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Excitation, expulsion et élections
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Excitation, expulsion et élections
EXCITATION. L’effervescence a été générale. Les Jeux des îles de l’océan Indien ont été une réussite, sur le plan purement sportif. Nonobstant la défaite du Club M lors de la finale de foot face aux voisins réunionnais, Maurice a survolé la plupart des épreuves dans lesquelles nos garçons et filles, incluant ceux de Rodrigues, étaient engagés. La razzia de médailles a été totale. Bravo encore à tous nos sportifs, pour le bien fou qu’ils ont fait à tout un peuple, uni et solidaire comme jamais pendant les onze jours consacrés aux Jeux. Une pensée spéciale pour nos handisportifs et handisportives, qui ont brillé de mille feux durant les épreuves. C’est la consécration d’années d’efforts pour beaucoup, d’entraînements répétitifs et usant, d’un travail psychologique aussi, entre autres, pour que, le moment venu, ils puissent sortir LA performance qui convient. Celle qui vaut de l’or.
EXCITATION BIS. Ou comment se cogner la tête de rage contre la montagne d’emmerdes pas possible qui s’est élevée devant ceux et celles, Mauriciens comme supporters des six autres pays participant aux Jeux, qui voulaient suivre le parcours de leurs champions. Ce fut un véritable parcours du combattant pour ceux qui n’avaient pu obtenir des billets d’entrée sur les sites de compétitions. «Sold out». Devinez les réactions à la vue des tribunes clairsemées, vides d’ambiance. Devinez la colère et la frustration. Devinez l’amertume de ceux qui ont pu s’acheter des billets, quelques fois à prix d’or, pour, qu’au final, l’accès à des sites soit gracieusement permis à tout le monde, en plusieurs occasions. Un exercice de rattrapage, quand la balle était déjà partie. Sans compter la honte nationale qu’on s’est tapée, une catastrophe que beaucoup ont surnommée «George sank». Rs 95 millions et une mare… Pas de quoi se marrer. Ne parlons pas de Côte-d’Or, site qui est toujours «under construction».
EXPULSION. Il a été «ordered out» de Dubaï. Non, jusqu’à preuve du contraire, il n’aurait pas «make» des «gestures» envers des Dubaïotes ni traité de gentes personnes habitant ce pays de noms d’oiseaux ou de canidés, mâles ou femelles. On ne sait pas s’il a commis une quelconque infraction aux lois de ce pays ou, même, s’il a tiré la langue là où il ne le fallait pas. A-t-il sollicité des «bal disab», du désert, pour ses «followers» sur Facebook ? Mystère. Toujours est-il que le Mauricien Shameem Korimbocus s’est retrouvé manu militari expulsé du pays où il vivait et travaillait depuis plusieurs années. Sans qu’il ne sache vraiment pourquoi. On aimerait bien, nous, avoir des réponses concernant le pourquoi du comment de cette expulsion. On attend.
EXPULSION BIS. Le «feel-good factor» dans lequel le pays a baigné depuis l’issue heureuse des Jeux des îles s’est très vite dissipé, comme neige au soleil. Un soleil chauffé au fer orange, qui – et c’est devenu une marque de fabrique maintenant – s’arrange à chaque fois pour dilapider tout le capital confiance qu’il a pu engranger juste après un gros événement qui lui est favorable. Sacré soleil, va ! À se demander s’il fait exprès de se tirer une balle dans le pied ou s’il a tout simplement la poisse. L’affaire Shameem fait de l’ombre au soleil. Le peuple s’attendait à ce que l’un des siens, qui se fait jeter hors d’un pays étranger, reçoive tout le support voulu des autorités, au lieu d’un silence radio assourdissant. Qui nous protégera, si ça se reproduit ?
ÉLECTIONS. Pour ceux qui ne le savaient pas encore (il ne doit pas y avoir beaucoup), nous sommes en période de campagne électorale. «Eleksion dan kwin laport.» Le pugilat qui s’annonce, n’en déplaise au MMM, sera un match entre le Parti travailliste et le MSM (avec ou sans ML). Entre Navin Ramgoolam et Pravind Jugnauth. Entre «déviré mam» et «pa réviré mam». Ça va être chaud bouillant. Les autres partis ou groupuscules politiques, même les nouveaux venus dans l’arène, ne seront que de simples spectateurs. Si on n’a pas encore réalisé que la majeure partie de l’électorat est toujours fidèle aux partis traditionnels et que ce n’est pas à quelques semaines d’une élection générale que ces gens-là vont faire confiance à des néophytes, voire à des inconnus, on n’a rien compris à la mentalité mauricienne. L’électorat est opportuniste et il accorde son soutien non-désintéressé à ceux qu’il sent vont être les gagnants.
ÉLECTIONS BIS. Le Premier ministre est, selon les pouvoirs que lui confère la Constitution, le seul à pouvoir décider du calendrier électoral. Il a la prérogative de décider de la date de la dissolution du Parlement et, bien sûr, de fixer celle des élections générales. Pour cela, il peut se fier à son instinct politique, à ses conseillers ou aux astres, par exemple. Qui croit encore que la partielle au n°7 se tiendra le 13 novembre ? On se dirige vers une dissolution anticipée du Parlement, vers fin-septembre / début octobre, avec le «Nomination Day» des candidats vers la fin du même mois. Et les élections début décembre. Une bonne partie de l’électorat sait déjà pour qui elle ne va pas voter. Reste à convaincre les indécis et les attentistes à voter. Tout un programme.
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