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Gestion de l’eau
Business Mauritius veut renforcer la coopération avec les autorités
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Gestion de l’eau
Business Mauritius veut renforcer la coopération avec les autorités
■ Les participants au «Water Stewardship Forum» ont échangé sur les possibilités de renforcer la coopération entre les entreprises et les autorités dans la gestion de l’eau.
Les difficultés d’approvisionnement en eau imposent des contraintes supplémentaires aux entreprises. Réorganisation des opérations, dépenses additionnelles et maintien des conditions sanitaires, les interruptions de distribution peuvent affecter aussi bien la production que les activités de services. Pour Business Mauritius, une meilleure gestion de cette ressource nécessite une coordination entre les entreprises et les pouvoirs publics.
C’est dans cette optique que l’organisation a tenu, mercredi, une nouvelle édition de son Water Stewardship Forum, au Hennessy Park Hotel, à Ébène, avec le soutien de la Chambre d’agriculture. La rencontre s’est déroulée en présence du ministre de l’Énergie et des services publics, Patrick Assirvaden.
À cette occasion, Business Mauritius a présenté son Water-Saving Toolkit, un programme de six semaines destiné à encourager les éco- nomies d’eau au travail et à la maison. Il comprend des supports de communication, des activités en équipe et des idées à partager avec les familles. Les entreprises peuvent adapter ces outils à leur taille et les diffuser à travers leurs canaux habituels.
Pour Philippe Espitalier-Noël, président de la commission du développement durable et inclusif de Business Mauritius, les difficultés d’approvisionnement ont également des répercussions sur la vie familiale des employés. «Une entreprise ne peut prospérer au sein d’une communauté qui manque de l’essentiel. Pour beaucoup de nos collaborateurs, la journée commence par la gestion de l’eau à la maison, entre le remplissage des réservoirs, l’adaptation des horaires et la nécessité de s’assurer que leur famille dispose de ce dont elle a besoin. Ces contraintes, ils ne les laissent pas à la porte lorsqu’ils arrivent au travail.»
La situation des réserves demeure préoccupante. En octobre, le niveau du réservoir de Mare-aux-Vacoas est passé sous la barre des 33 %. Si le déficit pluviométrique persiste, il pourrait atteindre environ 20 % en novembre, a indiqué Patrick Assirvaden.
Le ministre a également évoqué les effets du changement climatique et du phénomène El Niño sur les températures et les régimes de précipitations. Pour renforcer l’approvisionnement, plus de 20 000 mètres cubes d’eau supplémentaires par jour ont été mobilisés grâce à de nouveaux raccordements. Ces volumes sont acheminés vers la station de traitement de La Marie, qui alimente plusieurs régions des Plaines-Wilhems. Quatre nouveaux forages ont également été mis en opération, avec un apport annoncé de 11 200 mètres cubes par jour dans le réseau.
Le ministre a aussi fait état des volumes mobilisés à partir de plusieurs installations. À Trianon, ils atteignent 4 000 mètres cubes par jour et 1 200 mètres cubes à Côte-d’Or. À Valentina, les installations de Sonia Wear et d’Universal Fabrics apportent respectivement 4 800 et 1 200 mètres cubes quotidiennement. Ces ressources contribuent à soulager Beau-Bassin, Saint-Pierre, Moka, Highlands et Phoenix.
Le renforcement de l’approvisionnement doit toutefois s’accompagner d’une réduction des pertes sur le réseau. Entre janvier 2025 et septembre 2026, plus de 99 000 signalements de fuites ont été enregistrés à travers le pays et près de 84 000 interventions ont été recensées. Patrick Assirvaden a également indiqué que le pays disposait de 60 installations Containerised Pressure Filtration (CPF), représentant une capacité annoncée de 136 500 mètres cubes.
Comité privé-public
Au-delà des interventions sur le réseau, Business Mauritius propose la création d’un Joint Committee sur l’eau. Cette instance réunirait régulièrement les parties concernées afin d’examiner les besoins immédiats et les priorités à long terme. L’organisation se dit également disposée à poursuivre les échanges techniques avec le ministère et la Central Water Authority.
Patrick Assirvaden a rappelé la répartition des responsabilités entre les deux secteurs. «Les pouvoirs publics ont la responsabilité de définir les priorités, de coordonner les interventions et de protéger l’intérêt général. Les entreprises disposent, quant à elles, de compétences techniques, de capacités d’innovation et d’investissement qui peuvent contribuer à identifier et à mettre en œuvre des solutions.»
De son côté, Kevin Ramkaloan, Chief Executive Officer de Business Mauritius, a retracé les initiatives engagées par l’organisation depuis 2019 pour accompagner les entreprises dans une gestion plus efficace de l’eau. Il a cité le partenariat avec le programme SUNREF, la création du Water Stewardship Forum en 2023 et l’élaboration des Water Stewardship Guidelines.
Pour Amandine Hardowar de Rosnay, Head of Sustainability and Inclusive Growth Team de Business Mauritius, les économies d’eau nécessitent également des interventions au niveau des infrastructures et des équipements des entreprises. «Cette mobilisation doit s’accompagner d’un travail sur la maintenance, les équipements et les investissements, pour inscrire la gestion de l’eau dans le fonctionnement quotidien et la stratégie de l’entreprise», a-t-elle expliqué.
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