un plafond salarial qui ne cesserait de baisser à mesure que l’AGI s’améliorera ! Les métiers plus difficiles à robotiser : plombier ? coach de sport ? nounou d’enfants ? restauration ? rapporteront plus. Une autre prédiction est qu’une croissance accélérée va engendrer des taux d’intérêts élevés pour contrer des taux d’épargne qui vont fondre. Les propriétaires de capital domineraient encore plus le monde aux dépens des propriétaires de main-d’œuvre et de «connaissances». Que deviendront alors ces derniers si on ne leur fournissait pas une rente minimum pour consommer ce que l’AGI aidera à produire à meilleur prix ? Si la rente est gouvernementale, qui alors taxer sinon… les riches et les robots eux-mêmes (*) ?
Il y a des freins potentiels à ce que ce scénario promet – la bêtise humaine, les régulateurs, les plafonds énergétiques, l’IA lui-même, qui pourrait cesser de générer des idées à partir d’une base de données qui atteint ses limites…
Ce futur dystopique n’est pas impossible. Je suis content de savoir que je n’en ferais pas partie. Je ne suis pas Luddite, mais l’avenir des générations futures m’inquiète !
(*) Le rapport du sénateur Sanders (**) rendu public ce 6 octobre, indique que 97m d’emplois américains seront robotisés en 10 ans, dont 40 % des nurses, 47 % des chauffeurs, 64 % des comptables/auditeurs, 89 % de ceux travaillant dans les fast foods, 80 % des secrétaires et 54 % des… software developers, entre autres…
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