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Des vœux aux actes
Les vœux formulés à l’aube de 2026 ont une vertu rare : ils ne demandent pas l’impossible. Ils demandent l’essentiel. Moins de violence, plus d’écoute. Moins de slogans, plus de cohérence. Moins d’incantations, davantage de preuves. Reste une question centrale, la seule qui vaille désormais : comment faire pour que ces vœux ne rejoignent pas le cimetière des bonnes intentions ?
La première exigence est politique. Gouverner en 2026 ne consistera pas à multiplier les annonces, mais à tenir une ligne lisible. La réforme des retraites, la discipline budgétaire, les arbitrages sociaux ne seront acceptés que s’ils obéissent à trois règles simples : vérité, équité, exemplarité. Dire la vérité sur les contraintes, appliquer l’effort d’abord à soi-même, et corriger sans arrogance ce qui doit l’être. Sans cela, toute réforme, même nécessaire, deviendra suspecte.
La seconde exigence est institutionnelle. Les vœux parlent de confiance perdue. Elle ne se décrète pas. Elle se reconstruit par des institutions crédibles, capables d’expliquer, de protéger et de sanctionner. Police, justice, services sociaux, autorités de régulation : 2026 devra être l’année où l’État montre qu’il sait faire respecter la loi sans brutalité et la justice sans lenteur. L’État fort n’est pas celui qui intimide, mais celui qui rassure.
La troisième exigence est sociale. Les appels à protéger les femmes, à écouter les jeunes, à lutter contre la drogue ne peuvent rester des formules compassionnelles. Ils appellent des politiques ciblées, évaluables, assumées : protection effective des victimes, suivi psychologique accessible, prévention ancrée dans les écoles, démantèlement réel des réseaux criminels. Le coût de l’inaction est déjà connu. Il se mesure en vies brisées.
La quatrième exigence est économique. Les vœux réclament du travail digne, du pouvoir d’achat, de la visibilité. Cela suppose de cesser de confondre croissance et distribution, investissement et privilèges. Soutenir la productivité, oui. Mais aussi revaloriser le travail, encadrer les abus, mieux intégrer les travailleurs étrangers et accompagner ceux qui décrochent. Une économie qui exclut mine sa propre stabilité.
La cinquième exigence est civique. Beaucoup de vœux disent la même chose : redevenir citoyens avant d’être consommateurs de droits. Cela engage chacun. Parents, enseignants, médias, élus, entreprises. Écouter davantage. Parler moins vite. Résister à la violence verbale, à la tentation du bouc émissaire, à la paresse intellectuelle des réseaux sociaux. La décence n’est pas une option morale : c’est un pilier démocratique.
Enfin, il y a une exigence plus discrète, mais décisive : le courage tranquille. Pas celui des postures, mais celui de la constance. Tenir un cap quand l’opinion fluctue. Corriger quand on se trompe. Expliquer encore quand l’impatience monte. Gouverner, informer, décider sans promettre ce qu’on ne pourra pas tenir.
2026 ne sera pas jugée sur ses intentions. Elle le sera sur sa capacité à transformer des vœux lucides en actes cohérents. À réduire l’écart entre le pays que l’on décrit et celui que les Mauriciens vivent. À prouver que le changement n’est pas un récit, mais une pratique.
Ce que nous devons à 2026 est simple et exigeant : moins de paroles, plus de preuves. Moins de confort politique, davantage de responsabilité collective. Le renouveau ne viendra ni d’un miracle ni d’un homme providentiel. Il viendra d’une discipline partagée : dire vrai, agir juste et tenir.
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