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«SHE-EO Leadership Bootcamp»
Cinquante femmes entrepreneures mises à l’honneur
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«SHE-EO Leadership Bootcamp»
Cinquante femmes entrepreneures mises à l’honneur
(Photos : © Sumeet Mudhoo)
Faire reconnaître les réussites des femmes entrepreneures est une première étape. Leur donner les moyens de faire grandir leurs entreprises en est une autre. C’est le message qui a marqué la cérémonie des 50 Under 50 Awards et des Women in Business Trailblazers Awards, organisée le vendredi 23 octobre à l’Holiday Inn Mauritius, à Mon-Trésor.
Accéder aux financements, nouer des partenariats et conquérir de nouveaux marchés : tels sont les défis auxquels font face de nombreuses femmes entrepreneures. À Maurice pour la quatrième édition du SHE-EO Leadership Bootcamp, Female Founders Initiative Global entend favoriser les échanges internationaux et soutenir le développement des entreprises dirigées par des femmes.
(De g. à dr.) Véronique Leu-Govind, Rosheen Ngorima, Arianne Navarre-Marie, Anabelle Savabaddy, Rebeka Marthe et Stéphanie Anquetil.
L’événement, qui s’est tenu en présence de la Première ministre adjointe et ministre de l’Égalité des genres et du bien-être de la famille, Arianne Navarre-Marie, ainsi que de plusieurs personnalités politiques, dont le député Ehsan Juman, la junior minister au Tourisme, Anabelle Savabaddy, la Chief Whip du gouvernement, Stéphanie Anquetil, et la députée Véronique Leu Govind, a mis en lumière les parcours de femmes engagées dans l’entrepreneuriat. Cette quatrième édition du SHE-EO Leadership Bootcamp a marqué la première présence de la plateforme en Afrique et dans l’océan Indien.
Invitée d’honneur, Arianne Navarre-Marie a insisté sur le rôle de l’autonomie financière dans l’émancipation des femmes. «Une femme qui gagne son propre revenu, possède sa propre entreprise et contrôle ses ressources économiques a des choix», a-t-elle déclaré. Elle a rappelé que la dépendance économique peut aussi contribuer à des situations de contrôle au sein du couple, soulignant ainsi l’importance de permettre aux femmes de disposer de leurs propres ressources.
La Première ministre adjointe a également évoqué les difficultés persistantes rencontrées par les entrepreneures, notamment pour accéder aux financements, aux réseaux professionnels et aux marchés internationaux. Pour elle, ces obstacles ne relèvent pas d’un manque de compétences, mais nécessitent une réponse collective. Elle a appelé les investisseurs, les entreprises et les institutions à mieux accompagner les femmes dans le développement de leurs activités.
(De g. à dr.) Ehsan Juman, une lauréate recevant son prix et Anabelle Savabaddy.
Elle a par ailleurs exprimé la volonté de son ministère de poursuivre les discussions avec Female Founders Initiative Global afin d’établir une collaboration durable avec Maurice.
«Nous aider à ouvrir des portes»
Pour Rebeka Marthe, Country Director de Female Founders Initiative Global à Maurice, cette ambition doit se traduire par des possibilités concrètes. Elle connaît elle-même le parcours d’une entrepreneure, ayant participé à l’initiative l’année dernière pour partager son expérience, ses difficultés et sa capacité à rebondir. En octobre 2025, elle s’était rendue à Dubaï pour recevoir un prix. Cette expérience l’a encouragée à contribuer à l’organisation de l’événement à Maurice.
Présidée par Rosheen Ngorima, Female Founders Initiative Global regroupe, selon Rebeka Marthe, plus de 600 femmes issues de 25 pays. L’organisation cherche à créer des liens entre les entrepreneures, à favoriser les partenariats et à leur ouvrir des perspectives sur les marchés internationaux. «Malheureusement, à Maurice, la femme n’est pas toujours valorisée à sa juste valeur», estime-t-elle. Elle souhaite notamment soutenir les femmes qui commencent avec de petites structures, mais qui possèdent le potentiel nécessaire pour développer leurs activités.

Son propre parcours illustre cette volonté de voir plus loin. Après avoir reçu son prix, elle a décidé de créer une entreprise de nettoyage à Dubaï et prévoit de s’y rendre en novembre pour poursuivre les démarches liées à ce projet. Elle lance ainsi un appel au gouvernement, aux syndicats et aux acteurs du secteur des petites et moyennes entreprises afin qu’ils contribuent davantage au développement des entreprises dirigées par des femmes.
«Il ne s’agit pas simplement de mettre le nom de notre entreprise dans un livre, mais de nous aider à ouvrir des portes», a-t-elle insisté. Pour elle, les distinctions doivent aller de pair avec un accompagnement réel, permettant aux entrepreneures d’obtenir des financements, de trouver des partenaires et d’accéder à de nouveaux marchés.

La cérémonie a également récompensé 50 femmes entrepreneures âgées de moins de 50 ans dans le cadre des 50 Under 50 Awards, ainsi que des lauréates des Women in Business Trailblazers Awards. Selon Rebeka Marthe, les récipiendaires viennent notamment d’Afrique du Sud, du Ghana, du Kenya, du Pakistan et de l’Inde. Plus d’une centaine de femmes ont assisté à la soirée, certaines étant venues soutenir les lauréates sans nécessairement recevoir de prix elles-mêmes.
Au-delà des récompenses, l’enjeu reste de transformer les rencontres en collaborations durables. Pour les entrepreneures mauriciennes, l’accès à des réseaux internationaux pourrait représenter une occasion de faire grandir leurs entreprises, à condition que les échanges débouchent sur des possibilités concrètes. C’est là que se joue la portée de cette initiative.
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