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MMM: l’histoire d’une saga

1 septembre 2019, 05:50

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MMM: l’histoire d’une saga

«Le passé est le phare qui éclaire l’avenir.» Ces mots figurent au début du Chapitre 1 de la «bible» du MMM, «L’Histoire d’un combat», publié en août 1983. Ces mots sont, de nos jours, tout aussi forts et tout aussi pertinents pour les Mauves. En ce mois de septembre 2019, le MMM fête son cinquantième anniversaire. 50 ans après, un nom revient, toujours et encore, quand on parle du parti du coeur : Paul Bérenger. Considéré comme l’âme vitale qui anime le moteur de la machinerie mauve, Paul Bérenger ne laisse personne indifférent. Que ce soit ceux qui l’adulent ou ceux qui le combattent, une chose est sûre : «Paul», comme ils l’appellent, est un vrai patriote. Un Mauricien. Seuls les sectaires et les racistes d’un autre temps diront le contraire. Mais Paul Bérenger porte en lui, aussi, le paradoxe d’être à la fois la force du MMM mais aussi sa principale faiblesse. Et ça, l’histoire de cette saga militante l’a prouvé à maintes reprises.

Aujourd’hui, cinquante ans plus tard, à 74 ans, il a la moustache, blanche maintenant, toujours aussi frétillante, l’oeil toujours aussi espiègle, et le «bezer karakter» tout aussi bouillant. Même après les nombreux cyclones qui lui sont tombés dessus, il n’a jamais baissé la tête. Peu importent les nombreux avatars du MMM créés à la suite de scissions ou de ruptures, et de leurs leaders respectifs, personne n’a réussi à supplanter le «leader maximo» dans le coeur des militants. Ce n’est pas les derniers départs du bateau mauve, il y a quelques jours, qui arriveront à le jeter à terre mais, néanmoins, ces énièmes «trahisons» (dixit les Mauves), contribuent encore une fois à affaiblir le parti que ses jeunes amis étudiants et lui ont créé en 1969.

Du Club des étudiants mauriciens qu’il fut au début, le regroupement de jeunes révolutionnaires se transforma bien vite en une formation politique structurée, le Mouvement militant mauricien. Septembre 1969 est considéré comme la période fondatrice du parti. Entre forums interdits ou manifestations publiques des étudiants militants, le gouvernement d’alors ne savait plus où donner de la tête. Le 12 septembre 1969, le MMM fit son baptême du feu, avec la manifestation anti-Alexandra à St-Jean. Manifester contre l’impérialisme britannique, qui perdurait dans la toute jeune île Maurice indépendante, c’était dire «non» au capitalisme et au conservatisme. Deux jours plus tard, des militants furent bastonnés, placés en état d’arrestation et traduits en justice. Le parti était né.

La victoire de Dev Virahsawmy à l’élection partielle de Pamplemousses–Triolet, le 22 septembre 1970, soit exactement un an après sa création, lança véritablement le MMM sur le champ de bataille parlementaire. Cette victoire annonça aussi la division entre ceux prônant une lutte des classes extra-parlementaires et ceux qui voulaient combattre le pouvoir en place sur le terrain de l’Assemblée nationale. Et tout au long de son demi-siècle d’existence, le MMM fut miné par des conflits et des divergences d’opinions qui ont mené à des scissions et des ruptures. Avec Paul Bérenger toujours comme point focal de l’histoire.

Si on vous demande quel est le dénominateur commun entre le MMMSP, Lalit, le MSM, le RMM, le Muvman Liberater, le Mouvement patriotique, la Plateforme militante, entre autres, vous répondriez quoi ? La réponse est évidemment le MMM. Ces 50 ans marquent aussi l’existence plus ou moins réussie des avatars du parti du coeur.

Commencée en 1973, avec le MMMSP (le MMM Sans Paul, diront les mauvaises langues), l’hémorragie mauve continue en 1982, avec la création de Lalit de Ram Seegobin et Lindsey Collen ; en 1983, avec la naissance du MSM d’Anerood Jugnauth ; en 1994, avec le RMM de Prem Nababsing ; en 2014, avec le Muvman Liberater d’Ivan Collendavelloo ; en 2015, avec le Mouvement Patriotique d’Alan Ganoo ; en 2018, avec la Plateforme militante de Steve Obeegadoo. Sans compter les nombreux départs de militants de premier ou second plans, qui, soit, se sont retirés de la vie politique, soit, sont partis renforcer les structures d’autres partis politiques. De nos jours, l’école militante est bien présente dans l’ossature du MSM et du Parti travailliste, entre autres.

50 ans plus tard, quel avenir pour le MMM de 2019 ? La réponse n’est pas évidente, même si le parti paraît aller aux devants de jours sombres. Alors, «le MMM seul contre tous et plus fort que jamais» est-il un slogan creux et éculé ? À quelques semaines des élections générales, il semble que le MMM ne sera pas en mesure de remporter la majorité parlementaire. Mais, si jamais ni le Parti travailliste ni le MSM n’arrivent à en faire de même, le parti de Paul Bérenger pourrait être le joker d’un prochain gouvernement. Avec une coalition postélectorale. Et le combat continuera.
 

 

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