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Octobre Rose
Cancer du sein : informer, dépister, accompagner
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Cancer du sein : informer, dépister, accompagner
Le Dr Khevin Kumar Bujhawon, «Radiation Oncologist» chez C-Care ; Laura Siem et Shamima Patel.
Le cancer du sein reste le cancer le plus fréquent chez les femmes dans le monde. Selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS), environ 2,4 millions de femmes ont été diagnostiquées en 2024, tandis que 694 000 sont décédées de cette maladie. Pourtant, lorsqu’il est détecté et traité à un stade précoce, les chances de guérison sont élevées. D’où l’importance de ne pas attendre l’apparition de symptômes pour s’intéresser à sa santé mammaire en cet Octobre Rose.
Une masse ou un épaississement du sein, souvent sans douleur, une modification de la taille ou de la forme du sein, des changements de la peau, des rougeurs, un capitonnage ou encore un aspect inhabituel, une modification du mamelon ou de la peau qui l’entoure ainsi qu’un écoulement anormal ou sanguinolent peuvent constituer des signes à surveiller. La majorité des masses mammaires ne sont toutefois pas cancéreuses. Mais toute anomalie doit être examinée par un professionnel de santé, même lorsqu’elle est indolore. «Un diagnostic précoce augmente considérablement les chances de guérison», explique le Dr Khevin Kumar Bujhawon, Radiation Oncologist chez C-Care.
Pour lui, plusieurs facteurs peuvent augmenter le risque : l’âge, les antécédents familiaux ou génétiques, le surpoids, la consommation d’alcool, le tabagisme et certains facteurs hormonaux. Mais, rappelle-t-il, le cancer du sein peut également apparaître en l’absence de facteur de risque particulier. Une masse, une modification de la forme du sein ou du mamelon, un écoulement inhabituel, une rougeur persistante ou encore un aspect peau d’orange doivent ainsi inciter à consulter rapidement. «Un diagnostic précoce augmente considérablement les chances de guérison», souligne le spécialiste. Lorsque la maladie est détectée alors qu’elle est encore localisée, les traitements sont généralement plus efficaces et peuvent être moins lourds.
À Maurice, les chiffres communiqués par Breast Cancer Care Mauritius font état d’environ 700 nouveaux cas de cancer du sein chaque année, dont quelque 566 chez les femmes, et d’environ 220 décès féminins annuels attribués à cette maladie. De son côté, l’organisation non gouvernementale (ONG) PAPIM indique que le nombre de cas répertoriés est passé de 591 en 2023 à 679 en 2024. L’ONG rappelle également que le cancer du sein peut toucher les femmes comme les hommes.
Connaître son corps
La question de l’auto-examen des seins revient régulièrement dans les campagnes de sensibilisation. Selon l’International Agency for Research on Cancer (IARC), la breast self-examination consiste à regarder et à palper régulièrement ses seins afin de connaître ce qui est normal pour soi et de pouvoir identifier plus rapidement un changement.
L’IARC précise cependant que les études scientifiques n’ont pas démontré que l’auto-examen permet de réduire la mortalité liée au cancer du sein. L’OMS ne recommande donc pas les campagnes de dépistage de masse reposant uniquement sur l’auto-examen ou l’examen physique des seins. Elle préconise plutôt de développer la connaissance des seins et le diagnostic précoce, notamment chez les femmes de 40 à 69 ans fréquentant les centres de soins primaires ou les hôpitaux, à travers des examens cliniques appropriés.
Survivantes du cancer
Pour Laura Siem, survivante du cancer du sein, philanthrope et fondatrice de la Siem Together Foundation, cette connaissance peut néanmoins jouer un rôle déterminant. Son propre parcours l’illustre. Après une mammographie, elle a découvert cinq semaines plus tard qu’elle souffrait d’un cancer agressif. Au moment du diagnostic, la maladie était déjà au stade 3 et avait atteint ses ganglions lymphatiques. Son traitement, initialement prévu pour environ huit mois, s’est finalement étendu sur deux ans, avec plus de 20 opérations, à la suite de complications, d’infections et d’une réponse initiale insuffisante à la chimiothérapie. «Si je n’avais pas fait correctement mon auto-examen sous la douche, je ne serais pas assise ici», affirme-t-elle. Pour elle, la sensibilisation ne doit surtout pas se limiter au mois d’octobre. «L’information est vraiment essentielle et elle manque partout dans l’île», estime-t-elle.
Shamima Patel, fondatrice et présidente de Breast Cancer Care Mauritius et elle-même survivante de cancer, fait également de l’accompagnement des patientes son combat. Lors de ses propres soins, elle dit avoir rencontré des femmes à l’hôpital disposant de très peu d’informations sur leur maladie et leur parcours thérapeutique. Cette expérience l’a poussée à créer son association.
Car le cancer du sein ne bouleverse pas uniquement la santé physique. Diagnostic, traitements, difficultés financières, conséquences psychologiques, vie familiale et sociale peuvent se conjuguer. L’association propose ainsi un accompagnement psychologique et des groupes de soutien, et cherche à impliquer les familles. Pour Shamima Patel, il faut surtout combattre la honte et la culpabilité, et permettre aux femmes de parler de ce qu’elles vivent.
Au-delà du dépistage et des traitements, l’accompagnement des patientes apparaît ainsi comme un autre enjeu majeur. Pour Shamima Patel, une femme confrontée au cancer du sein ne devrait pas avoir à traverser seule les différentes étapes de la maladie. L’annonce du diagnostic peut provoquer peur, anxiété et sentiment d’isolement, tandis que les traitements peuvent affecter l’image de soi et les relations familiales. Les proches ont également un rôle à jouer dans ce parcours. D’où l’importance, selon elle, de créer des espaces où les patientes peuvent poser leurs questions, partager leurs expériences et recevoir un soutien adapté. Informer, écouter et accompagner deviennent ainsi des éléments complémentaires aux soins médicaux.
PAPIM appelle également à une meilleure hygiène de vie, notamment à travers l’exercice régulier, une alimentation équilibrée, et la réduction de la consommation d’alcool et de cigarettes. Selon l’association, un cas de cancer du sein sur 20 dans le monde serait attribuable à la consommation d’alcool.
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