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Albanie
Des milliers d’étudiants défient Edi Rama dans la rue
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Des milliers d’étudiants défient Edi Rama dans la rue
Lors d’une manifestation antigouvernementale à Tirana. © Reuters
Masques chirurgicaux sur le visage et slogans appelant à la démission du Premier ministre albanais, Edi Rama, plusieurs milliers de manifestants, jeunes femmes en tête, se sont rassemblés samedi à Tirana pour dénoncer les mauvaises conditions d’études et la corruption. «On est là pour une seule raison : on ne veut pas construire nos rêves ailleurs», résume Rosela Mira, étudiante en première année de médecine. Étudiants et lycéens ont rejoint la contestation mi-octobre, donnant un nouvel élan à un mouvement en cours depuis plus de 130 jours. Resté pacifique pendant des mois, le mouvement connaît des violences depuis mi-octobre. Samedi, une demi-heure après le début du rassemblement à 14 heures (12 h 00 GMT) devant le ministère de l’Éducation, un petit groupe de manifestants a jeté des pavés sur l’édifice, a constaté une journaliste de l’Agence France-Presse. Les forces de l’ordre ont activé des canons à eau, lancé des gaz lacrymogènes et des balles en caoutchouc.
L’étincelle de la contestation a été un projet touristique lié au gendre de Donald Trump, Jared Kushner, prévu dans une zone naturelle protégée. C’est l’apparition, fin mai, de barbelés sur les plages de Zvernec, à 150 km au sud-ouest de Tirana, qui a tout déclenché. Sans leader identifié, le mouvement réclame l’annulation du projet et la révision des lois sur les aires protégées. Est aussi dénoncé le manque de perspectives : plus de 1,5 million d’habitants ont quitté le pays depuis 1990 et le salaire moyen brut est d’environ 930 euros.
Le Premier ministre, au pouvoir depuis 2013, a lancé samedi matin un appel au calme, tout en condamnant la violence «intolérable». Il a dénoncé *«une guerre hybride» *, une violence «orchestrée par des mains entraînées à cet effet et alimentée de l’extérieur, par des acteurs étrangers». Il a publié une liste d’une quarantaine de personnes qu’il présente comme auteurs de violences.
Quelques centaines de manifestants, à l’appel du parti démocrate, principale formation d’opposition, ont brûlé les coussins rouges disposés sur le parvis du siège du gouvernement. Les étudiants refusent toute récupération politique : «Rama en prison, (Sali) Berisha en prison», ont-ils scandé.
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