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Traître de déo !

22 octobre 2015, 05:07

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Vous n’en revenez pas. Impossible ! Ça ne peut pas vous arriver à vous. Ce matin-là, vous vous êtes aspergée de déodorant. Vous sentiez bon comme un pot-pourri hors de prix. Mais là, il ne reste plus que le côté pourri. Vous êtes l’égérie des parfums à la mode, collection spécial été, Canal no 5, Lolita Jepuela et J’ordure de Dioré. Votre séance shopping, pendant l’heure du déjeuner, a eu raison de ce parfum qui assurait, pourtant, vous protéger du syndrome des aisselles qui puent pendant 48 heures. Ah la vilaine pue-blicité mensongère. Il était tout nouveau, tout beau ce déo. Il vous avait promis la lune. Et au moment de faire ses preuves, il vous lâche, sans préavis. À la moindre sueur. Un peu comme un homme, en somme.

 

Vous sentez le pétale de rose (sans le « ale » et sans la rose) défraîchi. Patrick Süskind se retournerait dans sa tombe pour réécrire Le Parfum en s’inspirant de vous. Maudit soit le pschitt défaillant, l’éjaculateur précoce du sent-bon ! Votre vie olfactive défile sous votre nez. Et vous pensez au nombre de fois que vous vous êtes moquée de la dame du second que tout l’étage surnomme « le troll » (et pas seulement à cause de son physique). Vous n’oubliez pas le beau gosse du bureau qui vous ferait frétiller de bonheur si seulement votre pif ne lançait pas des SOS de narines en détresse. Vous vous retroussez le nez au souvenir de ces posts sur Facebook qui vous ont fait sourire. Ces mots qui fouettent des responsables, autoproclamées, de la brigade des odeurs.

 

Et là, vous vous sentez mal. C’est le cas de le dire ! Pas le temps de philosopher même si l’horreur des transports en commun, Jacques Mur, vous sifflote une nauséabonde idée : revendiquer votre droit à sentir le fané, faire un pied de nez à la société qui lisse tout, qui brise tout, même votre droit à la puanteur. Quelle exaltation ! Mais non ! Vous lancez l’opération sentbon : un petit tour aux toilettes et vous vous savonnez les dessous-de-bras avec énergie en guettant les empêcheuses de sentir bon. En attendant de retrouver un aspect humain, vous vous promettez de ne plus quitter votre déodorant. Et de vous saupoudrer de talc le matin. C’est plus que nez-céssaire!  

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