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Tensions à travers le pays
Encore une nuit de violences : commerces pillés, routes incendiées, habitants mobilisés
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Tensions à travers le pays
Encore une nuit de violences : commerces pillés, routes incendiées, habitants mobilisés
■ Le supermarché London Way à Mahébourg a été pillé, un 4x4 incendié et des caméras Safe City endommagées. (Ci-contre) Un incendie continue de couver sur un terrain en friche à Deux-Bras.
La nuit de mardi a de nouveau été marquée par des scènes de violence dans plusieurs régions. Routes bloquées, pneus incendiés, commerces pillés et champs de canne en feu : les débordements ont pris différentes formes, laissant derrière eux des dégâts matériels et des habitants inquiets. Si plusieurs localités ont été touchées, Bambous, notamment à Résidence La Ferme, ainsi que différentes régions du Sud, figurent parmi les secteurs particulièrement affectés.
À Bambous, des jeunes cagoulés ont incendié des pneus au milieu de la route, ainsi qu’un réservoir en plastique et des débris, entravant la circulation. Une voiture arrivant à vive allure a tenté d’éviter les obstacles avant de terminer sa course contre un mur.
À Cascavelle, la violence a également gagné le centre commercial. Une bande d’individus cagoulés s’en est prise au mall, où des magasins, dont iShop, ont été pillés. Dans d’autres régions, notamment à Notre-Dame, des habitants sont descendus dans la rue pour tenter de maîtriser les manifestants. À Goodlands, des routes ont été bloquées avant l’intervention de la police. Une scène a également retenu l’attention : celle d’un père descendu dans la rue pour réprimander son fils, illustrant la volonté de certains habitants de s’opposer aux débordements.
Le Sud sous tension
Dans le Sud, la peur des casseurs et le refus du désordre se sont fait sentir tout au long de la nuit. Le supermarché London Way, à Mahébourg, a été pillé. Un van et un 4x4 ont également été incendiés. Selon les informations recueillies sur place, les auteurs auraient desserré le frein à main du 4x4 afin de rapprocher les véhicules des bonbonnes de gaz. Celles-ci n’ont heureusement pas explosé.
Alors que des photos sont prises sur place, des habitants interpellent les journalistes : «Pa zanfan dan landrwa sa.» Une manière de se désolidariser des auteurs des violences.
À Rivière-des-Créoles, l’obstruction de la route a été maîtrisée et six jeunes ont été arrêtés. «Lalwa bizin pli sever kont marsan ladrog», lance un habitant, évoquant des personnes auxquelles il prête un rôle dans la distribution d’argent et de drogue pour semer le désordre. Ces allégations restent à vérifier.
À New-Grove, des palettes en bois dérobées à la quincaillerie Géant 2000 ont servi à bloquer et incendier la route principale ainsi que Gros-Billot Branch Road. «Ils ont mis le feu et deux minutes après leur coup, il n’y avait plus personne sur la route», confie une habitante.
À Mare-Tabac et Camp-Diable, des champs de canne ont été incendiés. À Rose-Belle, une quinzaine de jeunes ont tenté de prendre d’assaut le poste de police, et quatre ont été arrêtés. À Bel-Ombre, le poste de police a également été pris pour cible. À Deux-Bras, un terrain en friche brûlait encore mercredi à 15 h 30. À Saint-Hilaire, des badauds étaient toujours rassemblés, sans violences signalées.
Couvre-feu dans plusieurs régions
Face à cette situation, la police a instauré un couvre-feu dans plusieurs secteurs : Port-Louis, Beau-Bassin– Rose-Hill, Quatre-Bornes– Palma, Vacoas-Phoenix, Curepipe–Forest-Side, Mahébourg–Vieux-Grand-Port, Chemin-Grenier–Bel-Ombre, Case-Noyale–Black-River, Bambous, Petite-Rivière, La Gaulette, Flacq-Argy, Goodlands, Grand-Gaube et Triolet.
Selon la cellule de communication de la police, cette liste a été établie à partir du travail de la cellule d’intelligence, sur la base de renseignements recueillis sur le terrain et en tenant compte des précédentes journées de tensions. Les forces de l’ordre sont mobilisées depuis plusieurs jours pour contenir les débordements.
Dans plusieurs localités, des habitants et les autorités ont coordonné leurs actions afin de limiter les violences. Au lendemain de cette nuit agitée, la situation laissait apparaître un double constat : des dégâts matériels importants et une population qui, entre inquiétude et colère, refuse d’être associée aux fauteurs de troubles.
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