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Environnement

COP30 : Taxer les billets d’avion en business class et les jets privés, l’idée fait son chemin

16 novembre 2025, 14:42

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COP30 : Taxer les billets d’avion en business class et les jets privés, l’idée fait son chemin

À la COP30, plusieurs pays soutiennent désormais une taxe sur la business class et les jets privés pour financer l’action climatique. La France participe aux discussions.

Une nouvelle idée pour le climat. À la COP30 qui se tient à Belém, au Brésil, plusieurs pays discutent d’une taxe sur les billets d’avion en business et première classe ainsi que sur les jets privés, pour dégager de l’argent en faveur de la lutte contre le changement climatique.

Ce samedi 15 novembre, plusieurs pays ont rejoint la coalition, dont fait notamment partie la France, qui porte cette idée. Djibouti, le Nigeria et le Soudan du Sud se sont ajoutés au cercle de réflexion. Le Brésil, pays hôte de la COP30, l’a également rejoint en tant qu’observateur, avec les plus modestes Fidji et le Vanuatu.

La coalition avait été lancée fin juin par la France, l’Espagne, le Kenya et la Barbade. L’idée portée est simple : les pays qui n’ont pas encore de taxe pourraient s’engager à en mettre en place sur les classes affaires et première, et sur les jets privés. Ceux qui en ont déjà, comme la France, pourraient viser des niveaux de taxation encore plus élevés.

« On essaie d’embarquer le maximum de pays là-dessus », dit-on à la COP30 de Belem de source française. « On reconnaît tous que sur la question du financement de l’adaptation (au changement climatique), il va y avoir besoin de nouvelles ressources », a-t-on observé.

En France, la taxe de solidarité sur les billets d’avion (TSBA), créée en 2006, sert à financer la transition écologique. Elle a été renforcée en 2023 : les billets intérieurs ou européens coûtent 4,77 € de plus, les vols long-courriers en classe affaires jusqu’à 120 €, et les jets privés entre 207 et 2.097 € par passager.

Jusqu’à 14 fois plus d’émissions par passager

Les chiffres de ce groupe de travail montrent l’impact écologique de l’aviation haut de gamme : les sièges en classe affaires ou première peuvent tripler les émissions de CO₂ par passager par rapport à un billet économique, et les jets privés peuvent émettre jusqu’à 14 fois plus par passager qu’un vol commercial classique.

Pourquoi de tels écarts ? Dans un avion, le carburant consommé est à peu près le même, que le siège soit économique ou premium. Mais les sièges de première ou business occupent beaucoup plus d’espace et réduisent le nombre de passagers transportés pour la même consommation. Les jets privés, eux, transportent très peu de personnes pour un volume élevé de carburant, ce qui multiplie les émissions par passager.

Pour illustrer le potentiel de cette taxation, le groupe cite l’exemple des Maldives, qui appliquent déjà des taxes élevées sur les vols haut de gamme : 120 dollars pour la business, 240 pour la première et 480 pour un jet privé. « Il n’y a pas de raison que d’autres pays ne puissent pas faire pareil », souligne le groupe.

Mais l’idée ne fait pas l’unanimité. En Allemagne, le gouvernement a annoncé qu’il reviendrait sur la hausse de la taxe sur les billets d’avion décidée par le précédent exécutif, pour relancer le transport aérien.

Les compagnies aériennes trouvent également difficilement leur intérêt dans un tel projet. Air France, par exemple, a présenté en mars sa nouvelle cabine « La Première ». Ces suites, destinées aux long-courriers Boeing 777, offrent cinq hublots, un fauteuil et une méridienne se transformant en lit. Une initiative à mille lieues de l’objectif de limiter l’impact climatique de chaque vol.

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