Publicité
Tensions à travers le pays
Ces citoyens mobilisés pour protéger leurs villages
Par
Partager cet article
Tensions à travers le pays
Ces citoyens mobilisés pour protéger leurs villages
(Image générée par IA)
Dans plusieurs régions de l’île, notamment à Saint-Pierre, à Fond-du-Sac, à Écroignard ou encore à Montagne-Blanche, des habitants ont organisé des rondes et alerté la police face aux risques de débordements. Une mobilisation citoyenne placée sous le signe de la solidarité, avec un mot d’ordre : préserver la paix sans se substituer aux forces de l’ordre.
Le Premier ministre, Navin Ramgoolam, a décrété un couvre-feu, en vigueur depuis le mardi 13 octobre, après les tensions qui ont suivi la blessure par balle d’Élodie Thomas. La jeune femme de 27 ans a été grièvement blessée par un tir policier, le vendredi 9 octobre, à Camp-Levieux. Chose qui n’a pas empêché la solidarité de s’organiser.
À Saint-Pierre, Harvin Yeeriah, président du conseil de village, a lancé dès lundi, veille du couvre-feu, un groupe WhatsApp baptisé Community Watch Neighbor. Ses 1 024 membres y signalent les mouvements suspects. «Nounn fer sa pou protez bann abitan Saint-Pierre tou kominote», explique-t-il. Le principe : surveiller, signaler et informer, sans intervenir directement. «Nous n’agissons pas. Nous informons la police. Nous sommes sur le terrain jusqu’à 20 heures et respectons le couvrefeu», précise Harvin Yeeriah. En cas d’urgence, les habitants prévenaient la police afin d’obtenir l’autorisation de sortir.
À Écroignard, la mobilisation s’est organisée dès lundi, à l’initiative de Mayoor Soobron, vice-président du conseil de village, et d’autres habitants. Leur groupe WhatsApp a rassemblé plus de 350 personnes. Mercredi, vers 17 h 30, trois à cinq individus cagoulés auraient placé des pierres sur la route. Alertée, une patrouille de la police de Bel-Air les a enlevées. Les habitants disent avoir identifié l’un des jeunes impliqués et pris contact avec ses parents. Vendredi, lorsqu’un incendie s’est déclaré dans un champ de canne, hommes, femmes, jeunes et personnes âgées se sont réunis pour maîtriser les flammes. D’anciens travailleurs des champs ont mis leur expérience à contribution. L’effort collectif s’est poursuivi jusqu’à 1 heure du matin.
«C’est triste pour le pays»
À Montagne-Blanche, Anish Puttoo et Rishi Cowlessur ont constitué une équipe de plus d’une cinquantaine d’habitants après avoir reçu, mardi, des informations faisant état de possibles troubles. Ils ont informé la police de leur disponibilité et sillonné les environs. Vers Melrose, ils affirment avoir aperçu un individu muni d’un sabre, qui aurait fui dans un champ de canne. Ils ont également alerté la CID et les pompiers après un incendie à Petit-Paquet. Une moto y a aussi été interceptée avec l’appui de la SMF. «C’est triste de voir cela en 2026, car j’ai moimême des business. C’est triste pour le pays», déplore Anish Puttoo, soulagé du retour au calme.
À Fond-du-Sac, Arvind Ramlagun, 41 ans, a mobilisé des habitants de Plaine-des-Papayes, de Bois-Mangue et de Bois-Rouge pour protéger les villages et les postes de police. Il met en garde contre des violences qui pénalisent commerçants, familles et élèves en période d’examens. Il salue l’engagement d’Agowun Nazeer Hossen, président de la mosquée de Plaine-des-Papayes, et du constable Arjun Koonjul, qu’il estime avoir contribué au dialogue entre policiers et habitants.
«Si nou pa deboute zordi, Maurice pou pran dife ek nou tou enn sel et nou pou debout kont linzistis», lance Arvind Ramlagun. Ces habitants entendent poursuivre leur engagement collectif. Leur message est commun : la solidarité ne doit pas se transformer en confrontation, mais servir le dialogue et la coopération avec la police, même en période de couvre-feu, car le pays compte avant tout.
Publicité
Publicité
Les plus récents