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Malgré une affaire de mœurs en 2007
Deux promotions automatiques pour Gautam Singh Taukoor
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Malgré une affaire de mœurs en 2007
Deux promotions automatiques pour Gautam Singh Taukoor
Alors que des policiers ayant réussi leurs examens et figurant parmi les premiers sur les listes d’ancienneté attendent toujours leur avancement, Gautam Singh Taukoor (photo), connu comme Deepak Taukoor, celui qui a tiré sur le van transportant des employés de Winners le vendredi 9 octobre, et dont la balle a blessé Élodie Thomas, a bénéficié de deux promotions automatiques, passant de caporal à sergent. Un parcours qui interpelle eu égard à une ancienne affaire de mœurs dans laquelle il avait été provisoirement inculpé en 2007, mais qui avait été classée sans suite après le départ des vacancières américaines qui avaient porté plainte contre lui. Cette situation soulève aujourd’hui des questions sur les critères appliqués au sein de la force policière.
Deux promotions, mais quelles vérifications ? Au sein de la Mauritius Police Force, l’avancement professionnel est un enjeu sensible, particulièrement pour les policiers qui attendent leur tour après avoir réussi les examens requis. Le cas de Gautam Singh Taukoor mérite, à ce titre, que les autorités apportent des éclaircissements sur les conditions dans lesquelles il a accédé successivement aux grades de caporal puis de sergent par le mécanisme de promotion automatique.
La question se pose d’autant plus que, dans une affaire remontant à mars 2007, le policier, alors affecté à Flic-en-Flac, avait été provisoirement inculpé à la suite de dénonciations formulées par deux touristes américaines. Leur amie, une autre Américaine, avait également signalé un viol présumé impliquant Jessen Naraynen, un tour-opérateur, qui avait passé la soirée avec elles en compagnie du policier.
À l’époque, le sergent Taukoor avait contesté les accusations portées contre lui. La procédure n’avait pas abouti à une condamnation : les accusations avaient été rayées après le départ des plaignantes de Maurice. Cet épisode ne saurait donc être présenté comme une preuve de culpabilité. Il soulève néanmoins une question légitime sur les vérifications administratives effectuées lors de ses promotions, sans préjuger de leur régularité. Il a d’abord été promu caporal, puis sergent.
L’ancienneté suffit-elle à expliquer deux avancements ?
Lors des célébrations du 56ᵉ anniversaire de l’Indépendance et du 32ᵉ anniversaire de la République, le Premier ministre d’alors, Pravind Jugnauth, avait annoncé la promotion de 1 785 policiers. Il avait précisé que cet exercice reposait essentiellement sur le temps de service et l’ancienneté. Parmi les promotions annoncées figuraient 1 500 nominations au grade de sergent, 125 au grade d’inspecteur et 40 au grade de chef inspecteur.
Mais derrière les chiffres, une interrogation demeure : les mêmes critères ont-ils été appliqués à tous ? Et quels mécanismes permettent de garantir l’équité entre ceux qui progressent automatiquement et ceux qui doivent passer des examens, parfois avec de bons résultats, avant d’espérer une promotion ?
Aujourd’hui, le policier Taukoor est également cité dans l’enquête sur le coup de feu qui a grièvement blessé Élodie Thomas à CampLevieux. Les circonstances de cet épisode doivent être établies par la justice.
Entre les deux promotions, l’ancienne procédure judiciaire et cette nouvelle affaire, la question centrale reste celle de la transparence : sur quels critères précis sa carrière a-t-elle progressé et quelles vérifications ont été effectuées ?
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