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VIH/SIDA

Comprendre, se protéger, agir

28 novembre 2025, 18:15

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Comprendre, se protéger, agir

Face à la hausse de nouvelles infections et à une crise mondiale de financement, la Journée mondiale de lutte contre le sida, le 1er décembre, rappelle l’urgence d’informer, de sensibiliser, et de soutenir les jeunes et la population en général.

Le VIH/SIDA : Son incidence dans le monde en 2025

Tous les 1er décembre, le monde se mobilise pour la Journée internationale de lutte contre le sida. Cette année, l’ONUSIDA* tire la sonnette d’alarme : la riposte mondiale connaît son pire recul depuis des décennies. En 2025, une crise internationale du financement a provoqué une chute massive de l’aide dédiée à la lutte contre le VIH, soit jusqu’à 40 % de réduction. Résultat : des milliers de services de prévention sont à l’arrêt, surtout dans les pays les plus vulnérables. Les programmes destinés aux jeunes femmes, les services communautaires ou encore l’accès aux médicaments préventifs (PrEP) sont fortement perturbés. Winnie Byanyima, directrice exécutive de l’ONUSIDA, résume la situation. «Derrière chaque statistique, il y a une personne. Nous ne pouvons pas les abandonner.»

L’impact quand la prévention recule

Les services les plus touchés dans le monde sont ceux destinés aux jeunes : dépistage, accompagnement, accès à la PrEP, prévention des violences, soutien psychologique… En 2024 déjà, 570 jeunes femmes de 15 à 24 ans étaient infectées chaque jour dans le monde. La tendance pourrait empirer. La réduction du financement a également entraîné la fermeture de 60 % des organisations communautaires dirigées par des femmes, un accès réduit à la circoncision médicale volontaire dans certains pays et des difficultés majeures pour les populations clés : hommes ayant des rapports sexuels avec des hommes, personnes transgenres, professionnels du sexe ou usagers de drogues injectables.

Qu’en est-il ici ?

Maurice n’échappe pas à cette dynamique mondiale. Les chiffres récents, qui vont de janvier à juin 2025, soulignent que 268 nouveaux cas ont été dépistés. «Selon les estimations, il y aurait plus de 12 000 personnes vivant avec le VIH à Maurice», souligne Jacques Achille, responsable de communication chez Prévention, information et lutte contre le sida (PILS). Ainsi, en 2024, nous avons dépassé la barre des 500 cas, avec 549 cas enregistrés. Les tests positifs de 2025 confirment cette tendance à la hausse. «Cette année, nous allons aussi dépasser les 500 nouvelles infections dépistées. Les années précédentes, nous avions moins de 400 cas. L’épidémie est redevenue très dynamique en ce moment à Maurice», explique Jacques Achille.

Face à cette situation, PILS a redynamisé son unité de prévention depuis l’année dernière. «Nous allons dans les villages voir les associations, et nous nous rendons aussi dans certaines universités et certains collèges. Nous ne le faisons que dans certains établissements scolaires parce qu’au niveau du ministère de l’Éducation, nous ne savons toujours pas si nous pourrons entreprendre des actions de sensibilisation autour de la santé sexuelle dans les établis- sements publics comme nous l’avons demandé.»

Jacques Achille souligne qu’il y a urgence à définir des stratégies de prévention auprès des jeunes. «On doit avoir une réponse cohérente, adaptée à la réalité, mais on se rend compte que malgré l’évolution de la société, il existe encore des décideurs frileux à aborder des questions liées à la santé sexuelle dans les écoles.»

Le VIH concerne qui ?

Contrairement aux idées reçues, le VIH à Maurice ne touche plus seulement des groupes à risque. Il circule dans la popu- lation générale, principalement à travers les personnes hétérosexuelles ayant des rapports non protégés (49,3 %), chez les usagers de drogue qui se partagent du matériel d’injection (41 %), chez les personnes à la fois hétérosexuelles et usagères de drogues (9,7 % ), chez les personnes homosexuelles et bisexuelles (1,5 %), et chez les personnes transgenres (0,4 % ). Deux bébés ont également été infectés à la naissance, malgré les protocoles de prévention. Les plus exposés sont dans la tranche d’âge des 25 à 44 ans, autrement dit les jeunes adultes. Toutefois, les personnes âgées aussi figurent parmi les nouveaux cas. Jacques Achille rappelle que les tests de dépistage se font gratuitement chez PILS.

L’importance du soutien financier dans cette lutte

Commentant le rapport de l’ONUSIDA, Jacques Achille souligne que face au retrait progressif du Global Fund, principal bailleur de fonds de la lutte contre le VIH depuis plusieurs années, «nous avions anticipé cette transition et commencé à chercher d’autres sources internationales. Mais le retrait des États-Unis de l’aide internationale bouleverse tout. De nombreux bailleurs de fonds devront désormais rediriger leur soutien vers des pays jusque-là financés par l’ONUSIDA, ce qui signifie que nous aussi risquons de nous retrouver à court de moyens.»

Faute de financements internationaux, les organisations mauriciennes devront désormais se tourner vers des ressources locales. «Nous sommes déjà engagés dans cette démarche mais les besoins augmentent vite», poursuit Jacques Achille. Avec la hausse du nombre de nouveaux cas, l’urgence est claire : renforcer la prévention, intensifier les actions de terrain et garantir l’accès au traitement pour toutes les personnes vivant avec le VIH. «Si la réponse n’est pas efficace, c’est toute la popu- lation mauricienne qui sera impactée», avertit-il. L’enjeu est donc vital : maintenir et renforcer la lutte pour protéger chacun.

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