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Cour suprême de New Delhi
De l’honneur à Maurice au scandale en Inde pour le «Chief Justice» Gavai
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Cour suprême de New Delhi
De l’honneur à Maurice au scandale en Inde pour le «Chief Justice» Gavai
Le Chief Justice (CJ) de l’Inde, Shri Bhushan Ramkrishna Gavai, a quitté Maurice sous les honneurs après une visite officielle marquée par des échanges fructueux sur la coopération judiciaire. Mais à son retour à New Delhi, un incident inattendu est venu ternir l’atmosphère : un avocat de 71 ans a tenté de lui lancer son soulier en pleine audience à la Cour suprême de l’Inde.
Le jeudi 2 octobre, le Premier ministre, Navin Ramgoolam, a reçu le CJ indien pour une visite de courtoisie à la New Government House, en présence de l’Attorney General, Gavin Glover, et du haut-commissaire de l’Inde à Maurice, Shri Anurag Shrivastava. Cette rencontre a mis en lumière le renforcement des liens historiques et institutionnels entre les deux pays, avec des discussions axées sur la coopération judiciaire et le partage d’expériences en matière de droit et d’administration de la justice. Durant sa visite, Shri Gavai a également pris la parole lors du Sir Maurice Rault Memorial Lecture 2025, soulignant la primauté de «l’État de droit» dans la plus grande démocratie du monde.
Le lundi 6 octobre, lors d’une audience à la Cour suprême de New Delhi, Rakesh Kishore, un avocat de 71 ans, a créé la stupeur. Alors que le CJ Gavai siégeait sur le banc, Rakesh Kishore s’est avancé vers l’estrade, a retiré l’une de ses chaussures et a tenté de la lancer sur les juges. Selon plusieurs témoins, le projectile a effleuré le CJ et un autre magistrat avant de tomber derrière eux. L’incident a brièvement interrompu la séance.
Selon l’avocat, sa colère provenait d’une déclaration de Gavai lors de son discours à Maurice : celui-ci avait affirmé que «l’Inde est guidée par la règle de la loi et non par la règle du bulldozer», en référence à sa propre décision de novembre 2024 condamnant les démolitions arbitraires menées par les autorités locales, estimant qu’elles violaient le droit fondamental au logement garanti par l’article 21 de la Constitution indienne.
Interpellé par la sécurité, Rakesh Kishore a crié : «L’Inde ne tolérera pas l’insulte au Sanatan Dharma !» Il accusait le CJ d’avoir tenu des propos offensants envers la religion hindoue lors d’une précédente affaire.
Le contexte : Un débat religieux
L’avocat s’est dit «profondément blessé» par des propos tenus par le CJ le 16 septembre, lorsqu’il avait rejeté une Public Interest Litigation (PIL) demandant la restauration d’une statue de sept pieds du dieu Vishnu dans un temple du Madhya Pradesh. Le juge Gavai avait alors ironisé : «Allez prier l’idole, demandez-lui de restaurer sa propre tête.» Ces paroles ont été jugées irrespectueuses par certains groupes religieux.
Face à la polémique, le CJ avait précisé qu’il respectait toutes les religions et que sa remarque visait seulement à souligner le caractère non-recevable de la requête, qu’il avait qualifiée de «publicity interest litigation».
Rakesh Kishore a été conduit hors de la salle d’audience par les forces de sécurité. Le Bar Council of India a immédiatement suspendu son permis d’exercer. Gavai a demandé à ce qu’aucune poursuite pénale ne soit engagée et la police l’a libéré le jour même.
Le Premier ministre indien, Narendra Modi, a condamné «un acte répréhensible et indigne» qui a, selon lui, «indigné chaque Indien». Il a exprimé sa solidarité envers Gavai et salué son sang-froid lors de l’incident. Malgré cet épisode, le CJ a affirmé que la dignité des institutions doit primer et a poursuivi ses fonctions sans interrompre les travaux de la cour.
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